Le pays où les hommes peuvent pisser à côté
Garçonnet, adolescent ou homme mûr, quel est le mâle qui ne s'est jamais fait rabrouer pour quelques gouttes d'urine tombées à côté de la cuvette des WC ?
Hier comme aujourd'hui, les femmes réfutent nos viriles excuses par un : "Tu n'as qu'à faire attention ! "
Et quels recours avons nous ? Nous ne voulons pas nous asseoir pour faire ces petits besoins, ni nous concentrer à chaque fois pour calculer et prévoir la trajectoire de la miction.
Un de mes amis a mis fin à ces querelles quotidiennes en fixant un urinoir de porcelaine blanche sur le mur des toilettes. Oui, maintenant la place est restreinte pour s'asseoir sur le siège ; ce n'est pas agréable ce réceptacle à hauteur du nez, mais, enfin, la paix familiale est retrouvée.
Il y a une autre alternative aux engueulades et aux urinoirs, mais, pour découvrir cela, il faut partir loin vers l'est dans une contrée où le sourire est monnaie courante, où les femmes sont sveltes, où notre monnaie est forte.
C'est en Thaïlande et dans les pays voisins que les hommes n'ont jamais ce problème familial.
Nous autres occidentaux, nous ne pouvons pas découvrir instantanément tous les avantages des toilettes dites à la Turque couramment installées dans ces pays.
La dénomination de ces toilettes est sûrement erronée, en Turquie, plus exactement à Ephèse, les toilettes antiques de marbre blanc n'obligeaient pas à s'accroupir, elles formaient un long banc percé régulièrement de trous ovales au–dessus des quels les Anciens pouvaient rester confortablement assis pour bavarder et déféquer. L'eau pure coulait à leurs pieds, les esclaves distribuaient des serviettes propres pour la toilette intime...
En Thaïlande, quand j'ai dû me servir des toilettes dites à la Turque, j'ai fait une grimace, mes genoux refusaient obstinément de rester pliés le temps nécessaire au vidage des intestins. Il fallait que je me tienne en équilibre, les pieds sur les repose–pieds détrempés, avec la crainte d'être mal positionné pour effectuer un envoi correct vers la cible...
Pour uriner, j'avais aussi un grand problème ! Je me tenais debout sur le carrelage détrempé, devant un socle de carrelage bleu supportant une cuvette en porcelaine blanche, plus exactement un trou encadré de deux repose–pieds. Je ne pouvais pas me positionner, ni sur les repose–pieds, ni sur la bande étroite de carrelage encadrant la faïence, je devais me tenir devant le socle, la taille ployée vers l'avant. J'essayais de diriger le jet vers ce trou. j'y arrivais quelquefois, souvent même, et avec des fortunes diverses. Parfois, la pression était trop faible, le jet frappait le sol sur le rebord du socle de carrelage, au ras de la faïence blanche. De gouttes rejaillissaient sur mes mollets nus.
Riez mesdames, eh oui, avec un short, les jambes non protégées, je subissais immédiatement la punition de ma maladresse.
Du fond de ma mémoire resurgissaient les brimades maternelles et conjugales : "Tu n'as qu'à faire attention".
Traumatisé, je m'appliquais alors, augmentant la pression, visant le trou. Le flot doré partait alors trop loin, il se perdait entre entre le socle et le mur, maculant le carrelage, inondant le sol de la salle d'eau.
Alors, dites–vous, pourquoi affirmer que l'on peut pisser à côté ? J'explique :
La salle d'eau est le terme exact pour ces salles de bains rustiques. Pour tout mobilier, deux grandes jarres dans lesquelles flottent une écuelle plastique en couleur. La plus grande jarre sert à la douche. Nus ou la taille ceinte d'un carré d'étoffe, les Thaïlandais s'arrosent largement pour la toilette matinale et vespérale.
L'eau de la douche ruisselle sur le sol, s'écoule au fond de la pièce, à côté des chiottes.
La deuxième jarre est plus petite, elle sert pour la chasse d'eau manuelle et faire sa toilette intime. Accroupi au–dessus du trou, la main droite manie l'écuelle, projetant de l'eau entre les fesses alors que la main gauche sert pour essuyer les restes de matière fécale.
Après avoir déféqué ou uriné, le contenu des écuelles d'eau pousse les déchets vers le trou, nettoie la porcelaine et les carrelages.
Que ce soit pour la douche, pour se laver les pieds pour les gros besoins ou les petits, à la fin, le sol est largement détrempé. Toute trace de maladresse est effacée !
Ainsi, après avoir pissé, je pouvais faire comme les autochtones, arroser tout le sol et effacer toutes les traces de mes maladresses !