CRACKDOWN
Un GTA du côté des « gentils » et gavé de stéroïdes anabolisants sur Xbox 360, ça donne ça : Crackdown. Attention, ça poutre très fort.
Soucieux de rétamer la PlayStation 3 dans les grandes largeurs, et peut–être aussi un peu en manque de grosses exclusivités, Microsoft s’est mis en tête de commander Crackdown pour sa Xbox 360, histoire de patienter un peu en attendant le rouleau compresseur annoncé GTA IV. Mais Crackdown est–il réellement un GTA–like ? Pas vraiment, mais on va dire que ça y ressemble très fort. Dans un futur plus ou moins proche, le chaos le plus total règne à Pacific City. Trois gangs sèment la terreur sur la ville : les Los Muertos, les Volk et, enfin, les plus terribles de tous, les Shaï–Gen. Et c’est tellement le bordel que les autorités ont plus ou moins décidé de soigner le mal par le mal. C’est ainsi que l’Agence fut créée, avec pour mission d’envoyer des mercenaires génétiquement modifiés péter la gueule à ces gros enfoirés de gangsters. Voilà. C’est tout. C’est excessivement basique, ça permet de se situer vite–fait du côté des « gentils » histoire de dire que c’est pas totalement immoral comme GTA, et puis voilà.
Votre mission est donc de dessouder les trois chefs de gangs, et vous pouvez y aller franco : l’intégralité de la ville est accessible, dès le début. Crackdown est en effet un accélérateur de liberté. Mais même si vous pouvez en théorie dessouder le grand méchant dès le début, en pratique, c’est carrément mission impossible. Mieux vaut commencer par le « petit » gang des Los Muertos, puis enchaîner sur les Volk, avant de se frotter aux Shaï–Gen. Mais, même là, il n’est pas recommandé de s’en prendre au chef de gang directement. Comme vous l’explique très bien votre chef dans l’oreillette, il vaut mieux commencer par faire mordre la poussière à ses nombreux acolytes histoire de le fragiliser, tout en gagnant de l’expérience. Et c’est d’ailleurs le centre du jeu : Crackdown est un jeu évolutif, qui mise tout sur la montée en puissance de votre personnage. Bourrin et patibulaire, votre avatar n’en est pas moins une crevette à ses débuts. Vous commencez avec des compétences tout à fait minables en armes à feu, explosifs, agilité et conduite. A vous de vous entraîner. Comment ? Tuez des méchants à grands coup de grenades pour progresser en explosifs, grimpez sur les toits pour récupérer les « agility orbs » pour gagner en agilité, etc. C’est fun, instinctif et complètement addictif. Au début, on court partout pour récupérer de l’agilité, et l’on finit par faire des bons de 70 mètres complètement hallucinants. Et puis on fait pareil pour les autres compétences. C’est ainsi qu’on court plus vite, qu’on saute plus haut, qu’on pète la gueule plus fort, qu’on fait de plus en plus grosses explosions, etc. Et ça devient vite complètement démentiel. Un simple coup de pied suffit à envoyer bouler un camion à l’autre bout de la rue. Une petite grenade lâchée au hasard et c’est toute la ville qui s’embrase dans une réaction en chaîne de taré. Alors comme en plus la physique est gérée par le moteur Havok himself, ça dépote vraiment très fort. Les bagnoles explosent, les cadavres volent et s’embrasent, les pneus rebondissent, la tôle se froisse… Jamais un joueur n’aura eu autant d’impact dans un monde virtuel que dans Crackdown. Surtout que, répétons–le : vous êtes entièrement libre. Si vous voulez entassez deux cents pick–up et autres camions avant d’atomiser le tout avec votre lance–roquette, vous pouvez. Mais prévoyez un bon périmètre de sécurité avant de balancer votre pruneau, si vous tenez à survivre à votre propre feu d’artifice… En fait, GTA proposait déjà tout ça, mais en contrôlant un humain classique. Ici, les soldats génétiquement modifiés sont infiniment plus puissants. Et, du coup, le jeu est infiniment plus marrant.
Côté réalisation, Crackdown est un peu moins immédiat. En effet, sa plus grande réussite est la gestion de la physique et de l’environnement ouvert. Alors, pour en profiter, il faut être déjà un minimum avancé. Car, à la base, Crackdown n’est pas particulièrement brillant graphiquement. Les textures sont un peu cheap et les décors sont angulaires, tout ce qu’il y a de plus classiques. Les personnages principaux sont correctement modélisés, sans plus, et les passants sont limites. Et puis, il y a ce très léger cell–shading appliqué à l’ensemble, des fois visibles des fois non, qui échoue à donner une identité graphique particulière, toujours le cul entre deux chaises. Mais en découvrant les hauteurs de Pacific City qui s’étend à perte de vue, avec ce soleil magnifique en arrière plan et cette animation robuste, on commence à saisir ce que le jeu a à offrir. Et en devenant une masse de muscle à la gâchette et aux explosions faciles on découvre, subjugué, la véritable prouesse de Crackdown. La physique est exemplaire et les explosions sont tellement belles qu’elles en deviennent instantanément historiques. L’eau bénéficie aussi d’un traitement particulier. Les ondulations de l’océan sont enfin crédibles, en véritable 3D, évitant ainsi de se découper horriblement sur le rivage suivant des lignes brisées désespérément statiques. Dommage qu’elle ne mouille pas le sable et les rochers, et que votre personnage ne laisse que quelques ronds poussifs dans l’eau…
Crackdown est donc un GTA surboosté et complètement décomplexé. C’est un gigantesque bac à sable pour adultes à tendances psychopathes. Crackdown est un pur produit de fun, qui propose mille choses à découvrir. Certaines sont proprement monstrueuses, d’autres sont plus subtiles. Et, mon dieu, qu’est–ce que c’est fun.