L’aveu
Le travail du jeune homme devait durer une semaine. Lydie, était repartie le matin-même de son échec, sans savoir qu’une autre femme avait profité des délices provoqués par son piège perfide.
Elle avait posé des congés car elle pensait demeurer sept jours à Perpignan, en compagnie de Francis. Elle avait voulu en faire son amant, puis, petit à petit, le séparer de sa femme. Sa déception était grande. Il lui avait résisté inexplicablement. Dans cette aventure, elle était non seulement humiliée du rejet de cet homme alors qu’il était surexcité sexuellement, mais de plus, elle ne digérait pas l’aisance financière à laquelle elle devait renoncer en ratant la séduction d’un tel parti.
Elle avait décidé de se venger dès qu’elle rentrerait au travail. Elle trouverait bien une maîtresse à Francis et elle la dénoncerait à Virginie. Celle-ci quitterait ce prétentieux qui n’avait pas voulu d’elle. Ainsi, il perdrait tout.
Ce qu’elle n’avait pas prévu, c’est que la maîtresse de l’ingénieur soupçonnait bien la réaction qu’aurait la jeune femme frustrée. Elle se préparait à intervenir, pour sauver le couple de son amant, si la garce tentait de lui nuire.
Sylvie et Francis ne renouvelèrent pas la délicieuse nuit qu’ils avaient partagée. Par contre, ils mangèrent ensemble deux soirs de suite, avant qu’elle ne remonte à Paris. Elle ne cacha pas son admiration pour cet homme qui lui avait donné une belle démonstration d’amitié et de tendresse en même temps. Lui, exprima sa reconnaissance pour la chaleureuse intervention de la beauté, qui lui avait épargné une longue nuit de souffrance et une pénible semaine de frustration.
En arrivant chez elle, elle invita aussitôt Johanna à passer la soirée en sa compagnie. Elle voulait la rassurer et lui prouver, une fois de plus, qu’elle méritait la confiance que lui donnait, sans compter, sa camarade de longue date.
Sylvie ne cacha rien de la nuit qu’elle avait passée avec Francis. Johanna sourit en écoutant le récit. Elle comprit qu’une estime étonnante s’était construite entre son amant et son amie. Cependant, rien de malsain ou bien de dangereux pour elle et Virginie ne se dessinait à la suite des douceurs que Sylvie avait échangées avec l’ingénieur.
Elle découvrit aussi la perfidie de Lydie dans les explications que lui donnait sa camarade. Car enfin, ce garçon accordait aisément sa confiance et son amitié aux femmes, tant qu’il ne devinait pas de mauvaises intentions dans leurs manœuvres, fussent-elles très coquines. Pour qu’il ait refusé les avances d’une beauté comme la collègue de Virginie, cette dernière devait être particulièrement malfaisante.
Les deux jeunes femmes décidèrent de surveiller cet homme qui était devenu, sans le vouloir, leur protégé. Il était aussi solide que fragile en raison de sa dépendance à la douceur et à l’amour. Il en réclamait tant et avec une telle véhémence, qu’elles avaient une furieuse envie de lui offrir toute leur amitié. Il le méritait car il leur avait apporté une autre vision du désir.
Le seul moyen de contrer les attaques qu’était capable d’organiser Lydie contre le couple de Francis et Virginie était de surveiller attentivement les moindres réactions de doute ou bien d’inquiétude qui assombriraient la vie de l’épouse comblée. Cela serait facile pour Johanna car elle avait gagné sa camaraderie. Au premier nuage, la maîtresse ouvrirait son cœur à la femme, quitte à avouer les relations qu’elle entretenait avec l’ingénieur. Elle démontrerait ainsi sans peine, à Virginie que ce dernier ne pouvait pas agir autrement qu’en offrant son intarissable surplus de câlins à une amie, mais qu’en aucun cas, il ne souhaitait quitter son adorable conjointe.
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