Douceur blonde
Lydie observait Virginie avec attention. Les deux jeunes femmes avaient dîné ensemble. Maintenant, elles buvaient le café en se regardant avec admiration.
Elles étaient magnifiques toutes les deux, avec leurs robes fines, leurs beaux cheveux coiffés soigneusement et leur corps splendides qui se dessinaient discrètement sous le tissu de leur corsage. Elles avaient beaucoup évoqué Francis, leur métier et leurs rêves. Elles s'étaient grisées de la merveilleuse soirée qui passait calmement et de ce bon repas qu'elles avaient dégusté ensemble, avec le même plaisir.
Virginie qui s'ennuyait de son époux, appréciait la compagnie de son amie d'une façon presque sensuelle. Elle aimait regarder les épaules de Lydie, dénudées par un somptueux décolleté. Elle ne niait pas qu'elle appréciait aussi les femmes car elle avait l'amour à fleur de peau et elle répondait, sans même s'en rendre compte, à l'appel de la tendresse si étouffé soit-il.
Quant à La petite blonde célibataire, elle était troublée. Elle n'avait côtoyé sa belle collègue que dans le cadre de leurs métiers fastidieux et particulièrement avides de leur attention. Lydie n'avait jamais pu remarquer ce qu'un repas intime lui avait dévoilé, ce soir-là, de Virginie. Cette dernière était une bombe. Le moindre de ses gestes déclenchait l'émoi chez quiconque la découvrait dans l'intimité. Elle comprenait comment son amie avait fait pour capturer et conserver Francis avec autant de succès.
Ce qu'avait appris Lydie de ce dernier la laissait aussi rêveuse. Un homme comme celui-là était une vraie bénédiction pour une femme amoureuse. Il semblait être une source intarissable de douceur d'attention mais aussi de plaisir. Elle devenait presque jalouse de Virginie qui se trouvait à la tête de ce capital inestimable.
Par jeu, Lydie se demandait comment pourrait bien réagir cette dernière si elle lui proposait de passer la nuit en sa compagnie ? La petite blonde, depuis la fin du repas, y pensait sérieusement. Son amie était délicieuse et son physique la mettait en émoi. De plus, elle n'avait pas eu de compagnon ou de compagne depuis un moment. Un manque évident d'amour physique la taraudait. Mais, Virginie paraissait être une épouse modèle, malgré sa beauté qui était une invitation à la volupté. Lydie ne parvenait pas à admettre qu'une femme pouvait aimer et respecter son mari sans renoncer aux expériences dictées par l'amitié.
L'heure était avancée et les deux amies parlaient entre elles en dégustant un second café. La maîtresse de maison déclara alors à son invité :
- Tu ne vas pas entrer chez toi maintenant ? Tu peux rester ici ce soir...
- J'accepte volontiers, fit Lydie, mais je n'ai rien amené comme vêtements de nuit et de rechange.
- Je vais te prêter ce qu'il faut, assura la charmante hôtesse. Je te prépare la chambre d'ami à moins que tu ne voies pas d'inconvénient à dormir avec moi, lança-t-elle ensuite.
- Tu penses que Francis n'y verrait aucun problème, demanda Lydie ?
- Mon mari m'aime et me fait entièrement confiance, déclara Virginie.
Ce, à juste titre, car lorsqu'il rentrera, je serai là pour l'accueillir amoureusement. Je sais que je vieillirai à ses côtés et cela m'enchante. Cependant, tu désires rester avec moi ce soir et je ne suis pas contre. Je déteste la solitude. Tu es une femme que j'apprécie. Tu n'es pas un amant jaloux qui pourrait rêver de me faire quitter mon mari. Donc, je peux te satisfaire.
L'analyse de la situation était très claire et ne laissait aucune place aux tergiversations. Lydie réfléchit quelques secondes puis déclara :
- Après tout, je ne vois pas pourquoi je ne prendrai pas le cadeau que tu m'offres. Une nuit pareille sera inoubliable. Je vais l'ajouter à mes meilleurs souvenirs.
Elle quitta son fauteuil, se dirigea vers celui de Virginie, puis, lui tendant la main, elle lui conclut :
- Nous y allons dès maintenant, pour bien tout savourer...
La petite blonde était sortie de la salle de bain en nuisette. Elle regarda vers la couche et y découvrit son amie, les yeux fermés, allongée sensuellement au milieu des draps soyeux. Les épaules et les bras nus de Virginie dépassaient des vagues bleutées de satin qui recouvrait le reste de son corps comme une marée l'eut fait d'un rivage paradisiaque aux plages prometteuses de bonheur. Lydie découvrit la tunique de dentelle que portait la dormeuse jusque là, abandonnée sur le pied du lit. Cela signifiait que cette dernière était entièrement nue sous le tissu dessinant ses courbes affolantes.
Ce n'était pas la première fois de sa vie que la jeune femme allait passer la nuit avec une amie. Cela lui était déjà arrivé deux fois et, elle n'avait jamais été déçue par ses expériences. Comme Virginie avait un corps merveilleux, qu'elle dégageait une douceur et une tendresse quasiment palpable, Lydie ne se sentait pas du tout inquiète des instants envoûtants qu'elle allait connaître. Elle se demandait simplement si elle était à la hauteur de son hôtesse.
Elle vint vers la couche, souleva le drap pour prendre sa place quand la main de Virginie se posa sur la sienne. Celle-ci lui dit avec une moue excitante :
- Tu devrais retirer ta nuisette. Tu seras plus à l'aise pour jouir.
- Tu veux vraiment m'aimer cette nuit ? Demanda la petite blonde.
- N'employons pas de grands mots comme celui-là. L'amour est un sentiment admirable qui dépasse le cadre du lit, expliqua son interlocutrice. Tu adores le plaisir. Comme je te respecte et que j'ai beaucoup d'amitié pour toi, je vais t'en donner.
- Je suis prête, déclara Lydie en retirant sa tunique de dentelle.
Sa splendide amie, pendant ce temps, dénoua, avec une lenteur calculée, les deux petits cordons de soie qui tenaient le string à la taille de sa collègue. Cette dernière frissonna quand le léger vêtement quitta son intimité. Elle n'était plus dissimulée au regard de sa partenaire. Celle-ci la dévorait des yeux avec tant de douceur et d'appétit que Lydie sentait son désir augmenter démesurément.
Entre ses jambes, une chaleur humide la tourmentait, lui réclamant un apaisement immédiat. Elle gémit :
- Je t'en prie, ne me fais plus attendre...
Virginie ne répondit rien. Elle prit sa voisine de lit dans ses bras et lui posa un baiser sur le cou. Cette dernière trembla en soupirant sous cette tendre torture. Victime délicieusement consentante, elle se cambra sous les lèvres qui lui effleuraient délicatement la peau. Lydie avait cru que ce jeu érotique serait tel qu'elle l'avait connu avec ses deux premières partenaires ou bien dans les films pornographiques qu'elle avait eu l'occasion de visionner. Mais il n'en était rien. Son amie ne s'était pas précipitée pour dévorer les lèvres de son sexe qui ruisselaient de désir. Elle déployait toutes les ressources simples de sa sensualité pour affoler les sens de sa partenaire et déjà, la faire jouir avant même d'avoir atteint le point culminant du rapport amoureux. Virginie excellait dans l'application de cette stratégie et un premier orgasme ébranla le corps de Lydie alors que la bouche de sa collègue n'avait que frôlé la pointe sensible de ses seins.
« Comment Francis donnerait ce baiser ? Suis-je assez douce ? J'espère qu'elle ne trouve pas ma façon de la caresser trop vulgaire ? Pourvu qu'elle éprouve du bien-être pendant que je pose mes lèvres sur son pubis ? » C'était les questions qui traversaient l'esprit de Virginie, tandis qu'elle donnait à la petite blonde toute la douceur et la tendresse de son amitié. Quand elle finit par entrouvrir sa bouche pour y recevoir l'intimité de Lydie, elle sentit que cette dernière frémissait en poussant de petits cris.
Une douce humidité salée s'écoula alors sur la langue de Virginie. Sa compagne murmura en haletant : « Je t'en prie n'arrête plus, je n'ai jamais ressenti cela... » L'amoureuse experte fut rassurée et décida de ne plus penser qu'au plaisir qu'elle parvenait à donner. Cette délicieuse idée suffisait à la combler merveilleusement.
Chapitre suivant : Complicité