Ouverture
« Jamais l’accès à la culture n’aura été aussi facile et aussi large ; jamais la création n’aura été aussi menacée. C’est-à-dire, non seulement nos capacités de rêver et d’inventer des espaces imaginaires en interrogeant le réel, mais aussi nos emplois, notre rayonnement, le message que nous adressons au monde, notre attitude collective face à l’avenir. Dans l’ensemble, ce projet de loi n’a d’autre objectif que de concilier la pérennité de la création et l’accès le plus large à la culture, qui est à la fois l’un des grands acquis et l’un des grands défis de notre temps. Il nous revient de faire en sorte que dans notre société numérique, les technologies faites pour le progrès des hommes permettent aussi d’assurer le développement durable et la diversité des œuvres de l’esprit, qui sont aussi essentielles à son avenir que ceux de son environnement naturel. »
Extrait du discours de Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication, à l’Assemblée nationale, présentant le projet de loi relatif au droit d’auteur et aux droits voisins dans la société de l’information (DADVSI) - 20 décembre 2005.
« C’est comme si on ne pouvait lire un livre de Gallimard qu’avec des lunettes Afflelou, et que si vous le lisiez avec des lunettes d’une autre marque, vous deveniez contrefacteur », commente Christophe Espern, cofondateur du collectif EUCD.info, principal nid de résistance au projet.
Bien que personne ne soit capable aujourd’hui de démontrer si cette loi défend la culture ou ceux qui en ont fait une industrie, si elle sert les auteurs plus que les majors, Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication de mars 2004 à mai 2007, dans un Internet qu’il a découvert deux ans plus tôt, a mené la mission à son terme.
Extrait du discours de Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication, à l’Assemblée nationale, présentant le projet de loi relatif au droit d’auteur et aux droits voisins dans la société de l’information (DADVSI) - 20 décembre 2005.
« C’est comme si on ne pouvait lire un livre de Gallimard qu’avec des lunettes Afflelou, et que si vous le lisiez avec des lunettes d’une autre marque, vous deveniez contrefacteur », commente Christophe Espern, cofondateur du collectif EUCD.info, principal nid de résistance au projet.
Bien que personne ne soit capable aujourd’hui de démontrer si cette loi défend la culture ou ceux qui en ont fait une industrie, si elle sert les auteurs plus que les majors, Renaud Donnedieu de Vabres, ministre de la Culture et de la Communication de mars 2004 à mai 2007, dans un Internet qu’il a découvert deux ans plus tôt, a mené la mission à son terme.
Entre liberté et répression, c’était un combat difficile, voire impossible. Mais Renaud Donnedieu de Vabres a l’habitude. Il est né à Neuilly, mais c’est un fils de protestant des Cévennes, une famille de « durs à cuire ».
RDDV s’est relevé de plusieurs cabales : vente de frégates à l’Arabie Saoudite, financements occultes du Parti Républicain et conflit des intermittents du spectacle. Entre temps, il a refusé en 1998 de se marier avec le FN pour prendre la tête de la Région Centre. Rien que ça...
C’est que dans la famille Donnedieu de Vabres, on a le goût de la justice, de l’âpreté au combat et l’horreur des extrêmes. Le grand-père, Henri, était juge au procès de Nuremberg. Martin Bormann, Wilhem Frick, Herman Goering... le 20 novembre 1945 s’ouvre ce procès historique où, pour la première fois, des criminels de guerre sont jugés comme des criminels contre l’humanité en audience publique. Mais la destinée des grands hommes n’est ni tracée sur les cartes d’un grand architecte, ni congénitale, et le petit-fils de celui qui a posé les fondements du droit pénal international va s’effondrer dans un combat politique local.
« Il faut dire que rien ni personne ne nous a aidés… Le système municipal est puissant. Tout était bien réglé, réparti, orchestré. À l’avance. Il fallait juste un taureau dans l’arène ! Je suis fier et heureux d’avoir mené ce combat, en ayant toujours su que l’architecture des trahisons, des alliances contre nature et du clientélisme ne laissaient que peu d’espoir… »
Voilà les mots écrits en mars 2008 par cet ancien ministre de la France au lendemain de ce qu’il faut appeler une débâcle électorale.
RDDV s’est relevé de plusieurs cabales : vente de frégates à l’Arabie Saoudite, financements occultes du Parti Républicain et conflit des intermittents du spectacle. Entre temps, il a refusé en 1998 de se marier avec le FN pour prendre la tête de la Région Centre. Rien que ça...
C’est que dans la famille Donnedieu de Vabres, on a le goût de la justice, de l’âpreté au combat et l’horreur des extrêmes. Le grand-père, Henri, était juge au procès de Nuremberg. Martin Bormann, Wilhem Frick, Herman Goering... le 20 novembre 1945 s’ouvre ce procès historique où, pour la première fois, des criminels de guerre sont jugés comme des criminels contre l’humanité en audience publique. Mais la destinée des grands hommes n’est ni tracée sur les cartes d’un grand architecte, ni congénitale, et le petit-fils de celui qui a posé les fondements du droit pénal international va s’effondrer dans un combat politique local.
« Il faut dire que rien ni personne ne nous a aidés… Le système municipal est puissant. Tout était bien réglé, réparti, orchestré. À l’avance. Il fallait juste un taureau dans l’arène ! Je suis fier et heureux d’avoir mené ce combat, en ayant toujours su que l’architecture des trahisons, des alliances contre nature et du clientélisme ne laissaient que peu d’espoir… »
Voilà les mots écrits en mars 2008 par cet ancien ministre de la France au lendemain de ce qu’il faut appeler une débâcle électorale.
Les faits se déroulent à Tours, ville moyenne de province, au bord de la Loire, fleuve caractérisé par son classement au patrimoine mondial de l’Unesco et la dangerosité de ses sables mouvants. RDDV y a perdu son fauteuil de député et les grâces du suffrage universel communal.
Celui qui était encore ministre de la Culture et de la Communication en juin 2007, l’homme du conflit des intermittents du spectacle et de la loi DADVSI, vient, pour la deuxième fois, de se faire renvoyer par un modeste petit gars de Bourgueil au simple rang de conseiller municipal d’une opposition déconfite. Nous sommes à Tours. Le 17 mars 2008. Renaud Donnedieu de Vabres vient de passer dix mois dans un laminoir.
En ce printemps 2008, RDDV rejoint le panthéon des anciens ministres rudoyés par le terrain municipal : Gilles de Robien, Renaud Dutreil, Dominique Perben...
La droite perdue
La ville de Tours où a régné Jean Royer en maître jusqu’en 1995 vote majoritairement à droite aux élections municipales jusqu’en 2001. Quand le socialiste Jean Germain emporte la ville en 1995, c’est au bénéfice d’une triangulaire : cette année-là, la droite, certes divisée entre un Royer déclinant et un de ses adjoints dissident, est encore à 60 %. Elle descendra à 46,5 % en 2001 puis à 38 % en 2008.
De plus, sur les sept cantons de la circonscription où RDDV devient député en 1997, la droite en détenait sept en 1993, six en 1994, trois en 1998 et un seul en 2001.
Celui qui était encore ministre de la Culture et de la Communication en juin 2007, l’homme du conflit des intermittents du spectacle et de la loi DADVSI, vient, pour la deuxième fois, de se faire renvoyer par un modeste petit gars de Bourgueil au simple rang de conseiller municipal d’une opposition déconfite. Nous sommes à Tours. Le 17 mars 2008. Renaud Donnedieu de Vabres vient de passer dix mois dans un laminoir.
En ce printemps 2008, RDDV rejoint le panthéon des anciens ministres rudoyés par le terrain municipal : Gilles de Robien, Renaud Dutreil, Dominique Perben...
La droite perdue
La ville de Tours où a régné Jean Royer en maître jusqu’en 1995 vote majoritairement à droite aux élections municipales jusqu’en 2001. Quand le socialiste Jean Germain emporte la ville en 1995, c’est au bénéfice d’une triangulaire : cette année-là, la droite, certes divisée entre un Royer déclinant et un de ses adjoints dissident, est encore à 60 %. Elle descendra à 46,5 % en 2001 puis à 38 % en 2008.
De plus, sur les sept cantons de la circonscription où RDDV devient député en 1997, la droite en détenait sept en 1993, six en 1994, trois en 1998 et un seul en 2001.
Après les cantonales de 2008 où l’on votait aussi pour ce canton de Tours Centre, le candidat de droite ne l’a emporté qu’à moins de 300 voix. Tours Centre, qui votait à 68 % pour la droite en 94, à 59 % en 2001 et à 52,4 % en 2008.
Par ailleurs, on ne peut pas dire, au regard des scrutins nationaux, que Tours soit franchement une ville de gauche : en 1995, Chirac arrive devant Jospin avec 51,88 %. En 2007, Royal n’arrive devant Sarkozy « qu’ » avec 50,83 %. La première circonscription d’Indre-et-Loire a même résisté à la vague rose de 1997 pour porter RDDV à l’Assemblée nationale.
En fait, si l’érosion de la droite locale remonte au milieu des années 90, la déchéance électorale de Renaud Donnedieu de Vabres n’est patente qu’à partir des législatives de 2007. Dix ans après être devenu député de cette circonscription d’Indre-et-Loire, à Tours, après trois années passées dans le rôle de ministre de la culture, le vent de la défaite souffle sur lui et emporte tout. Comme dans les tragédies grecques, quand soudain l’homme sent gronder la colère des dieux.
Le 15 mai 2007, il quitte le gouvernement, remercié par un nouveau Président de la République. Un mois plus tard, tandis que Nicolas Sarkozy, tout frais dans le costume, soulève une vague bleue à l’Assemblée nationale, RDDV perd sa circonscription. Probablement naufragé, comme d’autres, sur les récifs de la TVA sociale.
Voilà RDDV déchu. Il ne lui reste plus qu’une chaise au fond de la grande salle du conseil de l’hôtel de ville de Tours, où il a jusqu’alors siégé en pointillés, trop occupé au ministère... Il rejoint les rangs d’une opposition dont il est le chef, un peu comme un patron qui remettrait les pieds dans son entreprise après trois ans en déplacement.
Est-ce que celui dont le carnet d’adresses personnel s’est longtemps confondu avec l’annuaire du pouvoir en France saura rebondir ?
Par ailleurs, on ne peut pas dire, au regard des scrutins nationaux, que Tours soit franchement une ville de gauche : en 1995, Chirac arrive devant Jospin avec 51,88 %. En 2007, Royal n’arrive devant Sarkozy « qu’ » avec 50,83 %. La première circonscription d’Indre-et-Loire a même résisté à la vague rose de 1997 pour porter RDDV à l’Assemblée nationale.
En fait, si l’érosion de la droite locale remonte au milieu des années 90, la déchéance électorale de Renaud Donnedieu de Vabres n’est patente qu’à partir des législatives de 2007. Dix ans après être devenu député de cette circonscription d’Indre-et-Loire, à Tours, après trois années passées dans le rôle de ministre de la culture, le vent de la défaite souffle sur lui et emporte tout. Comme dans les tragédies grecques, quand soudain l’homme sent gronder la colère des dieux.
Le 15 mai 2007, il quitte le gouvernement, remercié par un nouveau Président de la République. Un mois plus tard, tandis que Nicolas Sarkozy, tout frais dans le costume, soulève une vague bleue à l’Assemblée nationale, RDDV perd sa circonscription. Probablement naufragé, comme d’autres, sur les récifs de la TVA sociale.
Voilà RDDV déchu. Il ne lui reste plus qu’une chaise au fond de la grande salle du conseil de l’hôtel de ville de Tours, où il a jusqu’alors siégé en pointillés, trop occupé au ministère... Il rejoint les rangs d’une opposition dont il est le chef, un peu comme un patron qui remettrait les pieds dans son entreprise après trois ans en déplacement.
Est-ce que celui dont le carnet d’adresses personnel s’est longtemps confondu avec l’annuaire du pouvoir en France saura rebondir ?
Est-ce que celui qui s’est toujours fait fort de digérer les épreuves, réussira à avaler la dernière ?
Comme une petite souris
Dans cette histoire, je n’ai été qu’une petite souris, comme on rêve parfois d’en devenir pour tout voir sans être remarqué. Journaliste à Tours, j’ai couvert depuis octobre 2005 cette actualité singulière, sans être du cru. Juste un ch’ti expatrié, habitué à des terres de franche camaraderie, débarquant soudain dans ces sables mouvants tourangeaux, cette Mésopotamie entre Loire et Cher où les mœurs sont si indolentes en surface. Ici, point de prolétariat, pas de passé industriel, aucun patron puissant capable de dicter sa loi à la main d’œuvre sur le carreau du marché aux bras. Pas d’acier, pas de charbon, pas de textile. Du vin, des châteaux, de la douceur... Zone occupée, limite libre, mais pas interdite.
Tours, c’est la ville des lumières, terreau d’humanisme et d’esprits libres, capitale d’un département qui compte plus de deux mille francs-maçons, dont la plupart des protagonistes de cette histoire. Jean Germain est issu du Grand Orient de France, comme Marc Pommereau, le président du Conseil général d’Indre-et-Loire jusqu’en mars 2008. Philippe Briand, le maire de Saint-Cyr-sur-Loire et patron de l’UMP locale, est un frère de la Grande Loge nationale de France. Quant à Renaud Donnedieu de Vabres, il s’est fait initier à la Grande Loge, « mais c’était il y a vingt ans et je me suis mis en retrait au bout de deux ans », précise-t-il.
Autre substrat tourangeau : le catholicisme, sous toutes ses formes, depuis les intégristes de la Fraterninté sacerdotale Saint Pie X, qui ont pignon sur rue dans une des plus belles chapelles de la ville,
Comme une petite souris
Dans cette histoire, je n’ai été qu’une petite souris, comme on rêve parfois d’en devenir pour tout voir sans être remarqué. Journaliste à Tours, j’ai couvert depuis octobre 2005 cette actualité singulière, sans être du cru. Juste un ch’ti expatrié, habitué à des terres de franche camaraderie, débarquant soudain dans ces sables mouvants tourangeaux, cette Mésopotamie entre Loire et Cher où les mœurs sont si indolentes en surface. Ici, point de prolétariat, pas de passé industriel, aucun patron puissant capable de dicter sa loi à la main d’œuvre sur le carreau du marché aux bras. Pas d’acier, pas de charbon, pas de textile. Du vin, des châteaux, de la douceur... Zone occupée, limite libre, mais pas interdite.
Tours, c’est la ville des lumières, terreau d’humanisme et d’esprits libres, capitale d’un département qui compte plus de deux mille francs-maçons, dont la plupart des protagonistes de cette histoire. Jean Germain est issu du Grand Orient de France, comme Marc Pommereau, le président du Conseil général d’Indre-et-Loire jusqu’en mars 2008. Philippe Briand, le maire de Saint-Cyr-sur-Loire et patron de l’UMP locale, est un frère de la Grande Loge nationale de France. Quant à Renaud Donnedieu de Vabres, il s’est fait initier à la Grande Loge, « mais c’était il y a vingt ans et je me suis mis en retrait au bout de deux ans », précise-t-il.
Autre substrat tourangeau : le catholicisme, sous toutes ses formes, depuis les intégristes de la Fraterninté sacerdotale Saint Pie X, qui ont pignon sur rue dans une des plus belles chapelles de la ville,
jusqu’aux chrétiens sociaux. Des communautés chrétiennes qui pèsent dans l’élecorat. A droite, Jean Royer en son temps en avait fidélisé beaucoup. Mais cet électorat chrétien a changé et Renaud Donnedieu de Vabres n’y compte pas que des amis.
J’ai demandé un jour à Jean Germain qui venait de parler du « flegme tourangeau » de donner une définition de cette notion. Il s’agit, expliquait-il, « du caractère calme et non émotif, de la décontraction, de l’égalité d’âme, de l’équanimité, du sang-froid, de la sérénité, de la tranquillité et de la maîtrise ». L’équanimité, synonyme de constance, d’égalité d’humeur, ça ne veut pas dire que Tours vit au fil d’un long fleuve tranquille. La Loire est dangereuse, ses sables sont mouvants.
La Touraine, vallée des rois, jardin de la France, vit à un autre rythme, au beau milieu du centre de la France. On ne crache pas par terre, on ne jure pas, on n’y mène pas de lutte des classes. Les bras restent sagement le long du corps. Ce sont les esprits qui transpirent pour organiser des combats, des résistances dont la violence parfois dépasse celle d’une lutte armée.
Heureusement, une petite souris n’est pas là pour mener des combats et elle passe absolument inaperçue dans cette grande arène. C’est qu’en Touraine, rester invisible est une force. La discrétion vous hisse rapidement sur un invraisemblable mirador d’où l’on voit soudain se dessiner les pistes fermes sur le sable. Cette ligne de mire ouvre une perspective et une ligne de conduite qui se transforment facilement, quand on est journaliste, en lignes dans le journal.
Ces lignes noircies dans les colonnes de la Nouvelle République, vous en retrouverez parfois certaines au fil du récit.
J’ai demandé un jour à Jean Germain qui venait de parler du « flegme tourangeau » de donner une définition de cette notion. Il s’agit, expliquait-il, « du caractère calme et non émotif, de la décontraction, de l’égalité d’âme, de l’équanimité, du sang-froid, de la sérénité, de la tranquillité et de la maîtrise ». L’équanimité, synonyme de constance, d’égalité d’humeur, ça ne veut pas dire que Tours vit au fil d’un long fleuve tranquille. La Loire est dangereuse, ses sables sont mouvants.
La Touraine, vallée des rois, jardin de la France, vit à un autre rythme, au beau milieu du centre de la France. On ne crache pas par terre, on ne jure pas, on n’y mène pas de lutte des classes. Les bras restent sagement le long du corps. Ce sont les esprits qui transpirent pour organiser des combats, des résistances dont la violence parfois dépasse celle d’une lutte armée.
Heureusement, une petite souris n’est pas là pour mener des combats et elle passe absolument inaperçue dans cette grande arène. C’est qu’en Touraine, rester invisible est une force. La discrétion vous hisse rapidement sur un invraisemblable mirador d’où l’on voit soudain se dessiner les pistes fermes sur le sable. Cette ligne de mire ouvre une perspective et une ligne de conduite qui se transforment facilement, quand on est journaliste, en lignes dans le journal.
Ces lignes noircies dans les colonnes de la Nouvelle République, vous en retrouverez parfois certaines au fil du récit.
Comme en photographie, ce ne sont que des instantanés, souvent en noir et blanc, du long film d’une vérité constituée d’une multitude de nuances et de couleurs. Et bien sûr, comme toujours, quand on consulte les informations dans un journal, quand on épluche les papiers, il faut - comble de l’injustice - savoir lire entre les lignes.
L’essentiel de cet ouvrage est fait de cet entre-deux-lignes, absent du quotidien, qui contient paradoxalement l’essentiel de l’information. Ce que l’on rêvait de dire mais qu’on ne pouvait écrire. Parce que lorsqu’on travaille pour un grand journal régional et c’est normal, on ne peut pas toujours élever le débat trop haut de peur d’y perdre ses lecteurs ou de se brûler les ailes. Pas plus qu’on ne s’autorise à descendre dans le caniveau de l’information, de peur d’en dégoûter ses clients. C’est frustrant pour le journaliste, parce qu’au-dessus des nuages, la lumière est plus forte. De même, il arrive que sous les plaques d’égouts, dans les eaux troubles, apparaissent des vérités des plus limpides.
Chronique aussi d’une vraie campagne sur Internet. Sites et blogs, ce combat politique à Tours est de ce point de vue remarquable. La plupart des protagonistes mènent une double campagne : la première, réelle, sur le terrain, et la seconde, virtuelle, sur le web, à l’exception de Jean Germain. Si, sur la toile, RDDV ponctue le temps de sa communication, sur le terrain, Jean Germain maîtrise son calendrier électoral. Et ces deux espaces-temps ne se croisent en fin de compte presque jamais.
Alors la petite souris dans l’arène tourangelle a suivi Renaud et les autres. Taureau, toréador, picador ou matador ? Jean, Renaud, Philippe, Guillaume...
Vous voulez savoir ? Venez voir.
L’essentiel de cet ouvrage est fait de cet entre-deux-lignes, absent du quotidien, qui contient paradoxalement l’essentiel de l’information. Ce que l’on rêvait de dire mais qu’on ne pouvait écrire. Parce que lorsqu’on travaille pour un grand journal régional et c’est normal, on ne peut pas toujours élever le débat trop haut de peur d’y perdre ses lecteurs ou de se brûler les ailes. Pas plus qu’on ne s’autorise à descendre dans le caniveau de l’information, de peur d’en dégoûter ses clients. C’est frustrant pour le journaliste, parce qu’au-dessus des nuages, la lumière est plus forte. De même, il arrive que sous les plaques d’égouts, dans les eaux troubles, apparaissent des vérités des plus limpides.
Chronique aussi d’une vraie campagne sur Internet. Sites et blogs, ce combat politique à Tours est de ce point de vue remarquable. La plupart des protagonistes mènent une double campagne : la première, réelle, sur le terrain, et la seconde, virtuelle, sur le web, à l’exception de Jean Germain. Si, sur la toile, RDDV ponctue le temps de sa communication, sur le terrain, Jean Germain maîtrise son calendrier électoral. Et ces deux espaces-temps ne se croisent en fin de compte presque jamais.
Alors la petite souris dans l’arène tourangelle a suivi Renaud et les autres. Taureau, toréador, picador ou matador ? Jean, Renaud, Philippe, Guillaume...
Vous voulez savoir ? Venez voir.
Chapitre suivant : I. Rivaux