Inquiétude et sincérité
Johanna arriva chez elle vers dix-huit heures. Elle fut accueillie à la porte de sa maison par son amie la plus proche qui était venue la saluer à son retour de voyage.
Elles entrèrent toutes les deux, puis, après quelques préparatifs, elles s’installèrent dans le salon, devant un café, papotant au sujet de leur semaine. Johanna semblait heureuse mais totalement épuisée. Son amie, Sylvie Seigneur, tenta d’élucider la petite mine de sa complice en l’interrogeant :
- Il paraît que vous avez fait des merveilles, toi et l’ingénieur en imagerie, là-bas. Vous avez du bosser comme des malades. Tu sembles complètement hors-service.
- Pour travailler, nous avons fait des journées de quinze heures et je manque de sommeil comme jamais j’en ai manqué, avoua la jeune femme.
- Tu ne parvenais pas à récupérer la nuit ? Insista malicieusement, Sylvie.
- De toute façon tu finiras par tout savoir, constata Johanna. Je vais te raconter mais promets-moi de ne rien répéter à qui que ce soit. Son interlocutrice lui fit un signe affirmatif et comme l’assistante en imagerie avait complètement confiance, cette dernière expliqua. Voilà, Francis, l’ingénieur avec qui j’ai travaillé est un type marié qui possède toutes les qualités. Il est beau, doux et sincère. Il aime son épouse mais il est aussi une véritable bombe de tendresse. Il est toujours près à fondre pour une parole douce ou bien un compliment. Il est tout simplement esclave de la douceur et de l’amitié des femmes. Je ne sais pas comment, mais j’ai craqué.
Nous avons passé les cinq dernières nuits de notre séjour là-bas, ensemble. Ho ! Nous n’avons pas fait l’amour ! Ne me regarde pas comme ça ! Je le respecte trop ! J’ai dormi avec lui et il m’a embrassée, caressée puis bercée des heures durant. En fait, je n’ai pas cessé de jouir sous ses lèvres et ses mains, au long de toutes les nuits que nous avons vécues ensemble. Ce n’est pas possible un type pareil. Il est insatiable.
- Il se contentait de te donner. Il ne prenait rien, fit Sylvie, incrédule.
- Il a eu presque autant d’orgasmes que moi, affirma l’assistante. A chaque fois que je prenais mon plaisir, c’était plus fort que lui, il partait tout seul sans me pénétrer, mais aussi sans que j’aie besoin de le caresser. Il est vraiment fantastique. Il était beau et sans vulgarité, jusque dans les instants les plus érotiques de ces derniers jours.
- Tu crois que je peux le réserver un peu pour moi, demanda son auditrice avec facétie.
- Je te parle sérieusement d’un garçon extraordinaire, qui est tendrement amoureux de sa femme. Il s’est donné exceptionnellement à moi. Je ne te parle pas d’un dragueur près à sauter sur n’importe qu’elle beauté qui lui sourit. Francis te regarderait sans doute avec douceur et gentillesse mais rien ne te permets de croire, malgré ton teint de pêche, tes yeux lilas et tes seins somptueux, que tu déclencheras chez lui autant de fougue.
- Tu l’as laissé repartir ? S’indigna faussement Sylvie.
- Je ne veux pas briser son couple.
Et ce garçon, même s’il déborde de tendresse est fidèle à sa femme, Virginie, à laquelle je ne souhaite, pour rien au monde, faire du mal, rétorqua sèchement Johanna avec un éclair dans les yeux.
- Et bien ma vieille, reprit son amie sans se démonter. Je viens de te tester. Tu es accroc à ce type. Tu n’as même pas réalisé que je te mettais en boite depuis le début de tes aveux. Comment vas-tu faire pour continuer ainsi ? Puisqu’il est retourné auprès de sa chère et tendre, il t’a laissée en plan avec ton énorme envie de bisous sur les bras.
- Non, nous allons nous revoir et continuer de taper dans le stock de câlins. Mais ce dernier se renouvelle plus vite que nous le vidons, assura l’assistante. Cependant, j’ai peur pour Francis.
- Tu crois que sa femme va remarquer quelque chose ? Demanda plus sérieusement Sylvie.
- Non, il avait le visage fatigué avant de quitter l’hôtel ce matin, expliqua Johanna, mais je peux te jurer qu’il n’avait que le visage. Quand je lui ai parlé de Virginie en riant, je t’assure que malgré la torride nuit précédente, il a récupéré instantanément tous ses moyens sexuels.
- Ca me laisse rêveuse, dit son interlocutrice en pensant à son dernier amant, un adepte de l’amour à la mode « lapin », soulevé par erreur en boite de nuit
- En tout cas, ce ne sont pas les soupçons que pourrait avoir Virginie, qui me tourmentent, exposa l’assistante. Elle lui pardonnerait facilement car il l’aime sincèrement, bien qu’il m’offre sa gentillesse et sa passion aussi.
C’est qu’un garçon tellement adorable, pourrait tomber entre les mains de femmes ignobles. Elles profiteraient sans vergogne de lui, en exploitant sa douce faiblesse et en le menant par le bout du nez, alors qu’il est une perle à poser dans un écrin et à bichonner comme un bijou dont la valeur serait inestimable.
- Tu penses vraiment qu’il est naïf à ce point là, s’étonna Sylvie.
- Ce n’est pas cela, reprit Johanna. Mais les câlins d’une femme déclenchent vraiment un état second chez Francis. N’importe quelle fille, apte à simuler la passion de la tendresse peut en faire son jouet. Pour lui, pour moi et pour sa femme, je n’y tiens pas.
- Il faut que je le rencontre. Si tu veux que je te donne mon avis sur la protection de ce joyau, il faut bien que je le voie, affirma Sylvie. De toute manière, je n’essaierai même pas de le draguer. Moi avec un type comme ça, je l’épouse et j’en fais un homme au foyer. Cependant, s’il est déjà en main, je me sauve le plus loin possible de lui pour ne pas tomber amoureuse malgré son alliance.
- Ok, admit son amie. Je lui ai laissé deux semaines pour retrouver sa petite femme et faire le point. Dès que j’en aurai l’occasion, je te présenterai à lui.
Johanna tenait vraiment à connaître le point de vue de sa complice. Cette dernière avait déjà, en quelques mots échangés, bien cerné le personnage qui avait bouleversé sa camarade. Sylvie était particulièrement perspicace et son avis aiderait beaucoup l’assistante à gérer son étonnante liaison.
Virginie n’avait jamais connu Francis aussi fatigué et aussi amoureux en même temps. Elle était, pour l’instant, pelotonnée contre lui sur un fauteuil. Il la tenait étroitement enlacée et lui couvrait son front emperlé de transpiration, avec des baisers légers et sensuels comme des gouttes de pluie tiède. Il lui avait fait si bien l’amour qu’elle tremblait encore de tous ses membres. L’excitation de la jeune femme retombait doucement après les orgasmes épuisants qu’elle avait connus. Les mains de son époux la câlinaient soigneusement, l’aidant à dissiper dans la tendresse l’hypersensibilité de son corps encore avide de son homme. Qu’avait-il donc cet amant angélique ? Il tombait de sommeil mais désirait ardemment sa femme. Elle le sentait encore prêt à l’aimer avec une passion dévorante mais elle, si son âme disait toujours oui, ses membres graciles de nymphe, sa superbe poitrine dressée de bonheur, son adorable petit sexe gracieusement dissimulé dans la prairie blonde de son pubis soyeux, la feraient s’évanouir si les lèvres chaudes et sensuelles de son époux s’y posaient encore. Il ne fallait plus. Il devait la laisser se reprendre un peu. Elle et lui, étaient à deux doigts de mourir de plaisir. Il fallait qu’elle se calme.
Mais la bouche de Francis frôlait sans cesse, tout en déclenchant des cascades de frissons vertigineux, ses épaules, ses joues puis ses lèvres. Elle ne put se retenir plus longtemps. Elle le prit par le cou, porta les lèvres jusqu’à celles de son mari. Enfin, elle se mit à le dévorer de baisers tout en le faisant basculer sur le fauteuil. Ces simples préliminaires la firent gémir de plaisir. Elle s’abîma de nouveau, sans retenue, dans le bonheur d’être aimée.
Quand Virginie fut de nouveau abattue de plaisir, elle s’affaissa contre le torse de son amoureux en le suppliant de la laisser dormir là. C’est ainsi que des bras, chauds de tendresse et de passion, la serrèrent tandis que totalement abandonnée dans la débauche de douceur, elle sombra dans un profond sommeil réparateur, empli de rêve d’amour.
Chapitre suivant : Un homme de cœur