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C’est dur, si dur. Combien de temps encore devrais-je rester là à regarder partir petit à petit tous ceux que j’aime. Le soleil s’est levé ce matin, comme si de rien n’était. Les oiseaux chantent à tue-tête. Il y a même deux tulipes de plus sous ma fenêtre. La vie continue. Il n’y a que moi qui voudrais que cesse toute cette mascarade.N’aurais-je donc vécu que pour voir s’éloigner de moi tous ceux que je chéris ?
Pas une larme. Ma source est tarie.
Je ne tends plus l’oreille pour percevoir si tu es là, tu n’es plus là. Je ne cours pas, j’ai tout mon temps, tu ne m’attends plus. La corde qui me liait à toi s’est brisée me laissant libre comme l’air.
Pour quoi faire ? Je n’ai pas d’ailes pour voler.
Cette corde, qui me liait à toi, me liait aussi à la Terre. Il faut que je retrouve un point d’ancrage ou je vais errer comme un zombie dans un monde auquel je n’appartiendrai pas.
C’est trop tôt pour que je me délivre et trop tard pour me ré-enchaîner.
Pour qui vais-je avoir une importance vitale maintenant.
Je travaille, je mange, je dors, je parle, mais j’ai mal.
À qui vais-je offrir tout cet amour dont tu m’as donné le goût au fil des jours, au fil des heures et des minutes ? Qui, par une pirouette, va faire s’évaporer ma mélancolie ?
La météo m’indiffère, tu n’auras plus jamais trop froid ou trop chaud.
Tu ne m’appelleras plus pour que j’éloigne les importuns, pour que je te tranquillise.
Où m’emportent mes souvenirs je ne vois qu’amour foudroyé.
Le printemps est là, les hirondelles s’installent, l’herbe pousse. Mozart égrène, en baume sur mon âme, des notes de compassion. La vie continue. Mais, mon dieu c’est dur, si dur. Tou-fou est mort.