In Libro Veritas

Recueil: Sous le regard du temps

Par fialyne

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Table des matières
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Après la mort, la vie

 
Glisse un voile sur mes yeux. Perdue je plonge  dans le noir, mon enveloppe nuptiale, si blanche s’ajuste à mon corps.

 Et m’accueille la terre à cœur ouvert, me prend dans ses tripes, me serre  et je m’endors…

 
 
Il fait noir….Il fait froid… Je suis seule là  où tout mue et se remue le fil du  temps.
 
Et je reste là au fond de l’abîme qui s’étend.
 
 J’entends des voix sortant des bribes de chair, des voix qui me semblent  lointaines,  Ce sont des voix étranges,  des voix de l'antan.
 
Je lève une main qui ne se lève plus.


 
Dîtes, je ne respire plus...Je meurs.....  Je n’existe plus! Je ne vis plus!
Non, Je vis, je suis..... Je hurle.


 
Entendez-vous ma voix ?   Mes mots ? Ils dansent au gré du vent, des plaines, des monts et des lacs dormant.


 
 Je ne sais plus où j'erre, à la fois du côté  blanc,  aussi du côté gris, ou un peu gris, un peu blanc … 


 
Rien que je puisse croire ou faire, ma chair se fissure et s’ouvre sur Terre de sienne, Terre meurtrie, Terre en peine, Terre à l’envers, Terre sèche et stérile, Terre douce et fertile.


 
Terre du sommeil....... Alors  je dors.

 Je dors sur le dos, sur la droite, et puis à  gauche

Je dors sur les mots, les grands, les petits, les beaux.. Je dors et c’est pourtant encore tôt.

 
  Il n’y a point  de lumière et  ce chant me berce, m’émerveille.  
 
C’est peut-être la fête.
 Oui, c’est la fête.
C'est une fête des vers qui rongent ma chair et ma tête.
 Un grand jour, à l'instant du festin. L’âme  s’élève  et s’envole. 

 Quel est ce corps, cet amas de poussière ?    Je suis  poussière et le vent  pose les  graines dans mon ventre, j’étreins, j’enlace  et je pousse, je pousse....

Et je  pousserai encore pour que la vie soit....
 
Je suis la vie, jeune et enviée.
 
 Je suis ton fruit, ton pain ou simplement l’herbe sous ton pied…

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