In Libro Veritas

Leur morale et la nôtre

Par Alessa Molotov

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Table des matières
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Tragique nécessité

Les deux soldats de l’armée rouge m’ont attrapée, chacun par un bras, et m’ont jetée à terre, dans la neige. Ils m’ont ensuite traînée jusqu’à leur chef.

C’était la déroute pour mes camarades de Cronstadt et le drapeau noir qui avait flotté sur la ville était maintenant tombé à terre, tandis que le rouge s’était répandu. Sur la neige, d’abord, qui était maculée de sang à divers endroits.

Pendant qu’on se prenait une branlée, l’armée rouge chantait « À l’appel du grand Lénine, se levaient les partisans ». Dans l’absolu, déjà, chanter au milieu du combat c’était un peu bizarre, mais j’aurais dû trouver anormal qu’ils le fassent en français. Cela dit je n’ai rien remarqué et je me suis contentée d’essayer de me mettre à genoux après qu’ils m’aient jetée devant un barbichu à lunettes qui portait un uniforme.

J’ai immédiatement reconnu Lev Davidovitch Bronstein, plus connu sous le nom de Léon Trotsky.

« Tovaritch ! a fait un garde rouge. On a ramenée cette anarchiste pour que vous la punissiez ! »

Ou quelque chose comme ça, je ne sais plus exactement, mais ça faisait effectivement très dialogue de film de boules.

« Da, a répondu Trotsky. Je vais lui enseigner les préceptes de la révolution permanente. ».

Il avait un horrible accent russe, mais il parlait français tout de même. Sur le coup, là non plus, je n’ai pas fait gaffe.

Ensuite, il m’a retournée et m’a mise la tête contre la neige, à quatre pattes et a relevé ma jupe, dévoilant mes fesses : je ne portais pas de culotte.

Ni de bas.

Oui, ça peut paraître bizarre vu qu’il devait faire –20ËšC, mais c’est comme ça.

Il a posé sa main sur mes fesses et a soupiré.

« Da, ces fesses sont très blanches. Il va falloir les convaincre. »

Le Bolchevik s’est alors mis à m’administrer une mémorable fessée, au milieu de tous les « tovaritchs » de l’armée rouge qui me regardaient en riant.

Ils avaient tous des uniformes impeccables et rutilants très sexy, soit dit en passant.

Une fois que Trotsky a jugé qu’il m’avait assez rossé les fesses, il a regardé son œuvre et dit en souriant :

« Voilà, maintenant ce sont de vraies fesses de Rouge. »

Il a ensuite déboutonné son pantalon et a sorti son engin et me l’a enfourné directement.

J’ai serré les dents et écarté mes jambes au maximum tandis qu’il faisait des mouvements d’entrisme/exclusion dignes des meilleurs groupuscules devant plus tard se revendiquer de lui.

Ensuite, il a voulu me caresser aussi le vagin et a mis sa main devant, mais s’est rendu compte que j’avais un pénis.

« Da ! Qu’est–ce que c’est que cette déviance petite–bourgeoise ? »

Il m’a alors retournée sur le dos et a sorti une faucille et un marteau. Puis d’un coup brusque il a coupé mon petit oiseau, ce qui aurait sûrement dû m’arracher un cri de douleur, mais là non.

Ensuite, il a sorti un piolet et a commencé à me l’enfoncer dans mon nouveau vagin et c’est là que je me suis réveillée.

Parce que Trotsky, niveau piolet, il avait quand même plutôt le rôle passif, donc ça commençait à faire beaucoup d’incohérences.

J’ai d’abord entendu les paroles de « la Varsovienne » et j’ai réalisé que ça ne venait pas de soldats de l’armée rouge mais de l’appartement de mon voisin trotskyste. Je me suis levée en titubant, parce que j’avais la tête dans le cul, et je suis allée faire pipi. J’ai alors constaté que j’avais toujours un pénis et je n’ai pas trop su si je devais être déçue ou pas.

Ensuite je suis allée sonner chez mon voisin pour lui dire de baisser un peu le son, parce que c’était l’heure à laquelle les gens dormaient. Il a répliqué que onze heures du matin, ce n’était pas exactement le milieu de la nuit mais a quand même réglé le volume.

« Nan, je lui ai dit, parce que du coup j’ai rêvé que je me faisais violer par Trotsky. »

Il m’a regardée d’un air un peu gêné et a répondu :

« C’est promis, je penserai à rêver que je demande son exclusion de la Quatrième Internationale. »


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