Prologue
Dans la pénombre de la chambre, on entendait les oiseaux chanter parmi les arbres du parc. C’était un de ces petits matins de printemps où le soleil, encore au-dessous de l’horizon, illumine le ciel d’une bande aux couleurs fauves, juste par-delà les halliers de l’Est. Ailleurs, la nuit voluptueuse, chaude et emplie de sensations torrides, avait encore laissé son grand manteau clairsemé d’étoiles.
Le lit des amoureux était toujours dans les ténèbres. Mais la vie renaissante de la nature éveillait les amants par son vacarme délicieusement vivifiant. Virginie tendit sa main sous le drap, cherchant l’épaule de son mari. Francis était là, près d’elle. Son torse puissant et ses vastes épaules appelaient la douceur des caresses de sa femme.
Les deux amants unis pour la vie avaient encore du temps devant eux, avant de quitter la moiteur de la couche conjugale. La jeune femme posa avec application la paume de sa main sur la hanche du dormeur. Ce dernier frissonna en émettant un léger soupir de plaisir.
Elle aimait son homme. Il avait tellement de force et de faiblesse en lui. Ce qu’elle appréciait au-dessus de tout chez ce garçon, c’était sa dépendance à la tendresse. Cette façon d’aimer et d’être aimée avait totalement bouleversé l’idée que Virginie se faisait sur le couple. Longtemps, elle avait pensé au mariage sous un aspect bien différent de celui qu’elle vivait au quotidien. Elle n’avait jamais cru avant ses dix-huit ans, que chaque minute, chaque seconde de sa vie, elle serait adorée doucement et cependant très intensément.
Ses expériences d’adolescente lui avaient apporté une fausse vision des relations amoureuses. Elle n’avait pour souvenir de cette époque que celui des étreintes avides de jouissance, pratiquées égoïstement par ses jeunes partenaires ignorant la beauté et la qualité de l’amitié exprimée par le don et le partage du plaisir.
Aujourd’hui, elle savourait pleinement toutes les minutes de sa vie avec Francis car chacun des gestes, des regards, des approches et des baisers de ce dernier, prouvaient la passion dévorante, impérieuse, mais remarquablement domptée dont il brûlait pour son épouse.
Virginie ne comptait plus les purs moments de partages sensuels et moraux que lui offrait son mari. Rien que leurs réveils, depuis sept ans, se faisaient chaque jour dans l’ivresse vertigineuse d’avides baisers donnés sur les corps alanguis par la nuit ainsi que dans le roulement des vagues orgasmiques déclenchées par de longues et langoureuses caresses.
La jeune femme ne pouvait plus se passer de ce rituel. Il lui fallait ces premiers instants torrides de la journée, quelles que soient la fatigue et l’activité de la veille, pour vivre pleinement, sans sentiment de manque, jusqu’au soir.
Francis ouvrit les yeux et regarda tendrement Virginie en lui effleurant la joue de ses lèvres assoiffées de tendresse. Elle frissonna de bonheur et de bien-être en accueillant la chaleur du souffle sur sa peau nue. Elle savait que son époux allait poser sa bouche brûlante de désir et d’amour sur chaque parcelle de son corps. Rien ne serait épargné par l’effleurement sensuel.
Depuis les plages roses de son pubis aux collines galbées et harmonieuses de ses seins dressés, elle sentirait la jouissance d’être divinisée par la folie d’un homme sans pareil au monde.
Maintenant qu’elle avait déclenché le processus inondant d’un bonheur intense le cœur de son amoureux. Elle ne pouvait plus arrêter ce dernier. L’offrande qu’il lui faisait chaque matin, devait impérativement être acceptée et consommée. Elle savait qu’elle aurait pu lui briser son âme et son corps si par caprice, elle avait mis fin une seule fois à cette conquête du bien-être partagé. Elle devait recevoir cet amour avec joie. Elle comprenait que toutes les petites aventures qu’elle avait consommées avec tant de négligence avant son mariage, n’étaient que des erreurs d’enfance depuis la première nuit passée avec Francis.
Ce dernier était réellement dépendant des sentiments et des désirs qu’il éprouvait pour sa femme. Heureusement pour leur couple et pour la vie du garçon, Virginie l’avait compris dès les premières secondes qu’ils avaient passées seuls dans l’intimité. Elle avait accepté sans regret cet amour dévorant, car son intuition lui avait permis d’évaluer cet inestimable trésor. Elle comprenait bien qu’un tel incendie ne pouvait pas être contenu indéfiniment par une seule et unique personne. Elle n’ignorait donc pas que sans rien perdre de l’incroyable bonheur d’être ainsi espérée, suppliée, prise et comblée par Francis, elle serait obligée de laisser une amitié sincère détournée une partie du flot de tendresse qui coulait du cœur de son époux. La seule condition qu’elle mettait à l’acceptation de cette inévitable échéance, était qu’il ne soit pas trahi par celle qui bénéficierait de ce surplus.
Maintenant, la jeune femme embrasée par les baisers et les caresses sombrait dans une vague rose de joies ineffables. Son corps se contractait en soubresauts d’excitation incontrôlée, lui arrachant des gémissements de plaisir. Une tiédeur langoureuse irradiait son dos comme les eaux d’une fontaine de jouvence se répandant dans un corps épuisé par l’âge et la fatigue afin de le régénérer.
Virginie était allongée sur le drap froissé. Francis avait rejeté la légère couverture de satin que les amants avaient gardée sur eux durant la nuit. Il observait avec amour le ventre et la poitrine somptueuse de son épouse qui lui offrait ses beautés et ses havres de jouissance avec un sourire de bonheur enivrant. Le jeune homme posa ses lèvres sur le pubis voluptueux de sa femme. Il embrassa avidement la peau de celle-ci, en frissonnant de joie. Elle-même vibrait en gémissant sous la pression de la bouche avide. Sans aucune vulgarité, sentir les baisers et regarder le corps athlétique aux muscles tendus de son amoureux, donnait à Virginie un calme serein dans le plaisir. Elle se gorgeait sans honte des gestes délicieux de Francis et du désir qui animait celui-ci. Elle lisait l’amour dans les yeux brillants son époux et dans les tremblements de volupté qui passaient par vagues sous la peau de ce dernier, tandis qu’il buvait tendrement sa femme pour apaiser le feu intérieur le consumant.
Elle laissait ruisseler sur elle la douceur de Francis. Les mains chaudes de son amant la caressaient avec ferveur Les lèvres soyeuses de ce dernier l’aspiraient en irradiant le plaisir dans la colonne vertébrale de celle-ci.
Virginie, depuis ses jolies fesses rondes et roses jusqu’au duvet brun de sa nuque qui se dressait sous les frissons, jouissait d’un orgasme encore plus délicieux que celui provoqué par l’acte sexuel complet. Elle se retourna sur le ventre puisqu’il n’existait plus une parcelle de ses seins, de son ventre, de son cou, de son visage, de ses jambes et de son pubis qui n’avait pas été embrassée par son mari. Maintenant, elle tressaillait sur la couche en poussant de petits cris joyeux comme des rires se terminant par une exclamation de bonheur. Francis après avoir dévoré les jambes et le dos de son épouse, s’attarda sur les collines arrondies et fermes naissant dans le bas de l'échine de cette dernière.
La respiration de Virginie s’accélérait sous les baisers. Elle était silencieuse désormais. Ses yeux demeuraient fermés. La bouche de l’amoureuse s’entrouvrait sur un soupir d’effort, près à jaillir comme une fontaine. Des gouttes de transpiration apparaissaient sur le front de la jeune femme tandis qu’elle avait redressé la tête en cambrant son dos dans un arc érotique affolant. Les pointes mêmes de ses superbes seins, dressés dans un désir douloureux, jaillissaient du galbe des mamelons comme des carreaux avant d’être lâchés par une arbalète. Soudain, elle gémit discrètement et délicieusement, en tremblant de toutes ses forces. Une fois encore, elle avait atteint une jouissance extrême. Ce serait le dernier orgasme de la matinée car elle était totalement comblée. Les baisers apaisants de Francis sur son intimité ne l’affolaient plus maintenant, ils la calmaient. Elle quittait doucement la volupté aux joies déchirantes, pour revenir à la tendresse.
Maintenant, son mari allait la suivre dans la conquête du plaisir. Ils s’assirent tous les deux sur le bord de la couche. Virginie passa un bras autour des épaules de son amant tout en l’embrassant avidement. La paume de son autre main caressait, d’un mouvement lent et presque imperceptible, les bourses sensibles et la base du phallus du jeune homme. Elle n’avait pas besoin de se livrer à une masturbation brutale pour faire basculer un partenaire aussi amoureux dans le gouffre de la jouissance. Elle prit possession de la bouche de Francis en lui aspirant goulûment la langue. Elle sentit les muscles du torse de celui-ci devenir comme du granit sous l’étreinte de sa femme. Enfin, Virginie perçut un tremblement incontrôlé de la cuisse du jeune homme sur laquelle, elle avait un bras appuyé. Sans cesser de dévorer les lèvres de son amant, elle baissa les yeux vers le bas-ventre de ce dernier, pour mieux admirer l’effet des douceurs qu’elle avait prodiguées.
Une fois de plus, elle ne fut pas déçue. La semence chaude jaillit en longs jets abondants. Cette fontaine se tarit lorsque Francis se renversa sur le lit, accablé par l’orgasme, tandis que les bras de sa femme le serraient encore plus fort contre elle.
Chapitre suivant : Lydie