Le plaisir
Francis était assis dans le fauteuil du salon de Johanna. Il était pensif. Virginie suivait un stage à Dublin, pour deux semaines. Elle l’appelait tous les soirs d’Irlande. Elle se montrait chaque jour, attachée à lui. Mais, il avait peur.
Lydie participait à cette formation. Qui savait ce qu’elle serait capable de raconter à sa collègue pour nuire au mari de celle-ci ? Johanna vint s’asseoir près de son amant. Elle lui expliqua :
- Ne te fais pas de soucis. Je dois déjeuner avec ta Princesse, à son retour. Au moindre problème dont elle me fera part, j’interviendrai.
- Je le sais bien ma puce, dit-il. Mais ai-je le droit à autant d’attention de ta part, de celle de Sylvie mais aussi de ma femme ?
- Mais bien sûr que « oui », déclara-t-elle avec indignation.
- Tu parles, murmura-t-il. Je suis un vrai salaud. Quand je suis avec Virginie, je te trompe avec elle, quand je suis avec toi, c’est elle que je trahis. Enfin pour couronner ce beau tableau, j’ai eu le tact de penser à vous deux dans les bras de Sylvie. Et tout cela à cause de mon stupide besoin de tendresse.
- Mais que veux-tu y faire ? Demanda Johanna. Ta douceur et ta passion pour les câlins ne se soigneront pas avec un peu de bromure. Tu es insatiable. C’est exquis d’être adorée par un nounours comme toi. Aucune de nous, ne s’en plaint. Tu n’as jamais voulu quitter ta femme. Tu ne veux pas m’abandonner non plus. Sylvie t’a trouvé particulièrement délicieux pendant tes orgasmes.
Quand tu as perdu le contrôle avec elle, elle m’a raconté que tu étais à croquer alors que tu prenais toutes les précautions possibles pour te contenir. Non, je sais que tu ne peux rien faire contre ton besoin de donner du plaisir et d’en recevoir. Tu n’es pas coupable d’aimer deux femmes en même temps.
- Mais pourquoi est-ce si difficile ? S’interrogea Francis ?
- Il y a notre culture et surtout, l’image détestable qui, de plus en plus est attribuée aux rapports entre les hommes et les femmes, expliqua Johanna. Regardes ce qui se passait, il y a trente ans. La libération sexuelle était une mode. Les films pornographiques envahissaient les cinémas le samedi soir et il était de bon ton de faire l’amour à tord et à travers. Cependant, tout cela était artificiel. Il n’y avait que le « paraître » qui comptait. Le plaisir et le respect de l’autre, tout le monde s’en moquait. On s’accouplait car c’était dans l’air du temps. Mais à cette époque-là, combien d’hommes jouissaient à la demande de leur partenaire, simplement pour le plaisir de celle-ci ? Combien se préoccupait de savoir ce que ressentait leur compagne, lorsqu’il la pénétrait ? Depuis ce temps oublié, l’amour physique est pratiquement redevenu aussi condamnable et vulgaire qu’il l’était au temps de l’inquisition triomphante. Les corps des femmes et des hommes se cachent comme des objets de honte. Des extrêmes aberrants et dangereux font un retour en force dans tous les domaines : en économie, en religion, dans les sentiments et dans les activités sexuelles. Récemment, j’entendais une jeune femme qui expliquait à une de ses amies, dans le train, qu’elle détestait faire éjaculer son fiancé en le caressant car elle trouvait cela vulgaire et salissant.
Je t’avoue que j’ai eu souvent cette aversion avec certains de mes petits amis. Le fait de les toucher et de provoquer leur orgasme était plus une action mécanique qu’un échange. Avec toi, rien n’est pareil. D’un simple regard, je sais que tu as besoin d’être câliner. Dès que je te prends dans ma main, tu deviens adorable. Tu m’embrasses avec encore plus de tendresse. Tu gémis avec discrétion mais en éveillant ma joie de te donner du plaisir. Tu n’es pas égoïste Francis. Tu te donnes même lorsque tu t’empares de moi. J’aime l’amour avec toi et je suis fière que tu vives avec ton épouse les instants que tu vis avec moi.
- C’est étrange, dit l’ingénieur. Tu vis notre relation comme Virginie.
- Mais notre amitié amoureuse est totalement différente de tout ce que j’ai connu jusqu’ici, assura Johanna. Quant à ta femme, c’est son mariage qui est exceptionnel et je suis certaine qu’elle en est parfaitement consciente.
- Que se passerait-il si je lui avouais un jour notre liaison ? S’inquiéta Francis. Car, je ne pourrai pas lui dissimuler éternellement la nature de notre amitié.
- Tu me laisseras faire cet aveu moi-même, demanda Johanna. Je saurai quand et comment le faire.
Tout en parlant, la jeune femme s’était approchée, puis, assise aux pieds de son ami. Elle discutait désormais avec lui, la tête posée sur les genoux de ce dernier. Comme toujours, il était hypersensible et réagissait en tremblant au contact de sa maîtresse. Elle sourit. Elle avait compris que l’appel de la tendresse perturbait son partenaire.
Elle le connaissait bien maintenant. Mais l’aspect physique de leur relation était encore plus excitant qu’au début. Par un regard, un tremblement, un soupir, un geste de la main, ils se comprenaient. Johanna portait une petite jupe très courte qui mettait en valeur ses longues jambes de biches, coquinement glissées dans des bas élégants. Son chemisier soulignait le galbe parfait de ses seins et l’échancrure du vêtement, permettait à son ami d’apprécier sans dissimulation la splendeur de sa poitrine.
Francis était habillé d’un superbe costume dont il avait quitté la veste. Il avait aussi, sur lui, une belle chemise ainsi qu’un foulard de soie dont émanaient les effluves d’un parfum de qualité. Ses yeux verts pétillaient sous les caresses de la jeune femme. Cette dernière lui câlinait tendrement la cuisse à travers le pantalon de tweed.
Elle avait une douceur infinie qui émanait de ces gestes lorsqu’elle s’apprêtait à apporter le plaisir. Son partenaire, dans ces moments-là, glissait alors avec délice vers un état second où habituellement, il redoublait d’attention et de prévenance à l’égard de son amoureuse alors que déjà, naturellement, il avait un comportement très délicat, vis à vis d’elle.
Johanna se régalait de la plénitude qui allait accompagner le désir et la satisfaction de ce dernier. Elle voulait caresser puis embrasser Francis afin de le faire sombrer dans un abîme de sensations épuisantes et enivrantes. Prendre possession de cet homme avait des effets magiques sur la jeune femme. Elle assouvissait, avec lui, toutes les facettes de sa personnalité.
Elle pouvait être en même temps maternelle, amicale et enfin amoureuse. Sa sensualité explosait quand elle s’unissait avec cet amant. De plus, ils avaient tous deux tant de moyens d’échanger leur amour. Elle n’agissait jamais deux fois de la même façon avec lui.
Sa main remonta vers le membre sexuel de Francis dont elle voyait la forme se dessiner sous le tissus de son pantalon. Elle se mit à le câliner à travers sa protection de toile. La jeune femme savait qu’il appréciait cet attouchement, tant qu’il était accompli sans vulgarité. Jadis Johanna avait été parfois obscène, pendant les instants les plus torrides qu’elle vivait avec ses premiers petits amis. Ces derniers lui réclamaient souvent des exclamations crues pendant l’amour afin d’accroître leur excitation. Avec Francis, dès la première nuit qu’ils avaient partagée, elle avait découvert l’inutilité des halètements, des grognements et des phrases d’encouragement grossières qui motivaient habituellement ses anciens partenaires
Avec lui, les râles exprimant un mélange de douleur et de soumission devenaient des soupirs de satisfaction sensuelle, des ronronnements caressants. Les exclamations vicieuses étaient avantageusement remplacées par des mots doux, des compliments coquins, pourtant poétiques mais aussi d’interminables baisers donnés comme autant de friandises sucrées.
Elle pensait à tout cela tout en massant délicatement la hampe de Francis devenu rigide comme une colonne de fer. Elle le regarda. Il était beau avec ses yeux fermés, ses lèvres entrouvertes qui tremblait sous la jouissance provoquée par la sollicitation.
Johanna s’aperçut qu’inconsciemment, elle avait sortit la verge de son amant afin de la blottir dans la paume de sa main, sans obstacle. Il fallait maintenant qu’elle soit particulièrement habile pour ne pas déclencher une éjaculation trop rapide de son ami. Elle souhaitait l’exciter longtemps afin, justement, que l’orgasme de ce dernier et le sien, se confondent et soient volcaniques.
- Je vais te mettre à l’aise mon Prince, fit-elle.
Tout en continuant, d’une main, à frôler tendrement la virilité de son amoureux, elle déboutonna la chemise de celui-ci puis dénoua son foulard. Elle en profita pour frôler la peau et la toison sensible du torse musclé qu’elle dénudait.
- C’est trop bon ma puce ! Soupira-t-il. Je t’en supplie. Vas doucement sinon je ne pourrais pas te résister.
Johanna sourit en le voyant mordre ses lèvres pour ne pas crier. Elle avait sentit le pénis se dresser encore plus fort sous sa main. D’un geste rapide et précis, elle déshabilla complètement son amoureux, puis, elle recommença la langoureuse masturbation en l’accompagnant de baisers sur l’intérieur des cuisses, les testicules et le ventre.
- Non… Je t’en supplie ne pose pas tes lèvres aussi fort ici… C’est un supplice, tu vas me faire partir trop tôt… Tu es trop délicieuse… Disait Francis, tombé corps et âme sous le charme de sa partenaire.
Quant à elle, elle avait atteint un point d’excitation extrême. Ses jolis seins pointaient avidement dans son soutien-gorge et leur bourgeon se brûlait contre le tissu pourtant si doux de sa lingerie. Les lèvres de son intimité étaient trempées. La cyprine imprégnait son petit slip d’une rosée rafraîchissante.
- Pardonne-moi, un instant, dit-elle à Francis. Elle interrompit son câlin un cours moment, afin de retirer son chemisier et de dégrafer son soutien-gorge.
Francis avait récupéré un peu de lucidité. Il avait réouvert les yeux. Il vint l’aider d’abord à ôter son vêtement, puis, à la demande de la jeune femme dont la respiration s’accélérait et dont les phrases étaient plus courtes tout en étant plus amoureuses, il lui libéra la poitrine qu’il embrassa aussitôt avidement.
Elle adorait sentir la bouche de cet homme sur sa peau. Elle cria presque. Elle lui demanda alors entre deux soupirs.
- Mon bébé retire-moi ma jupe et mon slip, ils me brûlent. Vite, mon Prince, je n’en peux plus…
Tandis que la bouche de Francis se posait sur son ventre, elle sentit ses derniers vêtements glisser le long de ses jambes puis s’affaisser en chiffon moelleux sur le sol. Elle n’avait plus que son porte-jarretelles et ses bas résilles sur elle.
Son amoureux approcha alors ses lèvres de celles, adorablement roses et luisantes de plaisir du sexe de sa délicieuse maîtresse. L’ingénieur n’avait pas encore commencé ce baiser intime, que Johanna fut secouée par un premier orgasme torride.
Elle en trembla tout en jouissant, entre les bras de Francis.
Debout devant lui, elle le laissa s’abreuver à son adorable petit sexe en lui caressant les cheveux. Elle sombrait dans les gouffres d’un plaisir au-delà de toute description et de toute imagination. Elle tirait toutes ces sensations merveilleuses des baisers mais aussi de l’attitude de Francis. Ce dernier en la serrant contre lui et contre sa bouche l’aimait dans tous les sens du terme. Il la dévorait par gourmandise, il la caressait pour la joie qu’il tirait de celle éprouvée par sa partenaire, il était doux dans les actes les plus intimes des rapports physiques car, il la respectait pour toutes les attentions qu’elle lui montrait.
Comme d’habitude, Johanna ne sut pas combien de temps elle reçut ces hommages de son amant. Elle retrouva sa lucidité après une longue chute planée au-dessus du territoire ouaté et confortable des orgasmes, totalement épuisée, au bord de l’évanouissement, une jambe relevée et appuyée sur le canapé tandis que Francis embrassait toujours plus goulûment son intimité. Elle n’en pouvait plus. Elle lui demanda entre deux soupirs :
- Je t’en prie, je veux m’asseoir un instant, je vais tomber.
Effectivement, elle tremblait tout en se jetant sur le siège, nue, trempée de transpiration. Sa bouche sensuelle était contractée par le trouble étrange que lui amenaient le besoin de se donner encore à Francis et la nécessité de récupérer un peu d’énergie avant de se recommencer la conquête du plaisir.
Il s’installa près d’elle, l’esprit perdu dans les vapeurs de la félicité. Il la prit sous son bras. Elle vint se blottir avec reconnaissance contre lui.
Mais, alors qu’elle croyait être complètement repue, elle réalisa qu’il lui manquait encore une sensation avant d’être totalement apaisée. Elle glissa sa main vers le phallus de son amant tout en lui couvrant de baisers le visage. Depuis le début de cette soirée, il était en érection et son état s’était affermi d’heure en heure. Elle découvrit, en le caressant qu’elle pouvait le masturber avec des mouvements gracieux, excitants, tant il la désirait. Elle finit même, dans le feu de l’action par se pencher sur lui et presser sa bouche chaude sur la base de la verge et sur les testicules sensibles.
Tout à coup Francis, le souffle court, ses mains jouant avec les cheveux de Johanna, se contracta et lui cria une jolie exclamation amoureuse :
- Ma déesse… Je t’aime… Tu vas me tuer à coup de tendresse !
Les yeux levés vers le visage de son amant, les lèvres posées sur la base du solide membre sexuel de ce dernier, la merveilleuse Johanna assista, une fois de plus à un impressionnant jaillissement de semence, provoqué par amour, par une amitié exceptionnelle entre un homme et une femme.
Alors que Francis jouissait de toutes ses forces en lui murmurant des mots tendres, elle sentit une contraction lui inonder le ventre, la poitrine ainsi que son vagin d’une chaleur bienfaisante. Elle accompagna cette irradiation d’un long gémissement de bien-être étouffé par un baiser fougueux sur le pénis de l’amoureux.
Tout en sombrant dans le sommeil, elle eut un dernier plaisir, venu du ruissellement de sa cyprine tiède le long de ses cuisses. Johanna était comblée…
Chapitre suivant : Echec…