In Libro Veritas

L'esclave de la tendresse

Par Guy Richart

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Table des matières
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Fausse joie…

Lydie fut invitée, ce soir-là, chez Virginie. Francis était parti, d’après sa femme, pour de longs mois, dans une société de production d’images de synthèse, située dans le Sud.

La garce se retrouva entre Sylvie, Dylan et Johanna. Tout au long du repas et de la causerie qui suivit, elle ne quitta pas du regard le beau blond. Elle pensait que l’absence de Francis marquait la dissolution du couple. Elle s’imaginait déjà que, dans deux ou trois ans, l’ingénieur viendrait se jeter dans ses bras. Elle savourait la perspective de ce jour où elle l’humilierait et en ferait son esclave sexuel. En attendant, elle lorgnait sur le bel ami de Sylvie dont les yeux bleus et les formes athlétiques l’émoustillaient délicieusement.

Le garçon se prêtait au jeu. Il répondait aux signaux de séduction de la pimbêche. Elle pensait sans doute le faire saliver. Si elle avait eu un cœur, cela aurait été le cas. Mais précisément, il interprétait auprès de Lydie un rôle identique à ceux que sa carrière d’acteur de films pornographiques lui avait offert jusque-là.

Il la regardait silencieusement en souriant. Par cette simple attitude, il lui donnait l’impression qu’il était sous le charme. Il la sentait déjà acquise, prête, à livrer son corps. Il était sensible aux émissions de phéromones féminines. Il était capable d’évaluer l’état d’une femme instinctivement, par cette particularité. Mais les molécules sexuelles de Lydie, n’étaient pas les mêmes que celles diffusées par Sylvie, Virginie ou bien Johanna. Ces trois beautés incitaient à la tendresse, la langueur. La garce, elle, ne semblait que réclamer du sexe et de la vulgarité.


Bizarrement, cela lui déplaisait. Un acteur de son genre aurait dû pourtant être indifférent à l’aspect humain des rapports amoureux. Mais Dylan n’était pas dans le moule. Il jouait la comédie mais faisait aussi merveilleusement l’amour quand il travaillait avec des partenaires amicales, pratiquant leur métier consciencieusement, sans mépris, ni pour elle ni pour les acteurs qui leur donnaient « la réplique ». Il n’acceptait jamais un tournage s’il devait y côtoyer des collègues motivées uniquement par le cachet.

Il regarda discrètement Sylvie lorsque Lydie lui demanda s’il pouvait la raccompagner. Elle prétextait qu’elle était venue en bus et que, la nuit étant très avancée, elle préférait désormais repartir en automobile avec un garçon sérieux. Elle prétendait qu’elle se sentirait ainsi plus en sécurité. Bizarrement, Sylvie parut hésiter, puis, d’un sourire elle donna le feu vert à Dylan.

Ils quittèrent la maison rapidement après avoir saluer leurs amies. La garce poussa la méchanceté jusqu’à demander à Virginie de saluer Francis de sa part, dès qu’elle pourrait le joindre. Quand la voiture eut disparu dans la nuit, Johanna déclara :

- Tu ne regrettes pas d’avoir jeté Dylan dans cette arène ?

- Il va bien s’en sortir, affirma Sylvie. Cette Chipie va se repentir de ses mensonges odieux et de ses manœuvres malicieuses.

- Le beau blond tient à toi, dit Virginie. Je l’ai vu dans son regard. Il n’avait pas plus l’air enchanté de côtoyer Lydie que Francis l’avait été lorsqu’elle l’avait dragué.
Tu aurais du lui dire de rester ici avec nous et de laisser tomber.

- Tu plaisantes, répondit l’interpellée. Quand elle a jeté vicieusement de l’huile sur le feu en te parlant de ton époux, juste avant de partir, alors qu’elle est persuadée que vous êtes séparées, il a tremblé de rage. Je peux te dire que dès demain, elle va se mordre les doigts après avoir bien joui toute la nuit. Il va la traiter comme une vulgaire poupée gonflable. Elle va connaître le prix de l’amour. Et ton ange de conjoint, en fait, quand reviendra-t-il ?

- Dans la matinée, tu penses que je ne vais pas le laisser se morfondre longtemps trop loin de moi et de Johanna, affirma Virginie.

- Dylan, voulez-vous prendre un dernier verre ? Fit la petite garce, quand ils furent arrivés à la porte de son appartement.

Il entra, s’installa dans le canapé et se prépara psychologiquement à la nuit qu’il allait passer. Dans la voiture, elle avait eu des gestes très explicites. A plusieurs reprises, elle l’avait dévisagé en passant le bout de sa langue sur ses lèvres pulpeuses. Juste avant de quitter le véhicule, elle avait fait tomber volontairement un stylographe, du coté de l’acteur. Elle avait cherché l’objet en effleurant ostensiblement les jambes de son voisin. Elle avait fini, en prétextant une perte d’équilibre, par poser la paume de sa main sur le pénis du jeune homme, à travers le tissu de son pantalon.

Ce dernier n’avait pas réagi instantanément. Il avait contrôlé ses sensations afin d’obliger Lydie à dévoiler un peu plus ses intentions. Il buvait maintenant son whisky en souriant. Il dévisageait la beauté qui s’était assise sur un fauteuil devant lui. Elle prenait ostensiblement une pose choisie, pour permettre au garçon d’admirer ses longues jambes et son petit string de dentelle à peine dissimulé sous sa courte jupe.

L’expression de Dylan restait énigmatique malgré la qualité de la vue qui s’offrait à son regard. Il paraissait profiter de l’instant, certes, mais il semblait se retenir alors qu’elle lui avait ouvert toutes les barrières. La situation était un peu mystérieuse, agaçante et émoustillante à la fois. Elle aimait les défis. Elle finirait bien par le faire craquer.

- Avez-vous envie de rester ici cette nuit ? Demanda-t-elle.

- C’est vrai que cela m’éviterait un trajet assez long jusque chez moi, précisa-t-il.

- Je n’ai pas de chambre d’ami, annonça-t-elle, et mon canapé n’est pas très confortable. Si vous n’y voyez pas d’inconvénient, j’ai un très grand lit et cela ne me dérange pas de le partager.

- Je suis enchanté de cette proposition mais, est-elle bien raisonnable ? Plainsanta-t-il.

- Raisonnable ! Je ne sais pas. Je dirai plutôt excitante, c’est sûr… Fit Lydie en écartant un peu les cuisses sous sa jupe.

Dylan ne montrait rien de son intérêt pour l’anatomie somptueuse de la jeune femme. Il gardait son humeur agréable. Il appréciait la démonstration sans paraître y donner une importance trop sérieuse.

La petite garce décida de faire tonner son artillerie amoureuse :

- Dylan, je viens de vous dire et de vous montrer que je souhaite coucher avec vous. Vous faut-il une demande de travaux écrite ou bien allez-vous vous décider à vous approcher de moi et à m’entreprendre ?

Elle pensait, avec raison, que la plus grande partie des mâles s’excitaient lorsqu’ils étaient sollicités aussi crûment. Le beau blond n’éprouvait nul besoin de ce genre. Un sourire et une peau douce étaient bien plus capables d’éveiller son désir qu’une fille dénudée, s’offrant lascivement sans aucune retenue.

Il quitta le canapé après avoir achevé son whisky. Il marcha jusqu’au fauteuil de Lydie, puis, il lui demanda sans frémir :

- Que voulez-vous que je fasse pour vous ? Exposez-moi votre souhait, j’y répondrai aussitôt.

- Seriez-vous un génie de l’amour ? S’enquit-elle, mi-amusée, mi-troublée. Vous savez, devant une telle offre, je peux me montrer très gourmande.

- Je n’en doute pas, assura Dylan. Et bien ! Par quoi voulez-vous commencer la nuit ?

- Puisque vous tenez à suivre ma volonté, la voici ! Annonça Lydie, dont les pommettes rougissaient.
Ses jambes s’ouvraient et se refermaient, maintenant, au rythme de sa respiration. Retirez votre chemise ! Agenouillez-vous devant moi ! Retroussez ma jupe ! Arrachez-moi mon slip ! Et dévorez-moi ! Dépêchez-vous ! Vous venez de me mettre dans un état insoutenable !

Il s’exécuta sans aucune hésitation. En quelques secondes, Lydie se retrouva en train de frétiller sous la succion délicate des lèvres du garçon. Jamais, elle n’avait vu un homme embrasser l’intimité d’une femme avec autant de savoir-faire. Elle se contorsionnait en gémissant. Elle sursautait frénétiquement sous les sensations extrêmes que lui procurait la langue experte de l’acteur. Elle ne pensait pas un instant à ce que ce dernier éprouvait. En eut elle eu l’intention ? Elle n’aurait pas eu le temps d’y penser tant elle jouissait.

Dylan agissait sans aucune passion. Il avait pratiquement le sentiment de faire de la mécanique. Il se souvenait d’une sympathique jeune femme avec laquelle il avait passé un week-end. Privée de cette caresse par son ancien petit ami, elle avait supplié l’acteur de la combler. Il avait accepté car la demande avait été délicieusement formulée. Il avait vécu, pendant ces deux jours-là, des instants d’une tendresse et d’un érotisme sans pareils. Elle lui avait offert son corps avec une délicatesse et une pudeur si jolies, que Dylan était sorti de leurs préliminaires pratiquement aussi épuisé qu’après une série d’étreintes acharnées. Les gestes et les actes accomplis alors, par lui et par son amie, avaient été d’une beauté ainsi que d’un charme exemplaires.

Lydie jouissait comme une nymphomane en manque. Elle n’avait plus aucune humanité en elle. Elle n’avait plus rien d’attirant. Ecartelée sur son fauteuil, ses vêtements en désordre, elle râlait comme une bête au seuil de l’agonie tandis qu’elle malaxait sa poitrine exhibée, sans l’étincelle coquine, indispensable à l’offrande d’aussi belles collines.

Encore hier, Dylan avait connu le rare bonheur d’embrasser les mamelons de Sylvie. Ces superbes et succulents petits bourgeons sensibles, lui avaient été proposés par la jeune femme avec une joyeuse effronterie, enrobée d’une indicible poésie. Extrait magiquement d’un soutient gorge de haute-couture aux couleurs pastelles, les pointes lilas des deux superbes seins de Sylvie, avaient délicatement été conduites jusqu’aux lèvres expertes de l’acteur, sans aucune vulgarité. L’évocation de cet instant inoubliable, partagé entre l’amitié et l’amour qu’il portait à sa camarade de classe, rendait le beau blond fou de désir.

Lydie trépidante grogna :.

- Pénètre-moi ! Vas-y ! Je brûle ! C’est insupportable !

Il lui fallut faire un effort d’imagination, mais aussi puiser dans les fantasmes qu’il n’avait pas encore assouvis, malgré son métier, pour connaître une érection capable de satisfaire la demande de La garce.

Une fois qu’il était en condition, sans éprouver le moindre sentiment, Dylan avait la rare faculté d’accomplir un simulacre d’accouplement, des heures durant. Il conservait une raideur impressionnante de son phallus, même si la stimulation de son appétit sexuel était infime.
Il pouvait connaître des orgasmes multiples avec des femmes qu’ils appréciaient tendrement. Mais, avec une furie odieuse comme Sylvie, s’il parvenait à faire semblant de la désirer, il aurait beaucoup de mal à atteindre l’éjaculation.

Il enfila un préservatif avant d’écarteler sans concession la gourmande. Elle ne cria même pas. Elle grogna seulement comme une louve repue de viande. Lydie était bien trop heureuse de l’endurance montrée par Dylan. Le membre de ce partenaire exceptionnel était particulièrement robuste et emplissait le vagin de la furieuse. Les yeux fermés, jouissant comme une possédée, elle gémissait tandis que sa cyprine ruisselait abondamment, inondant le fauteuil et le tapis.

Durant trois heures, oubliant complètement qu’elle était en train de faire l’amour avec un homme et non pas avec une machine, elle se gorgea des allers et retours vigoureux qui lui ravageaient son bas-ventre. Tout à coup, elle eut envie d’assister à une belle éjaculation. Elle voulait savoir ce que pouvait fournir un étalon comme Dylan. Elle lui lança, non pas comme une requête admirative, mais comme un ordre donné à un esclave :

- Jouis maintenant ! En dehors de moi ! Je veux tout voir ! Dépêche-toi !

L’acteur eut un moment d’incertitude. Il était, moralement, hors de cette chambre, loin de cette fille. Il pensait à sa camarade de classe, aux baisers de celle-ci, à ses caresses coquines, si stimulantes et si innocentes à la fois. La demande de la garce le fit brutalement revenir dans l’atmosphère de performances sexuelles imbéciles et de coucheries sans saveur qui enténébrait la pièce.
Il fallait qu’il réponde à la supplique de cette dernière, pour la rendre amoureuse au point de lui faire perdre la raison. Il évoqua alors, le salut follement agréable dont l’avait gratifié Sylvie, quatre jours plus tôt. C’était le matin. Elle était venue lui apprendre l’invitation de Virginie. Il sortait de la douche. Elle avait alors posé ses lèvres sur les siennes, et, de sa main, elle lui avait flatté tendrement le pénis. Il n’avait même pas eu le temps de comprendre ce qui lui arrivait. La douceur de la beauté l’avait fait jouir de toutes ses forces. En fait, il l’aimait ! Elle était si délicieuse ! Depuis toujours, il l’avait portée dans son cœur ! Il se retira de Lydie. Il ôta le préservatif avec hâte, puis, l’esprit concentré sur le sourire de celle dont il venait de comprendre l’importance, il éjacula. C’est l’image de Sylvie et l’évocation de sa gentillesse qui venait de lui donner un immense plaisir.

Lydie s’était tournée vers Dylan quand elle l’avait senti quitter son vagin. Le retrait d’un tel membre l’avait alors soulagée savoureusement. Elle assista ensuite, avec un regard obscène et avide, à l’impressionnant jaillissement de sperme qui succéda à l’interruption de coït. La semence se répandit en jets chauds sur sa poitrine, son ventre et ses fesses qu’elle tendait ostensiblement au mâle intarissable comme une source de haute montagne.

Il ne faiblit pourtant pas. Toujours vigoureux, il mit un autre préservatif et, tenant la jeune femme gémissante de bonheur par les hanches, il la prit en levrette. Mais il n’était plus avec elle ! Il était tendrement enlacé par Sylvie et la couvrait de baisers. Lydie n’était plus qu’un écran blanc sur lequel se projetait, sans qu’elle le sache, un autre amour.
Demain, cette dernière subirait un brutal revers de fortune qui lui servirait de leçon, sans aucun doute…

Chapitre suivant : Une déclaration…