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Trames étranges. 2. La noce

- Par Francine Ségeste

-
- Date de publication sur In Libro Veritas : 10 mai 2008 à 17h36
- Dernière modification : 17 octobre 2008 à 16h52
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Un lieu improbable pour des noces barbares. La réapparition de Vuk le fou fait basculer le destin de la blanche mariée.
"La noce"est la deuxième nouvelle du recueil "Trames étranges". Ce recueil , avec une postface d’Alain Lipietz (http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre19316.html), est publié en livre par ILV-Editions. Pour le commander : http://www.ilv-edition.com/librairie/trames_etranges... -
- Mot clés :
- barbarie, mystification, viol
- L'auteur
- Pas de vente papier
- 7 commentaires
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188 lectures |
9 pages
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La nouvelle Ségeste
"Trames étrages", vraiment... je ne vois pas encore bien où va ce nouveau recueil, qui s'annonce somptueux.
"La lettre sans destinataire" m'avait subjugué par sa construction (entre Marquez et Borgues). Ici, par rapport à "Cité des solitudes" (par exemple Argine), c'est un peu comme passer du Pasolini néo-réaliste des débuts, en noir et blanc, à la splendeur baroque des films en couleur de la fin.
Manifestiment l'auteur a regroupé dans ce reueil un autre style (mais qu'on sentait déjà dans les 3 dernières nouvelles de "Cité des S"), peut-etre plusieurs autres styles, on verra. Mais ces "trames étranges" en constituent-elles une seule ? au autre "message" que "Cité" ? Un autre rapport, plus tragique, de la subjectivité au destin ? On verra...
En tout cas, c'est une pièce magistrale de littérature.
Je suis loin de partag...
Je suis loin de partager l'enthousiasme de Lancelot (cf commentaire précédent).
Bien écrit, c'est indéniable.
L'histoire ? M'oui, sans plus (les gouts et les couleurs...)
Au final, rien de bien ébouriffant, ni de bien nouveau.
Je vais quand même aller lire la lettre sans destinataire (quand on évoque Borges, je ne peux résister)
Excellent
Epoustouflant, grand, c'est de la peinture c'est de la couleur, excellent, C'est du Garcia, c'est Almodovar... et aussi Pasolini, d'accord Lancelot,
Il n'y pas de "les gouts et les couleurs", ceci ne veut rien dire, il y a, seulement, voir ou non
Je dis bien voir et non sentir, ceci se voit, tu vois et après tu ne respires plus
Si c'est ''mouai sans plus, c'est que tu ne respires plus, mais seulement car tu es sous l'eau je dois donner 14/10
Sans vouloir entrer da...
Sans vouloir entrer dans le commentaire de commentaire : si c'est grand, de la peinture, de la couleur, ainsi que l'affirme le commentateur précédent, ça ne peut être du Garcia (Marquez, je suppose).
Les "gouts et les couleurs" ne veut rien dire ? Quand on évoque l'histoire en elle-même, et non le style de l'auteur, ça veut au contraire tout dire.
Soit on aime l'histoire qui nous est racontée, soit on ne l'aime pas. C'est aussi simple que cela.
Ensuite, il y a le style. Il marque le lecteur, ou pas.
En ce qui me concerne, ni l'un ni l'autre ne m'ont marqué.
Ne m'ont touché.
Mais je comprends que l'on puisse apprécier - j'ai l'esprit ouvert^^
Le style et la fable
Entre sa réponse à mon premier commentaire et sa réponse à Gille Nikolic, g@rp a légèrement changé son fusil d’épaule, en plus critique. Mais je reviens à son premier commentaire (« Je suis loin de partager ») ?
En fait, je n’étais pas complètement en désaccord avec lui et la référence au Pasolini de la dernière période (je n’avais pas pensé à Almodavar, bon sang, mais c’est bien sûr !) était volontairement ambiguë. On peut penser plus précisément à « Médée » de Pasolini. La scénographie en est hyper-somptueuse, l’histoire est fort mince et connue depuis des millénaires : « rien de bien nouveau », comme dit g@rp.
De même, dans « La noce », la langue, la scénographie est somptueuse (et si c’est du Garcia, ici c’est plutôt du Lorca), mais écrasent un peu de prime abord la minceur de la fabula : une femme perd ce à quoi elle pensait avoir droit (l’amour et le bonheur) comme écho d’une souillure subie dans sa prime jeunesse et dont elle est innocente. Histoire « tragique » de bien des femmes (et de garçons : oui, Almodavar), presque « genre » du roman et de l’opéra dix-neuvièmistes. Et je comprends que cette histoire, comme dit g@rp, « on ne l’aime pas, c’est aussi simple que ça ». En tant qu’histoire, moi non plus…
On peut d’abord, comme Gilles Nikolic, rétorquer que l’histoire, la fabula, dans une nouvelle on s’en fout (et même dans un roman, parce que, franchement, « l’histoire », dans « Ulysse » de Joyce ou « La recherche du temps perdu »…). Une nouvelle est intermédiaire entre un roman et un poème en prose. (cf « La déclaration foraine » de Mallarmé : c’est quoi ?). J’ai dit, à propos de « La lettre sans destinataire » de Ségeste, que « Le noyé le plus beau du monde » était l’une des plus belles nouvelles de Marquez et peut-être de toutes les nouvelles, mais l’histoire, c’est des femmes qui lavent le corps d’un noyé et se demandent s’il s’appelle Esteban, point. (Vérifiez !)
Et puis ça me titille et je trouve que la fabula dans « La noce » est plus complexe qu’il n’y paraît. La « chaine » qui vient briser la « trame » de l’héroïne n’est pas, comme l’auteure l’écrit dans sa notice introductive, l’apparition de Vuk, mais la ruse de sa cousine. « Mystification, viol » disent les mots clés. Où ça ? quand ? par qui ? Lacan dirait « c’est un point de capiton ». Mouais. Trame étrange.
Et quel rapport avec « La lettre sans destinataire» ? La mal aimée qui aurait pu, à première vue.. Ou plutôt la non rencontre. Ou la rencontre qui ne se fait pas là où la Parque avait tissé. Bon, faut que je lise la nouvelle n°3 (« Et les cris de la fée », g@rp va encore dire que Ségeste se prend pour Nerval) mais cette semaine j’ai pas le temps.
Garcia
LORCA , désolé :je ne l'ai pas précisé, il le falait :)
je lis très peu et, de...
je lis très peu et, de toute façon, rien des écrivains dont vous parlez.
Mais, en toute simplicité, je peux dire que cette nouvelle m'a touchée.
Peut-être parce que je suis une femme ?
Je comprends tout le cheminement suggéré de Maryssa qui renonce à tout parce qu'on lui a tout pris.
Très symbolique, très imagé, tout en nuance et très pudique, comme d'habitude chez cette auteur(e) que je ne connaissais pas non plus mais que j'apprécie beaucoup de découvrir.
En plus d'un style agréable et sensible, j'y trouve toujours l'originalité du quotidien, une vision très subtile de l'ordinaire et une façon de raconter qui, moi, m'émeut beaucoup.
Sujet devenu banal, oui peut-être. Mais existe-t-il encore quelque chose qui n'ait pas déjà été écrit ?
Et si la difficulté n'était pas justement de réécrire le banal ? En lui redonannt un second souffle ?
A mon avis, dans cette nouvelle, c'est le cas. Et c'est réussi.