In Libro Veritas

Un taureau dans l'arène

Par christophe colinet

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Table des matières
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IV. En piste

1. Blogopolitique
 
Caractéristique marquante de cette campagne municipale à Tours : elle se joue aussi dans la blogosphère. Grâce notamment à Guillaume Lapaque. La trentaine, blogueur passionné et fondateur d’une agence de presse spécialisée dans la gastronomie et les vins de Loire. Il découvre la blogosphère en 2005 et crée dans la foulée  www.touraineblogs.com , une plate-forme de blogs locaux tourangeaux qui connaît un succès rapide. Ce qui est intéressant, c’est que ce virtuose de la blogosphère va se propulser à la tête d’une improbable liste du MoDem aux municipales de     Tours après la défection des deux leaders historiques et l’échec d’un transfuge, David Martin, ancien adjoint de Jean Germain.
    Mais surtout, dans la blogosphère politique tourangelle, il n’est pas le seul. Il peut compter sur l’animateur fédéral des MJS, Adrien Soisson, auteur de « RDDV, le jeu » qui défraie la chronique des législatives. Il y a aussi un futur colistier de Renaud Donnedieu de Vabres : Christophe Becker. Ce quadra est également auteur d’un blog où il se présente ainsi : « installé à Tours avec ma famille depuis juillet 2003, je prends la « navette » quotidienne pour Paris où je dirige une petite PME d’une douzaine de personnes... » Ajoutez-y Stéphane Fradet, 25 ans, secrétaire départemental du Parti radical (valoisiens) d’Indre-et-Loire, Serge Babary, le conseiller général de Tours, tous deux colistiers de RDDV, et vous obtenez le noyau actif d’une blogosphère qui se met en friction fin septembre 2007, précisément sur le « blog des blogs » de Guillaume Lapaque.

    L’auteur de touraine. blog y poste un message qui va faire parler :
« Pendant l’été, alors que Renaud Donnedieu de Vabres semblait hésiter à se présenter une seconde fois comme tête de liste aux élections municipales de Tours, on raconte que certains voulaient pousser à sa place les candidatures de Pascal Ménage, son ancien suppléant, ou de Serge Babary, conseiller général de Tours, qui fut suppléant de Michèle Beuzelin, contre RDDV, aux législatives de 1997 ». Évidemment, ce « on raconte » est proprement invérifiable et sera immédiatement et légitimement taxé de mauvaise « rumeur » par une droite qui semble aujourd’hui unie derrière la candidature de l’ancien ministre de la Culture. Sauf que... Parfois, au détour d’un blog, on découvre une parcelle de vérité. Ainsi, sur le blog de Stéphane Fradet, responsable des Jeunes Radicaux d’Indre et Loire, chargé de mission au bureau national des Jeunes radicaux (la branche jeune du parti de Jean-Louis Borloo), on découvre la vidéo d’une soirée de Jeunes Radicaux. Et... Surprise ! Alors que RDDV a très officiellement annoncé sa candidature, les jeunes militants accueillent l’ancien député de Tours aux cris de « Pascal, maire de Tours ! ».
    Ni une ni deux, commentaire de Christophe Becker : « C’est effectivement très instructif de voir qu’un bon groupe de jeunes, emmenés par une forte personnalité locale pleine d’avenir, Pascal Ménage, s’engage dans la prochaine campagne derrière la seule équipe crédible pour changer la majorité municipale. C’est également très instructif de constater que l’équipe de reconquête municipale compte des personnes aussi engagées derrière RDDV que Serge Babary ou Pascal Ménage. Pour le reste, il s’agit d’une soirée entre amis, dans la bonne humeur. Que quelques slogans sympathiques pour leur «invité surprise » fusent... Il n’y a rien de surprenant ou de « révélateur ».
C’est « bon enfant » tout comme on pourrait crier lors du prochain apéro-blog : « Lapaque président » ou « Lapaque à la mairie » ! ;-) Pour le reste, il y a ceux qui passent leur temps à ressasser le passé et ceux qui préparent l’avenir. Les notes du maître des lieux ne sont jamais innocentes... en attendant de le retrouver officiellement derrière la candidate (d’ailleurs, sera-ce « la » candidate ??? Il paraît qu’il y a quelques tiraillements internes au MoDem ???) de François Bayrou. En période électorale, on peut difficilement être juge et parti, non ? »
Adrien Soissons, pour les MJS, écrit : « Vingt jeunes réunis pour boire une bière dans les locaux de l’Uni Jeunes pop avec le portrait de De Gaulle en toile de fond t’appelle ça une dynamique ? Y en a même deux qui font leur rock sans se soucier de la venue de Ménage... »
    Guillaume Lapaque : « Désolé Christophe. Je me doutais bien que cet élément qui prouve que l’unité de la droite tourangelle n’est qu’une unité de façade ne te plairait pas. On peut effectivement penser, comme tu l’indiques, que le fait de crier n’importe quel slogan lors d’une soirée étudiante entre copains est parfaitement innocent. Mais publier cette vidéo sur le blog des Jeunes Radicaux d’Indre-et-Loire est nécessairement révélateur d’une réalité. Cela prouve en tout cas que les blogs permettent de connaître des réalités politiques dont la presse locale ne s’est pas encore fait l’écho. »
    Entre en scène un certain Dominique Lemoine, MoDem qui, dans la campagne municipale tourangelle finira colistier de Jean Germain. Il réagit : « M. Becker, comment pouvez-vous prôner sur certains de vos billets, une union de toute la droite allant de l’extrême (Peltier) au centre démocrate et cracher en même temps votre venin sur le mouvement démocrate ! Vous avancez à demi masqué pour promouvoir un candidat à la mairie, vous êtes donc vous aussi juge et partie. Je vous invite à prendre du recul et à être plus modeste dans vos certitudes. »
    Christophe Becker rétorque : « Je pense que la lecture de mon blog vous montrera que je n’avance pas à demi masqué et que mon soutien à RDDV est clair et sans ambiguïté. Je prône une union de tous ceux qui pensent qu’une autre politique est possible à Tours, qu’un autre projet donnera un peu plus d’ambition à notre ville. Je m’intéresse peu aux étiquettes politiques mais j’apprécie quand les positions des uns et des autres sont claires et nettes. Je ne suis pas juge. Je suis seulement « parti ». Pour le reste, j’apprécierai sans doute votre invitation et sachant qui vous êtes... bien que la lecture d’un ancien commentaire de votre part sur le blog de Serge Babary m’en donne une petite idée. Dire qu’il existe des tiraillements au MoDem, est-ce « cracher son venin » ? Toute la presse s’est fait écho des difficultés de cohabitation entre anciens socialistes, anciens écolos, anciens besancenistes (c’est comme ça qu’on les appelle ?) et anciens UDF... La Touraine serait-elle seule épargnée par ces querelles internes ? Je vous le souhaite ! »
    Dominique Lemoine : « Monsieur Becker, pour savoir qui je suis, vous pouvez demander autour de vous : à RDDV, à Serge Babary etc... Vous faites une allusion un peu ironique (en mettant la page en lien) à un mail envoyé à Serge, en pleine campagne électorale alors que j’étais suppléant d’une candidate aux dernières législatives. Serge a pris le parti de soutenir publiquement RDDV et j’ai considéré que son positionnement était logique, je l’ai donc complètement respecté. Ma réponse sur le blog de Serge à laquelle vous faites allusion, faisait suite à une attaque de Serge sur des sujets qui étaient faux, et Serge le sait bien. Je savais, croyez bien que je ne suis pas naïf, que vous mettez votre talent de blogueur au service de RDDV mais ça va mieux en le disant.
Je n’ai donc aucun commentaire à faire sur ce point chacun étant libre de défendre ses idées tant que les propos restent corrects et vrais. Je suis un fervent opposant d’alliance avec des gens de la droite extrême représentés par Peltier à Tours. Pour finir, je suis un ancien porte-parole nationale de CAP 21, ancien secrétaire général adjoint de CAP 21. Je suis toujours responsable de CAP 21 sur la Touraine ».
    Retour de Guillaume Lapaque : « Christophe, je n’avais pas caché mon soutien actif à François Bayrou pendant la campagne présidentielle. Je suis, depuis, devenu l’adhérent n°0042487 du MoDem. Pour autant, je ne crois pas avoir jamais détourné TouraineBlogs pour en faire un lieu de propagande en faveur de François Bayrou ou en faveur de la présidente de l’UDF d’Indre-et-Loire. Fais une recherche sur Bayrou ou MoDem sur ce blog : tu constateras que tu en parles plus souvent que moi ! Je souhaite que TouraineBlogs reste un lieu ouvert, qui suit l’actualité des blogs tourangeaux, militants ou non. J’avoue que j’y mets forcément un peu (beaucoup ?) de moi-même, ce qui me semble inévitable, mais je m’efforce de ne pas le faire de façon partisane. Je confesse également un esprit critique relativement développé, souhaitant qu’il soit excusé par un ton caustique dont j’espère qu’il fait parfois sourire quelques lecteurs. Sans être totalement neutre (est-ce possible ?), je m’efforce en tout cas de rester objectif et intellectuellement honnête. Mais tu as raison de rester vigilant : si je dérape, n’hésite pas à me le faire savoir. »
2. Le cœur à Paris et la tête à Bruxelles
 
Pendant ce temps-là, Guillaume Peltier, dans le cadre des accords pour les élections municipales et cantonales, rencontre en qualité de numéro deux du MPF des cadres de l’UMP (Alain Marleix, Ange Sitbon, Jérôme Peyrat et Brice Hortefeux...).
    La droite locale se tâte : faut-il intégrer le jeune Peltier. RDDV n’y est pas favorable. Début octobre, il lance sa campagne, sans évoquer la question de l’union qu’appelle de ses vœux Guillaume Peltier, qui va dans le même temps recevoir l’investiture de la majorité départementale du conseil général d’Indre-et-Loire, avec la bénédiction du « président » Marc Pommereau, pour les cantonales sur le Val du Cher. Le 19 novembre il se présente aux municipales sur Tours. Et lance son offensive, toute en plans com’ et petites phrases. Dont une, cinglante, qui va faire mal.

    Le 12 décembre 2007, RDDV est officiellement nommé ambassadeur, chargé de la dimension culturelle de la présidence française de l’Union européenne. Mais les jours précédents cette nomination, l’information a filtré et une rumeur enfle.
    C’est ainsi que fin novembre, on dit de lui qu’il aurait accepté une mission internationale confiée par Nicolas Sarkozy en personne pour « préparer une sortie » en cas de scrutin défavorable aux municipales… Tout est parti d’une phrase de Guillaume Peltier. RDDV, l’ancien ministre de la Culture, leader de l’opposition, aurait, selon son challenger, « le cœur à Paris et la tête à Bruxelles ». Une petite phrase qui résonne sur la scène politique tourangelle depuis que nos confrères du Figaro (16 novembre) ont écrit de Renaud Donnedieu de Vabres qu’il accepterait d’être ambassadeur culturel de la France, dans le cadre de la future présidence française au sein de l’Union européenne, une information qu’il avait donnée quelques jours plus tôt à la télé locale, TV Tours.
    Une mission qui commencerait fin juin 2008, c’est-à-dire après les municipales. Depuis, la rumeur galope : en cas d’échec, RDDV trouverait là une sortie par le haut, un avenir international pour oublier une succession de défaites locales.
    D’où la prudence de l’intéressé, qui nous précisait alors que « s’il est exact que le Président de la république m’a parlé d’une mission d’ordre culturel, dans le cadre de la future présidence française, tout n’est encore qu’en pointillés. Je ne sais pas encore en quoi cette mission consistera, sinon qu’elle aura trait à la culture, et qu’elle dépasserait le seul problème du numérique et les solutions préconisées par Denis Olivennes » (NDLR : le patron de la Fnac, chargé par Nicolas Sarkozy d’une mission sur la lutte contre le téléchargement illicite et pour le développement de l’offre culturelle légale sur Internet).
    Mais une fois le coup parti, le mal est fait et RDDV doit se battre pour réaffirmer son ancrage local, lutter encore contre cette vieille image de Parisien parachuté qui refait surface. Sur son blog, RDDV écrit : « Les échos de presse évoquant une mission à durée déterminée que me confierait le Président de la République sur le volet culturel de la présidence française de l’Union européenne font fantasmer certains, qui me verraient bien quitter le combat, pour prendre la place… D’autres, authentiquement amicaux, craignent que je ne sois pas assez disponible. Alors, disons-le tout net : Tours c’est ma ville, ma priorité, mon engagement. Je souhaite apporter à la majorité présidentielle cette belle victoire, cette rupture et ce renouveau. Il n’a jamais été question que j’aille à Bruxelles… »
    Reste que cette rumeur ne trouverait pas un tel écho si elle n’était pas entretenue… par une autre lui donnant du crédit et selon laquelle RDDV n’aurait même pas le soutien des centristes aux municipales, dont le cœur pencherait plutôt à gauche. D’où ces conversations de comptoir qui dépeignent un RDDV seul, lâché par les centristes de Colette Girard et la droite plus franche de Guillaume Peltier, se préparant à un recyclage international… Terrible cabale, comme souvent en politique : si on voulait annoncer RDDV perdant d’avance, on ne s’y prendrait pas autrement.
 
3. Fausses notes ?

22 décembre 2007. La Nouvelle République doit se sortir d’une véritable pétaudière médiatique. L’édition locale a décidé de noter Jean Germain. Comment ? En comparant ses promesses de candidat aux municipales de 2001 avec les réalisations du mandat.
    RDDV, ça l’intéresse. À sa rentrée politique en octobre 2007, il avait jugé « médiocre » le bilan de Jean Germain et promettait de « faire le compte des promesses de campagne qu’il n’a pas tenues. »
    Mais comme le maire socialiste de Tours n’est pas du genre à promettre monts et merveilles, bien évidemment, presque tout ce qu’il avait annoncé, il l’a sinon tenu, du moins engagé, comme le tramway, même si c’était à quelques mois de la campagne. Résultat, au fil de décembre se sont égrenées des notes en forme de cadeau de Noël sur la culture, les transports publics, le logement...
    La réaction ne tarde pas à tomber, violemment. Le 13 décembre, sur son blog, RDDV pose la question qui va fâcher le quotidien régional : « pour qui roule la NR ». Il propose de soumettre la question aux Tourangeaux. « Le résultat serait instructif et permettrait de noter, comme c’est la mode en ce moment, les tenants du pouvoir médiatique dans notre ville (...) Le peuple est seul souverain. Il est adulte et n’est pas dupe lorsqu’il voit se mettre en place un vrai rouleau compresseur (...) Le métier de journaliste est l’un des plus beaux métiers qui soit. C’est une exigence, une passion, une délicate responsabilité pour faire vivre le débat démocratique et susciter de fécondes controverses. La fièvre électorale provoque parfois de faux procès. Je ne tomberai pas dans ce piège. À chacun d’avoir le recul nécessaire et l’autocritique salutaire. Y compris moi ! Que personne ne se méprenne : je respecte comme une valeur sacrée la liberté de la presse, conscient que le pluralisme est un défi quotidien tant les contraintes économiques, sociales et financières sont lourdes. Alors bienvenue à chaque journaliste au cours de cette campagne électorale et vive leur indépendance... »
    La rédaction est taxée de pro-Germain et le dernier volet de la série risque fort d’aggraver les choses : la dernière note sur la fiscalité aurait du être un vingt sur vingt ! Pourquoi, parce que Jean Germain arrivé en 1995 dans une ville en banqueroute a réussi à désengorger les finances locales tout en n’augmentant pas les impôts.
    Vingt sur vingt, c’est impensable. Il faut donc passer au niveau deux de la notation pour obtenir un compromis plus proche de la moyenne et un signe fort de la neutralité du quotidien régional. Voilà le résultat...
    Jean Germain avait promis de ne pas augmenter les impôts. Il a tenu. Il appelait de ses vœux la croissance. Ils ont été exaucés. Mais à quel prix ? Tours est devenue une ville chère et saturée. Les Tourangeaux ont confié en 2001 à Jean Germain le soin de gérer au mieux leur ville tout en ménageant leurs intérêts : préserver un cadre de vie agréable, mais ne pas augmenter la pression fiscale.
    Un cap pas facile à tenir, pour faire davantage sans augmenter les impôts, il n’existe qu’une seule solution : assurer une croissance démographique et économique suffisante pour que, avec les mêmes taux, la quantité de richesse taxée (ce qu’on appelle les bases) soit supérieure et, au final, que le produit de l’impôt augmente.
    L’encours de la dette de Tours était de 278 millions d’euros en 2001. Il est redescendu à 243 millions d’euros en 2007. Son poids pour les Tourangeaux a donc baissé, même si l’opposition ne cesse de dénoncer un étalement de la dette, la faisant peser sur les générations à venir. Mais l’étalement d’une dette n’est-il pas devenu un moyen de gestion comme un autre ?
    La croissance démographique est indiscutable : depuis le recensement de 1999, la ville a accueilli près de 4 000 nouveaux Tourangeaux. Il en va de même du développement économique, grâce au levier de Tour(s)plus : l’agglomération compte 120 000 emplois, le taux de chômage y est inférieur à la moyenne nationale et il se construit du mètre carré d’entreprise à tour de bras (30 000 mètres carrés de bureaux vendus en 2004, année record).
Jusque-là, c’est un sans-faute. Jean Germain n’a pas augmenté la pression fiscale et il a assuré le développement de Tours au cœur de l’agglomération tourangelle.
    Est-ce que ce modèle de développement profite aux Tourangeaux ? Pas nécessairement car il implique une augmentation de l’offre de logements. Sociaux et privés. Et, là, premier bémol : l’expansion de la ville de Tours a encouragé une surenchère immobilière énorme. Tant mieux pour les Tourangeaux qui disposaient de biens immobiliers avant cet essor mais, pour les nouveaux arrivants, c’est autre chose.
    En 2005, année record, le studio de 20 m² à Tours-Centre était monté à 4 000 € le mètre carré. Le début des années 2000 a atteint des sommets avec une augmentation des prix de 12 à 14 % par an, rendant impossible l’acquisition d’un premier bien immobilier pour un ménage aux revenus corrects. Des ménages qui se rabattent… sur les logements sociaux - la ville en compte 34 % et il s’en construit toujours - ou la deuxième couronne, quitte à faire exploser la ligne « déplacements » du budget familial.
    Autre bémol : la circulation automobile. Davantage d’habitants, c’est davantage d’automobiles. Tours n’est pas Paris, bien sûr, mais la circulation et le stationnement sont devenus source d’irritation quotidienne des habitants. Des automobiles qui génèrent aussi davantage de pollution, même si l’air à Tours est encore respirable. D’où la nécessité de désengorger la ville et ses accès : boucler le périphérique, doubler l’A10 et construire un tram. Mais, les trois, ça fait un peu lourd pour les finances locales.
    Un immobilier cher, des problèmes de circulation, autant de mauvais points en développement qui viennent un peu plomber le sans-faute de la fiscalité et de la croissance.
 
4. Joyeux Noël
 
24 décembre 2007, la NR ouvre le micro à RDDV, suite à la longue série de notes. Comme un cadeau de Noël, pour rattraper le coup. Sur les grands projets, RDDV conteste : « Qu’il s’agisse du tramway, du pont habité, de créer une zone économique autour de la gare ou de relier la gare à d’autres quartiers de Tours par un pont… Aucun de ces grands projets n’a été réalisé. »
    Sur la fiscalité locale il estime que « la dette reste préoccupante non seulement parce qu’elle reste une des plus fortes de France avec 1 800 € par habitant, mais parce qu’aucun investissement lourd n’a été effectué pendant ce mandat. Par ailleurs, Jean Germain a reporté le remboursement du capital in fine en 2023, de l’emprunt de 80 M€, avec un surcoût de 48 M€ ! »

    Sur le tramway, il constate « que le réseau bus est performant. Mais s’il y a une priorité aujourd’hui à développer le tramway, il faut le faire dans l’axe est-ouest afin de desservir Trousseau, Bretonneau, la gare de Saint-Pierre, le Grand Hall, Ikea… Avec une volonté d’intensifier les liaisons ferroviaires avec Joué-lès-Tours, Montlouis, Fondettes. Si je suis élu, je reprendrais tout le projet à la base, je consulterais la population et je n’engagerais le budget de la commune qu’à condition d’en ressentir l’absolue nécessité. Qui va payer les 600 millions que coûtera le tramway version Germain ? ».
    Quant à Jean Germain, RDDV confie : « D’accord, Tours est une belle ville où il fait bon vivre. Les apparences sont sauves, mais la réalité risque d’être difficile demain si on ne bouge pas, et collectivement.
Je récuse la qualité de bon gestionnaire à Jean Germain. Il est malin, mais comme disait mon père, il a de l’aisance dans le vide. Il a une gestion lointaine de sa ville. »
    Une gestion « lointaine de sa ville », là, RDDV se trompe, mais il l’ignore encore. Jean Germain est en train de mener avec ses poulains une campagne de terrain plus soutenue encore qu’en 2001. Mais dans la plus grande discrétion. Et puis l’actualité va continuer de le servir.
 
5. Pas d’étrennes

    7 janvier 2008. Un Vert passe à l’Orange. Des trois couleurs primaires (bleu, rouge et jaune), quel est le point commun entre le vert et l’orange ? Le jaune, couleur de David Martin, l’adjoint au maire de Tours (chargé des nouvelles technologies, de l’économie solidaire…) qui annonce officiellement être la tête de liste du MoDem aux municipales de Tours.
    David Martin, 37 ans, qui quitte ainsi sa première famille politique, les Verts, pour se draper de l’orange de François Bayrou. Cela dit, dans la famille d’origine, rares sont ceux qui pleurent son départ : pour certains, c’est un peu comme une épine qu’on vous retire du pied, tant les positions personnelles de l’adjoint tourangeau s’écartaient de celles des Verts et notamment François Lafourcade, qui va reprendre le flambeau écolo. Exemple - entre autres divergences - avec l’implantation d’Ikea à Rochepinard. Alors que les Verts s’y opposaient, lui s’en satisfaisait.
    Le divorce est donc prononcé, et David Martin de nouveau en piste pour ferrailler aux municipales, comme en 2001, quand il était tête de liste des Verts. Au premier tour de la course à la mairie, sa liste avait obtenu quelque 7,20 % des voix. Est-ce qu’il pourra faire mieux avec l’étiquette MoDem, qui affichait un 9,62 % aux législatives, soit un peu plus de 3 000 voix ?
    Difficile à dire, car pour l’heure, beaucoup de questions se posent : on attend de voir si des centristes comme Alain Devineau, l’ancien adjoint de Jean Royer, veulent cesser de soutenir l’action de Jean Germain. Quant à Colette Girard, on la dit mal à l’aise pour naviguer dans le même bateau que David Martin.
    Voilà de quoi brouiller encore un peu plus les cartes pour ces municipales tourangelles où les électeurs devront choisir entre, d’une part, la liste conduite par le maire sortant, Jean Germain, alliant PS, PCF, ainsi que probablement des Verts, des PRG et des centristes hors MoDem… et, d’autre part, celles de l’UMP menée par RDDV, du MoDem estampillé David Martin mais encore, à droite, la liste de Guillaume Peltier, sans oublier la LCR…
    12 janvier 2008. On ne badine pas avec le code électoral ! La loi fixe des règles pour être candidat aux élections municipales et faute de les respecter, il est impossible d’entrer dans la course. La tête de liste du MoDem, David Martin lui-même, serait inéligible. Il ne serait ni inscrit sur les listes électorales, ni contribuable à Tours.
    Pour pouvoir être candidat, il faut être inscrit sur la liste électorale ou au rôle des contributions directes de la commune (ou encore justifier de devoir y être inscrit au 1er janvier de l’année de l’élection).
    Le problème, c’est que David Martin a deux résidences, une à Tours, l’autre à Montlouis. Montlouis, où d’ailleurs on l’a annoncé, un temps, candidat. Et s’il a payé l’impôt à Tours, il ne le paie plus. Faute de pouvoir fournir le certificat du percepteur ou la copie des avis d’imposition des cinq dernières années à une des quatre taxes locales, il a donc fait l’objet d’un refus de la commission de révision des listes électorales. Il n’est d’ailleurs pas le seul : on parle d’autres candidats du MoDem et d’un candidat de l’UMP (liste de RDDV).
    Cela dit, rien n’est perdu pour David Martin : « J’ai un bail à mon nom sur Tours et je peux justifier d’une des conditions, à savoir être inscrit au rôle des contributions pour payer la taxe d’habitation à Tours au 1er janvier de l’année de l’élection… »
    Il ne lui reste plus, comme pour les autres candidats échaudés, qu’à faire appel du verdict de la commission de révision des listes électorales devant le TGI, une fois que les décisions auront été notifiées aux intéressés eux-mêmes.
    Le 14 janvier, Colette Girard écrit sur son blog : « Invité de TV Tours, France Bleu Touraine et La Nouvelle République pour annoncer sa candidature et son programme, Jean Germain a également annoncé notre participation à son projet municipal pour l’échéance électorale de mars prochain. Avec Alain Devineau et quelques autres militants MoDem de Tours, je serai ainsi en mesure de mettre en action les valeurs de notre mouvement à une place de choix dans la vie politique de notre département. Nous avons toujours estimé que Jean Germain a su gérer notre ville avec compétence et que les projets que nous portons sont en synergie avec les grands axes qu’il propose de poursuivre pour la prochaine mandature : le développement de l’économie et de l’emploi, la qualité de vie, le rayonnement de la ville et le développement durable. Jean Germain a, de son côté, reconnu le sérieux de certains d’entre nous et souhaité que nous travaillions avec lui dans un souci d’excellence et d’ouverture... »
    Le MoDem aura beau suspendre ces dissidents et lancer tant bien que mal une liste sans tête aux municipales, Colette Girard et Alain Devineau rallieront à la cause Germain une bonne partie de l’électorat centriste, sans commentaires de la droite au conseil régional du Centre où siège Colette Girard.
    15 janvier 2008. David Martin jette l’éponge « Colette Girard, loin de soutenir mon arrivée, a organisé une résistance active contre moi ».
    30 janvier 2008. Qui est capable de faire monter dans le même bateau le PS, le PCF, le PRG, le MoDem et un ancien colistier de son principal opposant ? Jean Germain, qui a dévoilé, hier midi, sa liste pour les municipales. Deux exemples : on retiendra la présence, sur la liste Germain, du MoDem Alain Devineau, ancien adjoint de Jean Royer, et celle de Jacques Petitjean, colistier de Renaud Donnedieu de Vabres en 2001 ! Le tout dans une liste renouvelée à plus de 50 % (29 nouveaux sur 55 candidats), à majorité socialiste (27 encartés), sans oublier six communistes, trois PRG (Radicaux de gauche) et, comme annoncé, six MoDem.
    Des MoDem ralliés à Germain dans un véritable bazar au sein du mouvement de François Bayrou, comme le reconnaît, une fois de plus, la figure emblématique de cette dissidence, Colette Girard : « Le choix de David Martin pour conduire une liste était une erreur que je ne pouvais pas cautionner. Rejoindre Jean Germain, sur un bilan solide et un projet fort, c’est rester fidèle à mes valeurs, à ma sensibilité, c’est rester aussi fidèle à nos électeurs, car ce ralliement est la meilleure façon de défendre leur intérêt et nos projets, qui sont, sur de nombreux points, en harmonie avec ceux de Jean Germain. » Un projet sur lequel convergent aussi les communistes, explique l’un d’eux, Pierre Texier, pas particulièrement gêné de mener bataille aux côtés des six MoDem, tant qu’il s’agit de « défendre nos positions ».
    Le MoDem à Tours n’est pas mort ! On l’imaginait balkanisé par le ralliement de Colette Girard à Jean Germain. On le croyait atomisé avec la prise de tête - de liste ! - de David Martin, le Vert orangé quittant l’équipe Germain. D’ailleurs, un adjoint de Jean Germain qui filait au MoDem tandis qu’une MoDem filait sur la liste de Jean Germain, ça donnait l’impression d’un match nul. Mais, même privée de capitaine, l’équipe MoDem de Tours veut encore disputer la partie. Une quarantaine de joueurs en tout (sur 179 inscrits au MoDem, dont six dissidents suspendus) ce n’est pas encore assez, mais c’est pas mal.
    C’est en tout cas ce qu’explique Marc Fesneau, délégué national du Mouvement démocrate et administrateur provisoire de la fédération d’Indre-et-Loire : « Une consultation démocratique et individuelle a été organisée par des adhérents de Tours pour connaître le sentiment réel des adhérents sur la stratégie dans cette ville. Plus de 52 % des adhérents à jour de cotisation ont répondu à cette enquête et 80 % d’entre eux estiment qu’il serait nécessaire de présenter une liste autonome. »
    Mais ça ne va pas être simple, car « depuis la suspension de la présidente et du délégué de cette fédération, la fédération de Touraine est placée sous l’administration provisoire de l’équipe nationale de ce mouvement », comme le précise Marc Fesneau. Ce qui implique notamment que le MoDem national ne pourra pas aider matériellement la liste tourangelle. Chacun devra investir et s’investir, en liquidant RTT et petites économies. Autre difficulté, le MoDem à Tours est décapité : il n’y a plus de personnalité « célèbre » pour conduire la bataille, plus de « pro » de la politique. Qu’à cela ne tienne, s’il n’y a pas une tête, il y en aura plusieurs, qui devraient être présentées d’ici la fin de semaine, avec un programme sur lequel cette équipe de « refondateurs » du MoDem à Tours finit de plancher.
    Au final, Guillaume Lapaque, journaliste blogueur, fera office de tête.
 
6. Va falloir trouver autre chose

    Le 15 janvier 2008, l’Insee lâche une bombe dans le paysage politique tourangeau : Tours serait passé de 132 677 habitants en 1999 - 137 046 en y ajoutant les 4 369 double compte (Jeunes inscrits à la fois dans leur ville d’étude et celle de leurs parents) - à 136 400 l’année dernière (environ 140 700 en tablant sur 4 300 double compte).
    Des chiffres qui tombent au beau milieu du débat des municipales à Tours. À ceux de ses opposants qui, comme Renaud Donnedieu de Vabres, proposent la « relocalisation des activités, la recherche des métiers qualifiés pour éviter que les jeunes ou les hommes et les femmes dans la force de l’âge ne soient contraints d’aller travailler à Paris », Jean Germain va pouvoir répondre : « Non mais, vous n’avez pas vu les chiffres de l’Insee ? ». Aux autres, comme Guillaume Peltier, qui demandent aux électeurs s’ils préfèrent « une ville ambitieuse et dynamique, qui s’ouvre au monde, ou une ville qui se satisfait d’être dans la moyenne des moyennes ? », le maire de Tours rétorquera : « Merci, mais la moyenne, on est les seuls de la classe en région Centre à la dépasser… »
    Et ils entendront probablement comme un petit déclic, vous savez, ce petit bruit du piège qui se referme une fois qu’on a mis le pied dessus. Est-il judicieux d’attaquer Jean Germain sur les capacités de son équipe à avoir assuré la croissance de la ville et de l’agglo ? Pas certain au regard de ces chiffres de l’Insee. Et avec un effet de surprise en plus, s’il vous plaît ! C’est une chose de dire que Tours était en progression démographique, c’en est une autre de voir que c’est la plus forte croissance de la région Centre. À ce train-là, Tours repassera dans quelques années la barre des 140 000 habitants, comme à la belle époque, du temps de… Jean Royer !
 
    Difficile, maintenant, de dire que Tours est une « belle endormie », que la gestion de Jean Germain est un peu trop «  pépère ». Va falloir trouver autre chose.
 
7. La campagne sur le Net

    Renaud Donnedieu de Vabres n’a découvert vraiment Internet qu’en 2002. Six ans plus tard, il a compris. Son site de campagne pour les municipales est exemplaire. Il lui vaudra quelques dizaines de secondes dans le journal de 20 heures sur TF1, le 27 janvier 2008. Oui, le journal de Claire Chazal, une proche de Renaud, ce qui a pour effet, rumeur aidant, de ruiner la crédibilité de l’information.
    25 janvier 2008. Le site web Tours2008.fr, outil multimédia de Renaud Donnedieu de Vabres pour les municipales, est inauguré. C’est une réussite. Très esthétique, il présente de superbes vues de Tours avec des images à 360 degrés, ainsi que beaucoup de vidéos. RDDV y présente ainsi son programme en répondant à une interview. Chacun des soutiens du candidat UMP à la mairie de Tours y explique les raisons de son engagement. Avec plus ou moins de talent bien sûr, et entre Roger Mahoudeau et Philippe Briand, on n’osera pas écrire qui cause le mieux dans le poste. Bref, avec un site pareil, le succès est garanti, sinon auprès des électeurs, du moins chez les internautes.
    Mais tout est compliqué sur Internet et à peine RDDV avait-il mis en ligne son site qu’il était déjà parasité ! Car si vous tapez « Tours2008 » sur un moteur de recherche, plusieurs réponses seront retournées qui n’ont rien à voir avec le candidat de l’UMP. C’est le cas par exemple avec tours2008.over-blog.com, créé le 18 janvier 2008 par Julien P... et qui fait l’éloge de… Guillaume Peltier !
    Toujours en cherchant « Tours2008 », vous trouverez également sur un clip-vidéo dailymotion fort bien fait. Sur fond de musique rap, on y voit des étudiants vivre et manifester dans les rues de la ville. Mais là encore, point de RDDV, non, le clip est signé… MJS !
    Un peu plus loin, un autre lien vers un Tours2008 (tours2008.wordpress.com). Encore un blog fraîchement ouvert par Guylain, Léo et Arnaud, deux étudiants et un travailleur dans l’action sociale pour « délivrer les infos qu’on entend à droite, à gauche et qui méritent d’être connues ! ». Beau travail d’impartialité d’ailleurs, car on y découvre des renseignements sur toutes les listes.
    Bref, il y a du buzz autour de Tours2008, et une chose est sûre, si quelqu’un, quelque part, a déposé la marque, il peut appeler son avocat !
 
8. Café-médias : pression ou pschitt ?

    20 février 2008. Voilà que Renaud Donnedieu de Vabres accuse le directeur du service communication de la ville de Tours, Jean Breillat, d’avoir fait pression sur les administrateurs du Club de la Presse pour faire annuler le café-débat sur le tramway. « Le directeur de la communication de la ville, écrit RDDV, endossant la fonction de directeur de la campagne du maire, a cherché à faire annuler une rencontre de presse en présence de l’adjoint aux transports, du chargé de mission spécial du maire et du président du Medef 37. »
    À l’appui, il publie sur son blog un mail interne au Club de la Presse signé par un des administrateurs où l’on peut lire : « Je viens de recevoir un appel amical de Jean Breillat qui nous signale les points suivants : le sujet du café média est fort intéressant et d’actualité. Il y a un gros risque de polémique qui sera difficile à maîtriser (...) Sans vouloir se mêler de nos actions, il suggère de reporter le débat après les élections. Je rappelle que la mairie de Tours et Tour(s)plus sont des partenaires importants pour le Club (9 500 € en tout et l’hébergement du Club)… » Chantage à la subvention ?
    Jean Breillat dément formellement : « Jamais je n’ai exercé la moindre pression. Je me suis juste inquiété du risque de dérive en lisant l’intitulé du débat, qui laissait entendre que le tracé du tram avait été choisi à la loterie. Ensuite, le Club de la Presse a pris ses responsabilités en organisant ce débat de façon très professionnelle et il y avait d’ailleurs deux représentants de l’opposition qui ont pu s’exprimer. »
    Mais en publiant ce mail privé, RDDV lance une chasse aux sorcières au sein du Club de la Presse. Son président, Jean-Jacques Talpin, s’interroge : « De quel droit RDDV publie-t-il un mail interne au Club ? Et comment s’est-il retrouvé entre ses mains ? » Car, de deux choses l’une : soit une messagerie Internet a été piratée, soit il y a une « balance » au sein du Club…
    Jean Breillat a-t-il fauté ? Le directeur de la communication de la ville de Tours a-t-il, comme l’accuse Renaud Donnedieu de Vabres sur son blog, exercé une forme de pression sur le Club de la Presse afin de faire annuler le café-débat consacré au projet de tramway… qui s’est tout de même tenu ? « Non, écrit-il, je ne regrette rien… parce que j’ai agi en conscience, parce que je n’ai pas cherché à (me) cacher, manipuler, “ faire pression ”, censurer… parce que je n’ai rien fait qui soit contraire à l’éthique et la déontologie… »
    Si Jean Breillat reconnaît être intervenu, c’est - précise-t-il - aussi en tant que membre du Club de la Presse (qui est ouvert aux journalistes et aux communicants). « J’étais donc bien dans mon rôle, insiste Jean Breillat, en tant que membre du Club de la Presse et directeur de la communication (à ce titre, j’ai quand même le droit de m’exprimer !) en alerte sur l’actualité, cherchant à être rassuré sur la teneur d’un débat (à venir) autour d’un sujet à l’incontestable portée politique, et ayant réagi spontanément à un intitulé à la neutralité contestable… », intitulé évoquant « la loterie du tracé ». Alors, oui, Jean Breillat a passé un coup de fil à Jean-Jacques Talpin, alors président du Club de la Presse (voir ci-dessous) : « J’ai indiqué que je trouvais cet intitulé inutilement polémique, réducteur, voire partial, en particulier dans le contexte de la campagne… »
    Alors pour Jean Breillat, cette affaire « n’est qu’instrumentalisation, récupération (politicienne), interprétation volontairement fallacieuse, tentative pour jeter un discrédit, utilisation abusive d’un message à caractère privé et intentionnellement interprété pour nuire, etc. Bref, une volonté de salir… »

Chapitre suivant : V. Le clou