APRÈS QUELQUES ANNÉES, comprendra-t-elle enfin pourquoi ...
– Tu vois, tout ce qui t’arrive, il faut le voir comme des épreuves de la vie. Il est vrai que pour devenir grand il faut souffrir. Pour toi, le franchissement de la mer c'est l’action qui a fait de l’enfant un peu trop gâtée que tu étais une adulte
– Tu veux dire plutôt que de bébé, je suis passée à une vieille de 1000 ans. Une personne sans désir, qui n’arrive pas à s’imaginer un avenir.
Vers qui, vers quoi. Avec qui. Pour qui, pour quoi. A qui faire confiance. Qui aimer sans retenu. Tous ceux que j’ai aimés, je n’ai plus eu le droit de les voir, sans même avoir pu leur dire « au revoir, on se reverra peut–être un jour ! ». Ceux que j’ai aimés sont partis pour toujours sans même avoir pu les embrasser une dernière fois. Regarde ma grand–mère. Une semaine après notre retour du mois et demi de vacances passées avec elle, elle est morte. Je lui avais dit que je reviendrai vivre avec elle. Quand je serai plus grande, donc libre. Que je m’occuperai d’elle…
– C’était ta destinée. Regarde, rien que ton nom Hadda. Il signifie « celle qui est revenue ». C’est troublant, non ?
– Oui, c’est troublant. Mais je ne suis pas revenue, moi. On m’a fait revenir.
J'aurai dû m’appeler « celle qui saura repartir » : « Majda, ». Car je repartirai un jour.