Corps et âmes
Johanna venait de repousser la porte de sa chambre d’hôtel. La pièce était chaude. Ses murs tapissés de bois sentaient bon. Le lit était vaste et moelleux.
La jeune femme ferma le verrou puis, se retourna vers Francis. Elle portait une ravissante robe printanière qui dénudait légèrement ses épaules, sous une légère veste assortie. Le col de la tenue de l’assistante laissait deviner la naissance de sa jolie poitrine. Les deux jambes de cette dernière, au galbe rehaussé par de discrets bas résille, sortaient vertigineusement de petites chaussures à haut talon pour disparaître, juste au-dessus du genou, sous la jupe à frange de dentelle.
Plus haut, il était inutile de voir pour deviner le choix vestimentaire de Johanna grâce à la personnalité de celle-ci. Cette dernière avait certainement choisi de porter des sous-vêtements très féminins, émoustillants sans être vulgaires. Francis pensa que les bas de son amie étaient fixés à un porte-jarretelles blanc de dentelle brodée et que son intimité devait être protégée par un mignon petit string coordonné, orné de fleurs subtilement colorées.
L’ingénieur ne laissa pas son imagination voyager plus loin dans les secrets de l’adorable assistante. Il ne savait plus quoi dire ni quoi faire. Il était heureux que Johanna lui fasse confiance et l’estime au point de l’accueillir ainsi, dans son intimité. Mais aussi, il était malheureux de se trouver là, alors qu’il adorait tendrement sa femme et qu’elle lui manquait terriblement. Que se passait-il ? Le soumettait-on à une épreuve pour ensuite le punir d’avoir succombé ? Son trouble dut se lire sur son visage car sa compagne lui dit :
- Nous ne faisons rien de mal Francis.
Je ne veux qu’être avec vous. Détendez-vous et profitez de l’instant sans vous inquiéter. Je vous aime d’une amitié sincère. Je ne vous forcerai à rien commettre de grave ni à renoncer à Virginie.
Malgré cette phrase rassurante. Le beau garçon paraissait abattu. Il désirait enlacer tendrement Johanna et la conduire, au fil de la tendresse, jusqu’au lit où il voulait l’endormir sous une pluie de baisers et de caresses. Mais il semblait tétanisé, épouvanté par l’ampleur du respect qu’il avait pour la jeune femme ainsi que celle de sa dépendance vertigineuse à la tendresse. Alors, pour Francis, un miracle se produisit avec son amie comme celui qui lui faisait aimer Virginie.
Pour bien des femmes, il était totalement incompatible qu’un homme soit animé, pour elle, de la plus haute estime, tout en brûlant d’embrasser avidement leur intimité afin de leur apporter le plus de plaisir possible. Cependant, aux yeux de Johanna et de Virginie, l’immense tendresse qui dominait le cœur de Francis et qui torturait ce dernier en lui infligeant un éternel besoin d’enlacer, d’embrasser, de caresser, tout simplement d’aimer, était chez ce garçon la plus belle manifestation de douceur, de compréhension et d’amour qui soit. En voyant l’ingénieur trembler de joie et de désir comme un enfant, devant elle, l’assistante venait de comprendre tout cela.
Elle s’approcha de lui et le dévisagea afin de mettre, du regard, son âme à nu. L’expression de la jeune femme était volontairement engageante. Elle effectuait comme un dernier test de la sincérité de son ami. Selon la réaction de ce dernier, elle serait définitivement certaine de ne pas se tromper en s’offrant à lui aussi généreusement.
Francis baissa les yeux. Il trembla encore plus fort et murmura d’une voix brisée :
- Je t’en prie mon am… Johanna… Pardon mais je ne peux plus… Je souhaite vous…
Il se tut, incapable de s’exprimer. Le désir était totalement déchaîné en son coeur, mais il restait attentionné et délicieux. L’assistante le prit dans ses bras et le serra très fort contre elle. Le corps du garçon était dur comme du granit mais il tremblait douloureusement. Elle plaqua un court instant Francis contre son ventre et constata qu’il était victime d’une érection hallucinante. Tout allait bien, c’était un homme merveilleux de gentillesse et d’amour, mais cela le rendait si fragile. De ses mains tremblantes, il effleura le cou de la jeune femme en lui susurrant des mots tendres à l’oreille.- Détends-toi, lui dit Johanna en lui caressant la joue, ta femme n’en saura rien. Je ne voudrai en aucun cas lui faire du mal !
- Je te fais entièrement confiance ma tendre collègue
Francis, ne pouvant plus résister, laissa son amie prendre les initiatives. Il subissait les avances de cette beauté assoiffée d’amour avec beaucoup de passion et de tendresse. Il était ravi de se laisser faire. Une douceur que sa femme ne lui faisait pas assez souvent à son goût, lui fut délicieusement dédiée par l’adorable assistante. Les lèvres pulpeuses de cette dernière arpentèrent toutes les parties de son visage et de son cou jusqu’à son torse. La toison fournie de Francis se hérissa sous les attouchements. Il ne put retenir un gémissement quand la bouche de sa partenaire effleura ses lèvres.
Cette fois, il ne tint plus. Il augmenta malgré lui l’intensité du baiser et bascula sur le lit avec la jeune femme quand sa veste glissa de ses épaules, retirée habilement par la beauté.
Il s’en voulait. Il ne fallait pas gâcher une si belle nuit ainsi. Faire l’amour dès la première fois, c’était ridicule. Pourquoi Johanna agissait-elle avec cette précipitation ? Elle lui avait semblé si tendre et si amoureuse ! Alors, elle aussi, seules la pénétration et la jouissance immédiate l’intéressaient. Mon Dieu ! Et dire qu’il trahissait Virginie pour cette fille !
Mais il se trompait. La jeune femme, en fait, ressentait et interprétait parfaitement les besoins et les envies du garçon. Ce dernier voulait clairement lui donner du plaisir et était terriblement excité, comme elle-même. Si Francis parvenait, par sa douceur insondable et la nature profondément cérébrale de l’intérêt qu’il portait à Johanna, à canaliser son impérieux désir sexuel en le transformant en baisers fougueux, en caresses langoureuses et jouissives pour son amie, les effets physiques de l’amour restaient immuables. Il était atteint, sous les caresses de la jeune femme, d’une érection granitique. Ses membres et sa poitrine étaient devenus sensibles comme s’ils étaient à vif et tout son corps frémissait douloureusement sous le carcan de ses vêtements. C’est pourquoi elle le déshabillait. Cet homme pourrait mieux se laisser aller à la tendresse dont il débordait, dès qu’il serait libéré de ses affaires.
Johanna, également, ne supportait plus le tissu de sa petite robe. Elle voulait pousser l’ingénieur à la dévêtir sans qu’il ne prenne cela pour de l’impatience vulgaire. Par des baisers et des mots doux, elle le persuada de la laisser retirer son linge. Bientôt, Francis se retrouva pratiquement nu sur le lit, sans que la jeune femme n’ait cessé un instant de l’embrasser. Quand elle fit glisser le slip sur les jambes de son compagnon, en protégeant l’extrémité sensible du pénis de ce dernier dans la paume de sa main, celui comprit les raisons du comportement de la jeune femme. Il désirait tellement sa complice, qu’il éjacula de toutes ses forces alors qu’elle effleurait à peine sa virilité.
Il avait atteint les sommets du désir et de la soumission. Elle le calma d’un sourire, puis, d’une caresse imperceptible, elle permit à son partenaire de conserver son désir toujours aussi vaillant. Reconnaissant, les yeux luisant de mille feux après l’orgasme intense qu’il venait de connaître, Francis se mit à retirer délicatement les dentelles et les sous-vêtements de Johanna. Elle connut aussi un orgasme en glissant doucement vers la nudité. Tandis qu’elle soupirait en jouissant calmement sous les mains de Francis, elle s’assit sur le lit en lui demandant de l’embrasser tendrement sur son intimité. Le jeune homme, fou de passion, posa ses lèvres sur la jolie fleur intime de Johanna en lui caressant le ventre et les hanches avec passion. Elle était quasiment nue. Elle ne portait plus que son porte-jarretelles et ses bas. Elle avait adopté, sur la couche, une attitude sexy, dénué de vulgarité mais aussi très agréable, afin de permettre à son ami de lui dévorer amoureusement ses trésors féminins le plus confortablement possible.
Elle comprit alors à quel point Francis était un amoureux tendre et sincère. Le garçon serrait délicatement la taille de la jeune femme en lui câlinant les fesses et les hanches de ses mains, avec beaucoup d’attention et de douceur. Les lèvres de ce dernier se posaient avec précision et passion dans les zones les plus sensibles des cuisses d’albâtres et du mignon petit sexe rose, humide et sucré qui était offert à ses baisers. L’assistante se mit à aimer la tendresse comme elle ne l’avait jamais fait. Elle se cambrait tout en frémissant dans les bras de son partenaire. Jamais un homme ne lui avait fait une telle démonstration. Elle gémissait faiblement mais elle tremblait si fort que parfois, son amoureux était obligé d’interrompre ses caresses pour la laisser reprendre le contrôle de son corps. Elle ne réalisait plus rien. Elle sombrait sans cesse dans une chute vertigineuse et rafraîchissante dont elle n’aurait pas voulu atteindre la fin. Elle ne sut jamais combien de temps avait pu durer ce délicieux traitement car elle se retrouva lentement dans un état de demi-conscience ou plus rien ne comptait que son plaisir et la présence de Francis.
Tout ce dont elle fut certaine, c’est qu’elle fut aimée ainsi jusqu’au levé du soleil, qu’elle ruissela de bien-être sans interruption durant des heures, qu’elle sentit son amoureux jouir sous ses caresses tandis qu’il continuait de l’embrasser sans faiblir et qu’enfin, à aucun moment ce dernier ne fut bestial ou vulgaire. Dans les moments les plus intenses des nombreux orgasmes de la nuit, il resta adorable et sincèrement doux.
Chapitre suivant : Inquiétude et sincérité