Après la mort, la vie
Glisse un voile sur mes yeux. Perdue je plonge dans le noir, mon enveloppe nuptiale, si blanche s’ajuste à mon corps.
Et m’accueille la terre à cœur ouvert, me prend dans ses tripes, me serre et je m’endors…
Il fait noir….Il fait froid… Je suis seule là où tout mue et se remue le fil du temps.
Et je reste là au fond de l’abîme qui s’étend.
J’entends des voix sortant des bribes de chair, des voix qui me semblent lointaines, Ce sont des voix étranges, des voix de l'antan.
Je lève une main qui ne se lève plus.
Dîtes, je ne respire plus...Je meurs..... Je n’existe plus! Je ne vis plus!
Non, Je vis, je suis..... Je hurle.
Entendez-vous ma voix ? Mes mots ? Ils dansent au gré du vent, des plaines, des monts et des lacs dormant.
Je ne sais plus où j'erre, à la fois du côté blanc, aussi du côté gris, ou un peu gris, un peu blanc …
Rien que je puisse croire ou faire, ma chair se fissure et s’ouvre sur Terre de sienne, Terre meurtrie, Terre en peine, Terre à l’envers, Terre sèche et stérile, Terre douce et fertile.
Terre du sommeil....... Alors je dors.
Je dors sur le dos, sur la droite, et puis à gauche
Je dors sur les mots, les grands, les petits, les beaux.. Je dors et c’est pourtant encore tôt.
Il n’y a point de lumière et ce chant me berce, m’émerveille.
C’est peut-être la fête.
Oui, c’est la fête.
C'est une fête des vers qui rongent ma chair et ma tête.
Un grand jour, à l'instant du festin. L’âme s’élève et s’envole.
Quel est ce corps, cet amas de poussière ? Je suis poussière et le vent pose les graines dans mon ventre, j’étreins, j’enlace et je pousse, je pousse....
Et je pousserai encore pour que la vie soit....
Je suis la vie, jeune et enviée.
Je suis ton fruit, ton pain ou simplement l’herbe sous ton pied…
Chapitre suivant : Le retour des roses