D'AUTRES JOURS PASSENT, elle espère toujours ...
À quoi peut bien ressembler le cœur d’une enfant ?
D’aucun dira que c’est comme n’importe quel cœur, sauf qu’il reste encore à prendre.
Faux. Il se passe bien des choses, bien plus de choses qu’on ne le croit comme dans celui d’Hadda, alors qu’elle est là assise parterre et semble cajoler doucement la poupée de chiffon qu’elle s’est faite elle–même avec deux de ses mouchoirs.
Il y a beaucoup de personnes à aimer : papa, maman – ou maman, papa. Qu’importe qui l’on cite en premier. On les aime tous les deux pareillement.
Pépé, mémé. Non, là c’est plutôt mémé, pépé. Ce n’est pas qu’elle n’aime pas pépé mais il l’embête tout le temps, un coup il veut le poutoun, un coup il ne le veut plus ; et puis il fait pleurer mémé quelquefois.
Mémé il faut l’aimer encore plus.
Les sœurs et frère. Pas tous et pas toujours, mais en règle générale on les aime plutôt bien.
Les copains. Ah, il y a les copains de la rue et les copain(e)s de classe. Pas pareil.
Et puis, et puis il y a surtout la place à bien préserver, à bien laisser libre. Pour l’être que l’on aimera par–dessus tout et ses enfants.
Alors le partage du cœur devient un véritable casse–tête chinois.
Bien.
D’abord, le couper en deux : La moitié pour mon mari et nos enfants. Intouchable.
L’autre moitié pour les autres.
Et elle reprend.
Alors d’abord, papa et maman. Pareil, la même quantité d’amour.
Mémé. Ah, mémé, c’est plus que plus que... La moitié !
Oh, mais ce n’est pas possible. On est déjà dans une moitié. On peut la mettre en attendant dans l’autre moitié libre. Ah, non c’est réservé. Alors ?
Alors ?
Alors, elle recommence.
Elle reprend depuis le début, et elle doit caser tous les autres. Elle les aime, certes mais pas autant.
Ils ont leur place. Ami(e)s : immuable, car on n’en change pas comme ça ; sinon ce ne sont pas des ami(e)s. Mais il faut quand même laisser un peu de place pour permettre à d’autres d’en faire partie...
... Et le temps passe, et le cœur n’est toujours pas impeccablement partagé. Qu’importe, elle y réfléchira encore une autre fois. Et elle trouvera certainement la solution.
Chapitre suivant : MI-SEPTEMBRE, LA RENTRÉE EST PROCHE, elle ne reviendra pas ...