In Libro Veritas

L'esclave de la tendresse

Par Guy Richart

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Table des matières
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Plan d’urgence


Johanna assise sur son lit écoutait le récit de son amant avec attention. Elle le connaissait bien. Ce qu’il lui disait, il ne voulait pas l’apprendre à sa femme car, elle aurait éprouvé de la peine pour son époux et de la colère contre Lydie.

Sa maîtresse, en tant que confidente, comprenait la détresse de son dévoreur de tendresse. Elle était malheureuse aussi de l’état dans lequel ce dernier se retrouvait, mais au moins, elle ne risquait pas de croiser Lydie et de lui arracher les yeux tous les matins, dans le cadre de son travail.

Johanna pensait très vite. Son amoureux était sous l’effet d’un puissant aphrodisiaque que lui avait dilué subrepticement, la perfide Lydie, dans son café. Rien d’autre que la vraie douceur d’une amie ne pourrait calmer le garçon insatiable. Alors, elle eut une idée. Virginie et elle, étaient à 1000 kilomètres de lui. Elles ne pouvaient rien faire cette nuit. Mais, Sylvie Seigneur, réellement par hasard, se trouvait à une heure et demi de route de Perpignan, dans un petit village de pécheurs de la frontière espagnole. Johanna avait une confiance illimitée dans son amie, elle décida de lui demander de l’aide…

Francis ne parvenait pas à fermer l’œil. Les images des corps splendides de sa femme et de sa maîtresse venaient sans cesse l’effleurer dans ses somnolences, affermissant son colossal désir ainsi que son érection granitique. Il souffrait beaucoup de cette envie d’amour, provoquée artificiellement. Il ne pardonnerait jamais cette tentative d’appropriation de Lydie. Tout à coup, il entendit qu’on frappait silencieusement à sa porte.
Il s’approcha sans faire aucun bruit et reconnut avec soulagement mais aussi surprise, la voix basse de Sylvie qui lui expliquait :

- Francis, c’est moi Sylvie. Je suis venue après un coup de téléphone de Johanna. J’étais heureusement, à moins d’une heure de Perpignan.

Il ouvrit la porte et laissa pénétrer la sympathique jeune femme dans sa chambre. Il portait un pyjama avec une robe de chambre qui dissimulait tant bien que mal son état. Il fut un instant mortifié mais, le sourire amical de Sylvie le rassura :

- Ne vous en faites pas, expliqua-t-elle, je suis là par amitié, pas par calcul. Je vous respecte beaucoup et je suis au courant de votre liaison avec Johanna. Je connais votre dépendance à la tendresse et j’ai compris le piège dans lequel vous venez de tomber.

- Mais en dehors de dispenser votre gentillesse, que pouvez-vous faire pour moi ? Demanda l’ingénieur.

- Dans votre situation, dit-elle avec sérieux, vous avez besoin d’une amie sincère qui ne considère pas tous les hommes comme des brutes avides de sexe. Pour moi, apporter ma douceur par amitié ne pose aucun problème.

Elle lui demanda de patienter un instant et entra dans la salle de bain afin de se rafraîchir. Elle s’y prépara à passer la nuit en compagnie de l’ingénieur. La fragrance du parfum de Francis et la peau ridée des doigts de celui-ci indiquaient clairement qu’il avait dut prendre plusieurs douches froides dans l’espoir de se calmer.


Lorsqu’elle ressortit du confortable cabinet de toilette, elle portait une jolie nuisette. Elle vint s’asseoir près du garçon qui l’attendait, installé sur le bord du matelas. Il déclara, en découvrant, la beauté de Sylvie :

- Je vous laisserai le lit et j’irai dormir dans le fauteuil.

- Pas question, répondit-elle. Johanna a été très claire sur le service qu’elle m’a demandé. Je ne suis pas ici pour vous affecter encore plus que ne l’a fait Lydie. Je suis venue pour vous apaiser par ma présence et ma tendresse Francis.

Elle lui prit la main et l’invita à venir poser sa tête sur son épaule. L’excitation qui faisait souffrir le jeune homme, depuis son retour à l’hôtel, cessa brutalement d’être douloureuse. La peau parfumée de son amie contre sa joue, les longs cheveux de cette dernière qui venaient lui frôler le visage, lui apportaient un début de satisfaction non négligeable.

Sylvie sourit en sentant la formidable musculature de Francis se détendre à son contact. Sa camarade avait été précise en lui demandant d’intervenir. Elle lui avait bien expliqué que son amant ne chercherait pas à la culbuter sur le lit comme le ferait la plus part des hommes. Mais, Sylvie avait aussi bien compris et accepté qu’une formidable dose de câlins lui serait offerte par le jeune homme assoiffé de tendresse.

Elle recevrait celle-ci comme une offrande, un don précieux.

Francis était maintenant perdu dans la chevelure de Sylvie. Il tremblait de tous ses membres et se gorgeait de la féminité distillée par la beauté. Elle avait entouré, tant bien que mal, les vastes épaules du son partenaire d’un bras et l’avait attiré contre elle :

- Quitter votre robe de chambre et votre pyjama, vous serez bien mieux, proposa-t-elle.

- Je suis gêné, commença-t-il…

Elle ne le laissa pas parler plus et commença à lui retirer ses vêtements avec délicatesse. Tout en ôtant avec lenteur les affaires elle expliqua :

- Il faut que vous ne pensiez plus à rien. Vivez l’instant présent comme si j’étais Virginie ou bien Johanna.

L’ingénieur se calmait, mais son désir rendait sa peau hypersensible. Aussi, chaque fois que la main de Sylvie frôlait son bras ou bien sa jambe, il ne pouvait retenir un gémissement. Comme le lui avait expliqué sa camarade, cet homme était un amant merveilleux de douceur. Le posséder, même pour une seule nuit, était un trésor inestimable.

Quand il fut nu, elle le trouva encore plus beau. Au bord de l’éjaculation, il restait digne et ne montrait aucune vulgarité. Elle posa ses lèvres sur la joue de ce dernier. Il prononça une phrase qui exprimait le bien-être avec aussi, l’augmentation de son envie d’aimer :

- Mon Dieu, que vous êtes douce…

- C’est pour cela que Johanna m’a confié cette délicate mission, affirma-t-elle...

Elle prit l’extrémité du pénis de son partenaire dans la paume de sa main et le caressa légèrement. Il soupira de bonheur. Son érection se fit encore plus violente mais, il ressentait cet attouchement comme une libération et non pas comme une sollicitation.

- Vous êtes adorable, annonça-t-elle. N’importe quel autre mâle me supplierait de me laisser pénétrer à votre place. Vous, vous me souriez aux anges et vous vous montrez de plus en plus respectueux, alors que je prends possession de votre intimité.

Elle l’embrassa dans le cou tout en le masturbant avec précision. Il buvait cet instant. Il était rare de pouvoir partager un tel plaisir avec une femme comme Sylvie. Elle ne voulait pas que cela se termine trop vite. De toute manière, Johanna l’avait avertie qu’elle en prenait pour la nuit.

Si Francis sentait enfin son désir se canaliser sous les caresses de la jeune femme, elle avait pratiquement atteint la rive de son premier orgasme. Car elle appréciait pleinement le début de cet incroyable instant érotique. Elle se demandait comment Lydie avait pu jouer d’une telle cruauté avec un homme comme celui-là.

Tout à coup, elle sentit sa main soulevée par une contraction du phallus qu’elle flattait. Elle crut que Francis allait jouir. Elle se laissa aller, elle- aussi. Elle ressentit un orgasme encore plus délicieux et plus profond que celui qui avait conclu son dernier rapport complet avec un homme. Elle devait bien admettre que l’amant de Johanna était magnifique pendant l’amour. Il embrassait sans cesse les épaules, le nez les lèvres de sa partenaire.
Il lui disait des mots tendres, encourageant, jamais odieux.

Quand elle l’entendit gémir aussi, elle crut qu’il l’avait rejoint dans le plaisir. Mais non, il essayait encore de se retenir. Elle lui dit alors :

- Donnez-vous ! N’hésitez pas ! Nous avons toute la nuit pour recommencer.

Motivé par les mots de Sylvie, l’ingénieur éjacula sans retenue. L’effet de cet jouissance était particulièrement spectaculaire et excitant pour elle. Elle tourna son visage vers le sien et l’embrassa sur les lèvres, tandis que des sursauts de plaisir l’ébranlaient encore.

- Vous ne vous êtes pas masturber avant que j’arrive, Francis ? Demanda-t-elle. Cela vous aurait apaisé un peu.

- En général, je ne tire aucune satisfaction des jeux solitaires, répondit-il. Je ne pratique l’onanisme qu’à la demande de mes partenaires. Dans ce cas-là, si elle apprécie de m’observer, je jouie aussi. Autrement, je n’arrive pas à atteindre la concentration nécessaire, avoua-t-il.

Sylvie sourit. Tout en lui parlant, Francis lui donnait de doux baiser sur son cou, sur ses bras et sur ses jambes. Elle le sentit attarder ses lèvres sur ses cuisses. Elle frémit de bien-être et s’attendit à ce qu’il aventure sa bouche experte plus haut sous la tunique de la nuisette. Son joli petit string, ne représentait pas un obstacle bien sérieux aux bisous que souhaitait lui donner le garçon. Elle regardait avec délectation les yeux brillants de ce dernier et son hésitation nerveuse.
Mais, il ne se décidait pas à franchir le pas. Elle lui glissa avec tendresse :

- J’ai choisi cet ensemble pour vous, en fonction de ce que m’a laissé comprendre Johanna. M’aurait-elle mal expliqué votre péché mignon. Je croyais que vous adoriez donner des baiser à l’intimité de vos amoureuses. Ne vous régalez-vous pas de ce don, comme d’un enfant le ferait d’un pot de miel bien sucré.

Elle bascula sur le lit, puis, s’adossant sur l’oreiller, elle invita Francis au festin d’un sourire. Certes, Johanna lui avait dit seulement que son amant accomplissait les baisers intimes avec une douceur, une fièvre ainsi qu’une passion éblouissante. Mais, elle avait oublié de préciser qu’il était si délicat dans cette activité et si endurant, qu’elle sortait généralement épuisé des deux ou trois heures de la langoureuse séance.

Sylvie réalisa le moment de bonheur qu’elle allait connaître, dès les premières minutes de l’offrande. Quand les mains de l’ingénieur se mirent à lui câliner son dos, son ventre, ses fesses avec ferveur, tandis que les lèvres de ce dernier la transportait dans un autre monde en engloutissant, comme de délicieux bonbons ses lèvres vaginales ainsi que son soyeux clitoris. Elle faillit s’évanouir. Entre deux gémissements, elle supplia :

- C’est trop fort dès le début, je ne vais pas tenir assez longtemps si tu continues comme ça.

Mais elle se trompait, elle jouit toute la nuit… Dans une demi-torpeur, accablée de plaisir, elle atteignit l’aube sans avoir dormi une minute. Lui, multiplia ses éjaculations tant il aimait se donner ainsi à une femme. Chaque fois, il reprenait ensuite ses caresses et ses baisers sans faiblir…

Quand ils tombèrent tous les deux de sommeil, Sylvie était comblée, Francis calme et serein. Ils ne se réveillèrent qu’à quatre heures de l’après midi.

Chapitre suivant : L’aveu