Pèlerinage païen
Certes, les voyages peuvent revêtir des aspects très différents, selon l’endroit d’où l’on part, et celui où l’on s’arrête, l’espace de quelques jours ; selon, aussi, la sensibilité de chacun. Selon, enfin, avec qui l’on se trouve, et bien d’autres critères laissés à la subjectivité de chacun. Mais il n’empêche qu’il en est d’exceptionnels. Simplement parce qu’ils sont la concrétisation d’un rêve.
Mon périple barjavellien en était la réalisation d’un. Que je pensais fou jusqu’à il y a encore peu, à cause de la distance qui m’en séparait : je suis en effet « domienne », autrement dit une « française d’outre-mer » et quelquefois fière de l’être. Mais là…
10 000 km à parcourir, me disais-je, ce n’est tout de même pas rien ! Et si, des années après, ma venue dans la Mère Patrie ressemblait plus à une re-cherche de moi-même, après m’être fuie longtemps (j’avais oublié qu’aussi loin qu’on va, l’on part avec soi…), elle était aussi, peut-être surtout, l’opportunité de « rendre réel » (est-ce puéril de parler ainsi ?) un rêve.
Maintes fois, d’ailleurs, je m’étais demandé ce que pouvaient bien devenir ces derniers, une fois réalisés. Maintenant, je crois le savoir : ils continuent à vivre, bien sûr ! Mais sous une autre forme, et ils peuplent souvenirs, coeur et âme, d’une multitude de couleurs chatoyantes et de sensations fabuleuses. Naïve que j’étais, qui pensais que tout se serait envolé comme des bulles de savon… Alors que tout reste, au contraire, et s’ancre au plus profond de soi.
Ainsi, j’ai vu la maison où il est né, les endroits qu’il a aimés, la terre qu’il a foulée, l’imitation de cette « charrette bleue » si emblématique de son histoire, et j’ai définitivement compris : ses écrits ressemblent à l’univers de sa prime jeunesse. Beau, simple, haut en couleur, chaud et typique. Unique. Et désormais, les odeurs, couleurs, sensations, qui composaient son monde, je les connais aussi, et n’en ai que plus de respect et de vénération pour l’homme et son oeuvre.
Tout le temps de mon séjour passé dans ce petit coin de France où il a vécu, où il est enterré, j’ai été en proie à de délicieux bien que très contradictoires sentiments. Ainsi, alors que j’avais envie de hurler ma joie, mon incommensurable bonheur d’être là ; alors que mon émotion était à son comble, de voir ce que ses yeux avaient vu, je me taisais. Et plus le besoin de crier se faisait sentir, plus ma bouche restait close. La beauté, de toute évidence, me laisse muette. Et, maintenant que me voilà revenue, je ressens un furieux désir de lancer aux quatre vents ce que j’ai vécu là-bas, quand je sais que c’est à peine exprimable. Curieux…
Pourtant, je n’ai pas été triste de quitter Nyons, Tarendol et ses environs. Parce que je sais, comme le jour succède à la nuit, que j’y retournerai un jour.
Mon périple barjavellien en était la réalisation d’un. Que je pensais fou jusqu’à il y a encore peu, à cause de la distance qui m’en séparait : je suis en effet « domienne », autrement dit une « française d’outre-mer » et quelquefois fière de l’être. Mais là…
10 000 km à parcourir, me disais-je, ce n’est tout de même pas rien ! Et si, des années après, ma venue dans la Mère Patrie ressemblait plus à une re-cherche de moi-même, après m’être fuie longtemps (j’avais oublié qu’aussi loin qu’on va, l’on part avec soi…), elle était aussi, peut-être surtout, l’opportunité de « rendre réel » (est-ce puéril de parler ainsi ?) un rêve.
Maintes fois, d’ailleurs, je m’étais demandé ce que pouvaient bien devenir ces derniers, une fois réalisés. Maintenant, je crois le savoir : ils continuent à vivre, bien sûr ! Mais sous une autre forme, et ils peuplent souvenirs, coeur et âme, d’une multitude de couleurs chatoyantes et de sensations fabuleuses. Naïve que j’étais, qui pensais que tout se serait envolé comme des bulles de savon… Alors que tout reste, au contraire, et s’ancre au plus profond de soi.
Ainsi, j’ai vu la maison où il est né, les endroits qu’il a aimés, la terre qu’il a foulée, l’imitation de cette « charrette bleue » si emblématique de son histoire, et j’ai définitivement compris : ses écrits ressemblent à l’univers de sa prime jeunesse. Beau, simple, haut en couleur, chaud et typique. Unique. Et désormais, les odeurs, couleurs, sensations, qui composaient son monde, je les connais aussi, et n’en ai que plus de respect et de vénération pour l’homme et son oeuvre.
Tout le temps de mon séjour passé dans ce petit coin de France où il a vécu, où il est enterré, j’ai été en proie à de délicieux bien que très contradictoires sentiments. Ainsi, alors que j’avais envie de hurler ma joie, mon incommensurable bonheur d’être là ; alors que mon émotion était à son comble, de voir ce que ses yeux avaient vu, je me taisais. Et plus le besoin de crier se faisait sentir, plus ma bouche restait close. La beauté, de toute évidence, me laisse muette. Et, maintenant que me voilà revenue, je ressens un furieux désir de lancer aux quatre vents ce que j’ai vécu là-bas, quand je sais que c’est à peine exprimable. Curieux…
Pourtant, je n’ai pas été triste de quitter Nyons, Tarendol et ses environs. Parce que je sais, comme le jour succède à la nuit, que j’y retournerai un jour.
Ce que je vivrai désormais, jusqu’à ce moment, sera comme entre parenthèses.
Hélène.
Hélène.