Laura Dove - Clair-Obscur - Paradis perdu - texte intégral

In Libro Veritas

Clair-Obscur - Paradis perdu

Par Laura Dove

Cette oeuvre est mise à disposition sous licence Art Libre.

Vous êtes en mode de lecture plein écran. Cliquez sur le lien suivant si vous souhaitez afficher la version classique de cette oeuvre

Table des matières
Que pensez vous de cette oeuvre ?

A la croisée des chemins

    Etranger à moi-même, je vis des mortels retirer mes guenilles ensanglantées, me laver, me couper les ongles et les cheveux, me vêtir d'un habit de fête et me raser. Au-dehors, après avoir maîtrisé l'incendie, mes semblables expliquaient la situation – avec quelques entorses à la vérité.

    La femme rencontrée plus tôt entra, suivie d'un vampire inconnu, et tous deux s'inclinèrent devant moi. Sur un signe de tête, les mortels nous laissèrent.

    « Nous vous devons gratitude éternelle, dit mon interlocutrice. Lemaillard était le plus dangereux de ceux qui nous traquent. Je vous demande pardon de vous avoir mal jugé; je ne croyais pas la victoire possible, je pensais... je pensais que vous courriez vers votre trépas. »

    Je ris doucement et soupirai, si bas qu'elle ne dut pas entendre :

    « Eh bien, nous étions deux. Qu'importe, répondis-je à voix haute, puisque vous et les villageois êtes saufs désormais.

    – Hélas! Le Commandeur n'a pas survécu. Même délivrés de Lemaillard, comment allons-nous résister aux autres Inquisiteurs?

    – Je vous ai vu vous battre, intervint l'homme; votre talent surpasse celui même du Commandeur. »

    Comme je haussais un sourcil, surpris que massacrer des mortels impuissants démontrât une quelconque compétence, il ajouta :

    « Nous serions très honorés que vous acceptiez de vous joindre à nous. »

    J'hésitai, mais qu'avais-je à perdre? Sans doute lutter à leurs côtés m'offrirait-il d'autres occasions de me racheter par une mort honorable, puisque j'avais perdu la première.

    « C'est volontiers que j'embrasserai votre cause. Ces suppôts du Démon qui se disent hommes de Dieu méritent les pires châtiments.

    – Je me réjouis de vous compter parmi nous, sourit-il. Au fait, quel est votre nom? Je ne crois pas l'avoir entendu. »

    Je me figeai.

    « F... François... D... Dumont. » bredouillai-je.

    Fabien de Montargy était mort. Je ne devais le ressusciter que des siècles plus tard, sous l'emprise d'une faiblesse inattendue.