In Libro Veritas

L'esclave de la tendresse

Par Guy Richart

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Table des matières
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La trahison


Francis était assis sur son fauteuil préféré. Les yeux dans le vague, un verre de whisky à la main, il paraissait préoccupé.

Virginie entra dans le salon, s’approcha de son mari et lui posa un baiser sur les lèvres. Elle le voyait, étrangement inquiet et se demandait quelle pensée pouvait le rendre aussi songeur.

La soirée s’était bien passée. Elle avait invité quelques amis à dîner et les conversations avaient été sympathiques. Son époux, avait montré beaucoup de gaîté jusqu’au départ des convives. L’une des dernières personnes à quitter le couple avait été cette jolie collègue de Francis, Johanna, qui s’était montrée adorable avec Virginie. Toutes les deux s’étaient bien entendues et elles avaient passé une bonne partie de la réception à parler entre elles.

Lydie, était partie juste après l’assistante de Francis, laissant le couple enfin seul après cette longue soirée. Comme Virginie l’avait prévu, cette petite beauté avait été subjuguée par son mari. Ce dernier ne laissait aucune « vraie » femme indifférente. Il possédait une telle aura de douce virilité. La plus grande partie des amies célibataires du couple, appréciaient l’ingénieur. Elles adoptaient avec lui une attitude de gentillesse inouïe car elles sentaient, toutes, la tendre sensualité émanant du jeune homme. Sans vouloir blesser Virginie, quand elles avaient l’occasion de rencontrer le merveilleux mari de celle-ci, elles profitaient fugacement, le temps d’une conversation et d’un regard échangé, du bonheur de cette épouse comblée.

Virginie n’était pas dupe, bien qu’aucun geste et aucune parole significative n’aient été échangés entre Johanna et Francis, pendant la réception, elle avait ressenti la complicité intense qui régnait entre son conjoint et sa collègue. Mais, elle n’avait rien perdu de la confiance qu’elle mettait en son mari aimant. Certes, elle savait désormais d’où venait la fougue amoureuse et l’explosion de tendresse, toujours plus intenses, sous lesquelles elle succombait, chaque nuit, depuis plusieurs mois. Pourtant, sa rencontre avec Johanna lui avait confirmé que de ce côté, son couple n’était pas en danger.

Alors, d’où venait l’embarras de Francis ? Il connaissait sa femme. Elle était assez subtile pour avoir deviné la force de l’amitié tendre qui le liait à son assistante, craignait-il que cette rencontre avec l’adorable informaticienne ait semé une ombre dans le bonheur de Virginie ? Comment faire comprendre à son homme, dépendant, sans aucune possibilité de sevrage, à la douceur physique, qu’elle ne lui en voulait pas. Elle risquait de commettre l’erreur de lui donner à penser, à tord, qu’elle était indifférente aux éventuels câlins extra-conjugaux reçus quelques fois par ce dernier. Or, rien n’était moins vrai, mais, tant qu’elle le sentait de plus en plus attaché à elle, de plus en plus avide d’elle, elle ne pouvait pas le contraindre à une abstinence qui l’aurait rendu trop malheureux. De plus, Virginie avait parfaitement apprécié Johanna et la savait trop attachée à des valeurs oubliées comme la loyauté, le respect et surtout l’honnêteté, pour ne pas détruire un couple heureux.

En attendant, la charmante maîtresse de maison ignorait comment interroger son époux pour soulager la conscience de ce dernier et le rassurer aussi. Soudain, Francis se tourna vers son épouse et lui dit :

- Tu n’as pas remarqué quelque chose qui m’a ennuyé un peu, Virginie ?

- Non, fit-elle. Elle préférait qu’il formalise lui-même le fond de son souci, il fallait qu’elle joue le rôle de la personne candide, pour l’obliger à parler sans le brusquer.

- Tu n’as pas été surprise par le comportement de Lydie ? Reprit-il.

Là, elle ne s’attendait pas à cela.

- Elle a été charmante mais elle en faisait trop avec moi, j’étais vraiment gêné, déclara Francis. Habituellement quand une de tes amies joue le jeu de la séduction avec moi, elle le fait pour se détendre et sans malice à notre égard. Avec Lydie, les sollicitations étaient en même temps plus innocentes sur la forme et plus torrides sur le fond.

Virginie s’attendait à tout autre chose. Elle pensait qu’un aveu au sujet de Johanna lui serait fait par son mari. Mais, c’était l’attitude de dragueuse enfantine affichée par la petite blonde qui laissait l’impression au charmant garçon d’être en porte à faux tandis que les doses très sensibles de phéromones répandues pas Johanna lorsqu’elle frôlait Francis, n’affectait apparemment pas celui-ci.

Surprise, elle se souvint tout haut :

- Je me demandais pour quelle raison tu n’étais pas allé la raccompagner ce soir ?

- Et bien voilà, je ne l’apprécie pas, avoua-t-il. Quelque sentiment caché, que je devine dans son esprit, me la rend insupportable.

- Je vais me méfier d’elle à présent, assura Virginie. Je l’appréciais beaucoup mais, comme tu es tellement sensible que tu fais la pige au plus sophistiqué détecteurs de mensonges, je vais religieusement tenir compte de ton impression.

Elle prit son époux dans ses bras et lui donna encore un torride baiser, lui dévorant les lèvres avec appétit. Elle ne voulait pas le troubler plus qu’il ne l’était déjà. Elle n’insista donc pas en essayant de le faire parler de Johanna. Cela viendrait plus tard. Ils avaient tout le temps pour se déclarer leurs secrets.

Pendant le déjeuner, Sylvie Seigneur avait parlé avec son amie de la soirée chez Francis. Cette dernière avait évoqué la douceur et la beauté de Virginie.

La jeune femme comprenait encore mieux la relation qui liait l’amant de Johanna à sa femme et à sa maîtresse. Un homme comme lui pouvait ainsi se donner sans aucun problème à deux femmes aussi sensuelles. D’ailleurs, les amoureuses étaient tellement semblables, sur le plan moral, que, loin de se détester, elles étaient devenues de sincères amies au cours de la réception.

Sylvie évoqua un instant la fougue et la tendresse que devait posséder Francis pour donner autant de bonheur et de joie aux deux beautés. Elle connaissait bien Johanna et si cette dernière n’était pas du tout frivole, elle avait un appétit inassouvissable pour la douceur. Pourtant, elle avait souvent avoué à sa camarade que Francis la comblait de gentillesse et de plaisir au point de l’épuiser complètement. Au cours de la soirée évoquée par Johanna, Virginie, avait paru nager dans la sensualité en présence de son époux. Alors, il fallait n’avoir aucune imagination pour ne pas comprendre quelle bombe d’amour était cet homme.

Sylvie s’installa sur un grand canapé moelleux dans son salon. Elle venait de rentrer de son travail et la chaude soirée de printemps la rendait songeuse et câline. Elle aussi attendait l’apparition de celui qui serait son « Francis ». Mais elle avait décidé de le faire patiemment. Pourtant, elle devait bien admettre que ce soir-là, sa conversation avec Johanna, l’avait excitée. Les deux jeunes femmes n’avaient fait aucun écart vers l’aspect intime de la liaison dont elles avaient parlée. Non, ce n’était pas un besoin physique qui émoustillait délicieusement Sylvie. C’était l’évocation de toute cette grande réserve de caresses dont l’amant de Johanna était l’heureux possesseur.

La jolie jeune femme se trouvait réellement sous l’effet d’un désir joyeux, sans obscénité. Elle décida de vivre cet instant d’intimité avec toute la distinction mais aussi la spontanéité qui la caractérisait. Elle se leva puis alla fermer la porte de son appartement. Elle vérifia soigneusement que les rideaux étaient tirés et la protégeaient des regards indiscrets.
Quand elle se sentit parfaitement en sécurité, elle revint vers le canapé puis, après avoir ôter avec lenteur ses petites chaussures à talon, elle s’y installa de nouveau confortablement.

Sylvie portait un chemisier de soie très fin. Elle avait aussi une jupe de haute couture, courte, qui laissait ses superbes jambes se déployer interminablement dans leurs bas résilles. Elle était attirante sans être vulgaire. Elle commença par clore ses yeux puis se concentra afin de retrouver le fil des pensées qui l’avait conduite à établir l’ambiance érotique régnant maintenant dans son salon.

Elle évoquait le grand Francis et le regard d’enfant, brillant de passion que ce dernier posait sur Johanna mais aussi sur son épouse, sans aucun doute. Elle l’avait souvent surpris, l’éclair de feu qui jaillissait des yeux du bel homme en présence des femmes qu’il aimait.

Sylvie sentait son corps se tendre adorablement. Son ventre, son dos, ses seins et ses jambes étaient sensibles. Les légers vêtements qu’elle portait lui laissaient l’impression d’une caresse à chaque fois que son cœur battait et poussait le sang dans son corps éveillé par le désir.

Elle revoyait le solide corps de l’amant de Johanna. Dans son souvenir, elle sentait le doux parfum de ce dernier. Elle essayait de se représenter le spectacle ses muscles et de son large torse, quand il quittait son élégante chemise de soie blanche. Sylvie soupira doucement, elle avait très chaud. Ses joues étaient en feu maintenant. Alors, elle entrouvrit son corsage tendu par le plaisir.
Son fin soutien-gorge pressait doucement ses mamelons et lui procurait une joie délicate. La sensation de liberté, accompagnant le déboutonnage de son chemisier, augmenta son excitation, la menant déjà au bord du premier orgasme.

Les yeux toujours clos, les lèvres si joliment entrouvertes sur ses dents blanches, serrés par la concentration, elle décida de penser à de plus fortes images. Elle se voyait torse nu, sa belle poitrine généreusement offerte à Francis. Il la prenait dans ses bras passionnément, tout en appuyant les bourgeons des superbes collines d’amour de la jeune femme contre la toison douce recouvrant ses pectoraux de guerrier spartiate.

Cette fois, la sensation fut enivrante. Sylvie gémit avec dignité mais, elle ne put retenir un léger cri de plaisir. Ses mains passèrent, malgré elle, sous sa jupe. Ses doigts saisirent l’élastique de son string et firent glisser le sous-vêtement sur les jambes de la beauté. Quand son intimité fut libérée de sa jolie petite culotte, la jeune femme explosa de plaisir. Elle sentit son buste inondé par une vague de chaleur qui déferla avec véhémence depuis son ventre jusqu’au bout de ses bras. Sylvie fut ensuite prise de tremblements et ses jambes flageolantes s’écartèrent malgré elle pour apporter une fraîcheur apaisante à son intimité ruisselante.

Cela ne lui arrivait pas souvent de se masturber, mais aujourd’hui, en faisant l’amour avec une simple pensée, elle avait éprouvé un orgasme volcanique. Elle n’en revenait pas.
Elle quitta son salon et gagna vers la salle de bain pour y retirer ses vêtements, prendre une douche et enfiler un des déshabillés élégants qu’elle portait habituellement le soir. Quand elle fut entièrement nue et qu’elle se glissa sous le jet bienfaisant de la pommette, elle eut la surprise de jouir encore une fois profondément. Décidément, elle appréciait beaucoup Francis.

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