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Trames étranges. 3. Et les cris de la fée

- Par Francine Ségeste

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- Date de publication sur In Libro Veritas : 10 mai 2008 à 17h45
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Au pays de l’ennui, une fée rêve de provoquer la fête et de nouer une chaîne entre les individus dispersés. Une rencontre la confronte à l’inquiétude.
Le recueil « Trames étranges », avec une postface d’Alain Lipietz (http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre19316.html), est publié en livre par ILV-Editions. Pour le commander : http://www.ilv-edition.com/librairie/trames_etranges... -
- Mot clés :
- levitation, art, questionnement
- L'auteur
- Pas de vente papier
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173 lectures |
10 pages
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Retour à la Cité ou question sur la poésie ?
On n’en peut plus douter maintenant : si « Trames étranges » a un sujet commun, ce n’est pas tel ou tel personnage, mais la rencontre en elle-même, la trame qui se heurte à la chaîne et recoupe d’autres fils, d’autres trames (ici le jumeau cracheur de feu et le garçon).
Mais curieusement on revient, sur le fond, à la thématique de « Cité des solitudes », plus exactement à celle de « Fumée ». L’art, la poésie, à quoi ça sert dans nos cités de solitudes ? « Vous n’avez rien de mieux à faire ? » non, j’ai vraiment fait ce que je pouvais faire de mieux… Et la seconde question, encore plus grave : « Il n’y a rien de mieux faire ? » Questions (et réponse !) déchirantes qui concluaient « Cité » (Il arrive que la voix manque.)
Les Trames étranges si violemment exotiques nous ramèneraient elles aux questions fondamentales de notre cité, comme la « Dreamed Quest of Unknown Kadath » de Lovecraft nous ramenait à sa ville natale ?
Mais ici la référence est Nerval, non le détour (ou la réponse) du cauchemar, mais au contraire la danse sacrale de la fée et la lyre d’Orphée, pour faire revenir le vert paradis, contre la dépression et la déréliction.
On attend la suite !!
D'Esmeralda à Carmen
Il ne peut y avoir de hasard, tout est pourtant déjà dit, en-deçà et au-delà de tous les mythes...
Il en restera peut-être un cristal...de Bohème, comme un exsudat de nos larmes, un simple fossile-miroir de nos émotions...
Encore et toujours de ...
Encore et toujours de la magie. Autant dans la forme que dans le fond.
Je trouve ce conte superbement écrit, avec de belles images très poétiques. Beaucoup de réalisme très évocateur, des descriptions subtiles dans leur précision et toute une ambiance festive qui s'épanouit sous nos yeux.
Jusqu'au rejet final du "vulgaire", le non initié... Qui transforme ces héros féériques en incompris solitaires.
Et toujours, un enfant porteur du message à capter.
Un conte des temps modernes.
Et probablement, énormément de travail sous cette apparente fluidité d'écriture.
bravo Francine.
Des mots pour le dire, un chant de flûte pour le jouer, une fille pour le danser, une lettre sans destinataire pour le lire...
Décidément les trains ont la magique manie de nous faire lire et voyager dans l'irréel avec le réel. Je viens d'engloutir d'une traite Trames Etranges et ne trouvant pas de page de commentaires pour l'ensemble du livre, je choisis ce conte pour en parler.
Sûrement celui qui m’a paru le plus essentiel dans son contenu. Cette femme, qui n'est autre que la conscience des hommes, celle dont ils rêvent mais qu'ils bafouent. Celle des "braves gens" qui, lors d’un instant de grâce, deviennent de vrais humanoïdes, pour retrouver au plus vite leur médiocrité, de cette médiocrité qui lapide l'essence même de leur existence.
En lisant ce conte, j'entendais en calque, la chanson de Brel, tant l'une et l'autre sont issues d'une même fratrie :
Sur la place chauffée au soleil
Une fille s'est mise à danser
Elle danse toujours pareil
Aux danseuses d'antiquité.
Ainsi certains jours paraît
Une flamme en nos coeurs
Mais nous ne voulons jamais
Laisser luire sa lueur
...
Sur la place un chien hurle encore
Car la fille s'en est allée
Et comme le chien hurlant la mort
Pleurent les hommes leur destinée."
Paroles encore un peu naïves du jeune Brel mais puissante dans son interprétation. Mots puissants de Francine, qui nous quitte en nous laissant, par la beauté de son écriture, ses contes de l’au-delà, un morceau de cette conscience en chacun de nous.
Francine, alias Nuage, alias Trésage, vers quelle contrée pars-tu ? Enverras-tu
aux misérables terriens que nous sommes, une lettre sans destinataire ou bien ce chant de flûte d’amour et de beauté comme celui que tu nous as transmis sur cette pauvre Terre, bien malmenée ? Si j’avais su mieux te connaître encore plus tôt… Claudie
Magnifique rapprochement
J'avais complétement oublé cette chanson de Brel que j'adorais dans mon adolescence. Peut-être l'ai oubliée (la chanson) quand je l'ai rencontrée en vrai (la fée).
Claudie a eu raison de mettre son commentaire ici faute de mieux. C'est aussi ma nouvelle préférée entre toutes, même si "La lettre" est plus savante dans sa construction, "Les mots" plus explicite dans son contenu. C'est pourquoi j'en ai extrait le tire de ma postface.
Curieusement c'est la moins lue en ligne. Titre ou résumé inadapté ? hasard de sa position ?