In Libro Veritas

La Littérature Équitable

7096 membres | 3076 oeuvres du domaine public | 9765 oeuvres de nos auteurs

Non connecté
Identification
Inscription
Nouveau ! La clé ILV : Plus de 20 livres dans la poche
  • Accueil
  • Les auteurs
  • Publier
  • Forum
  • Catalogue
  • Cliquez-ici pour être banni 15 minutes...

Navigation : InLibroVeritas.net  > Humour > Lise - fragments > Page 1

Lise - fragments

Couverture de l'oeuvre
Catégorie : Humour
Par Pétronille Memphis
  • Date de publication sur In Libro Veritas : 19 avril 2008 à 2h21
Fragments enlevés de la présente version, qui font vraiment... bizarre, à côté du reste (version de Lise D. qui sera, bien sûr, remaniée bien avant que je mette l'intégralité ici, hum hum, j'ai vraiment un problème avec ça, tiens :p), un peu rigolo, voilà, pour sourire un peu !
(http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre15656.html)
  • L'auteur
  • Pas de vente papier
  • 8 commentaires

Oeuvre appréciée 9.67/10 (3 votes) | coeur 5 aiment  coeur brisé 3 n'aiment pas |  54 lectures |  1 page

  • Table des matières
  • Réduire la taille de la police
  • Augmenter la taille de la police
  • Lecture plein écran

Lise - fragments

fragment 1

                    Je suis une bûche. Lise Deshoulières est une bûche.  Lise ne bouge pas. Je ne l’ai pas voulu pourtant, je ne m’appelle pas André. Cet homme charmant, qui vivait avec ma tante entière, aurait trouvé ma position fabuleuse d’une classe folle et m’aurait immédiatement imité. Les gens le fuyaient depuis une petite histoire amusante qu’il aimait me raconter en prenant des manières et un rire haut perché de femme. Malgré tous les témoignages contre lui, personne n’a jamais pu prouver qu’il avait bien dépecé sa femme et attendu deux jours avant d'en faire exploser les organes au micro-ondes – un des premiers modèles français. Il était tellement content du résultat, de l’efficacité, de la rapidité de l’innovation, qu’il voulut  partager son enthousiasme dans un journal – la seule erreur qu’il eût jamais faite. Quelques années plus tard, la revue Cuisine Moderne lui fit hommage, « Landru Superstar », dans un dossier Histoire consacré aux nouvelles technologies dévoyées à usage personnel.  Ma famille est très ordinaire, avec  des sœurs qui ne me parlent pas, des parents qui font plein d’autres verbes, des cercueils, et des anecdotes.  Quand la première est née, papa avait acheté un petit manoir adorable. Au milieu des bois avec sa tourelle et ses petites fenêtres, il me plaisait beaucoup. Je rêvais d’y habiter, à la place de sa poupée, la pute. Je clamais partout que je me transformerai en Poucelina à mon dixième anniversaire, « comme les hermaphrodites ». Je racontais, exaltée, la transformation progressive par laquelle je passerai : fonte musculaire, tassage des os, miniaturisation.

                Mon père était un botaniste forcené. J’ai beaucoup appris à son contact. Outre l’intérêt de posséder des plantes carnivores, j’ai compris grâce à lui qu’on ne pouvait décemment pas utiliser ses connaissances sans les mettre en pratique. « Ah ma fille, l’expérience est la meilleure exploration du monde ! »

  C'est comme ça que j'ai commencé à me tester sur ma voisine. J'avais gentiment commencé un traitement par la boule-de-neige, puis ajouté des orties et des ramies, qu'elle pouvait avoir à volonté ; de la buglosse, des hélénies, et de l'aristoloche. L'anémone n'est venue qu'à la fin, bien entendu.

Je me souviens de ma visite à l'hôpital, j'avais apporté des chrysanthèmes. Je pensais la faire rire. Mademoiselle m'a sommé de partir – me menaçant d'appeler une infirmière – quand je lui ai parlé de mon envie de devenir photographe. Je voulais une mise en scène très drôle, où j'aurai joué avec sa blouse, les boutons du mur, ou le bras de perfusion. Allongée, elle était sublime. Toute couverte d'étranges fils et habillée d'un large bracelet de plastique ; et même sous un masque de soufre, elle n'était toujours pas sensible à mes désirs, cette pute. Après sa convalescence, elle m'a accusé d'empoisonnement et elle est partie. Cette fille n'avait aucun humour.

L'avantage d'entretenir un minimum de relations, c'est qu'on peut ménager son mépris. Détester les gens demande de l'endurance. En ce sens, j'ai eu beaucoup de chance que ma mère soit morte en couches. Sa sœur, qui a toujours été tragique, m'avait confectionné ce qui devait être un émouvant trousseau de bébé. Il s'agissait d'une boîte où elle avait rangé des photos de ma mère, et la page jaunie de journal où figuraient son décès et ma naissance.

Pour appuyer sa dévotion, elle me racontait à chaque fois qu'elle avait épluché toute la presse de la région. Notons aussi leurs derniers tickets de cinéma, prospectus et autres sachets crasseux, soigneusement étiquetés. A cause de ce machin, toute l'école murmurait à mon sujet que j'avais une tante folle à lier, une tante en contact avec des forces divines, qu'en tout cas la vérité était ailleurs et surtout pas dans ma bouche.

Rose me raconte encore souvent qu'elle finira par entendre les oiseaux chanter en grec, et par cacher des pierres dans ses poches avant d'avancer lentement dans un lac. Son mari trouvera à sa mort une lettre où elle a écrit les mêmes mots que Virginia Woolf et ajouté un post-scriptum blâmant sa minuscule virilité pointante. Rose a tellement peur d'oublier, dans sa future démence, de cracher sur sa misère sexuelle causée par un amant mauvais et régressif, que la lettre est déjà composée et cachetée d'une cire rouge sang. C'est tellement elle. J'ai hâte.

Ne lui en déplaise, elle n'a toujours pas perdu la tête. Mon père si, par contre. Il a passé ses deux dernières années à répéter qu'il mourrait fou s'il ne trouvait pas le concombre fugitif d'Octave Mirbeau. Effectivement, il est mort. Son jardin était devenu une succursale de l'Enfer, remplie de grenouilles siffleuses en plâtre. Elles m'ont valu un cauchemar récurrent où je le vois désireux de me marier à Syphilis, une grenouille qui détecte les mouvements et bave, bave, bave. La bave se transforme en sang pâteux et lourd qui coule sur ma robe, et les demoiselles d'honneur viennent me la déchirer en poussant des cris essoufflés. Mon père fait le prêtre et prononce d'une voix monotone cette phrase terrifiante : « bonsoir les choses d'ici-bas, puissiez-vous engrosser ma sucrette par la meilleure et la pire des positions ». La messe dite, il part seul en dansant le madison.
  • Pas de page précédente
  • Fin
  • Afficher la liste des oeuvres de la catégorie "Humour"

Que pensez-vous de cette oeuvre : J'aime Je n'aime pas

Options concernant cette oeuvre

  • Signaler une faute à l'auteur, page 1.
  • Poster un commentaire à propos de cette oeuvre
  • Alerter un modérateur
  • Placer un marque page sur cette page pour reprendre la lecture plus tard
  • Ajouter à vos oeuvres favorites
  • Envoyer cette oeuvre à un ami

Licence de cette oeuvre

Contrat Creative Commons
L'oeuvre ci-dessus est mise à disposition sous un contrat Creative Commons by-nc-nd 2.0

Faire un don à cet auteur

Livre ILV-Edition
Offrez à cet auteur la chance d'être publié !
Pétronille Memphis n'a pas encore reçu de don
99 € manquants pour publier sur ILV-Edition.com
  • Faire un don
Votre livre papier
ILV vous permet d'acheter un livre papier comportant les oeuvres de votre choix.
  • En savoir plus
Edition classique
couverture
Le retour aux sources
Mestr Tom
Tomic est arrivée au paradis, il rencontre Erebios qui lui raconte son histoire le temps où les hommes n'étaient encore que des êtres primitifs descendant de leur...
  • Voir ce livre
couverture
La Recherche Racontée (...à mes potes)
Clopine Trouillefou
J'ai remarqué un phénomène curieux, à propos de Marcel Proust et de son livre-cathédrale " A la Recherche du Temps Perdu" ; c'est que, dès qu'on en parlait, les langues se déliaient, et mes...
  • Voir ce livre
Publiez votre livre
ILV-Edition vous permet de publier un livre sans contrat d'exclusivité
ilv-edition.com
ILV-Experience
En savoir plus
Retrouvez nos catalogues : monde du libre et auteurs repérés sur et par InLibroVeritas.
  • Le catalogue
  • Le catalogue étendu
Newsletter

  • En savoir plus
Gauche d'auteur
LPBDL
FramaBook
L'annuaire ILV
ILV-Store
CreaJAM
April
Meedle
LinuxFR
Source et Partenaire
Recherche
Lecture libre...
  • Le meilleur d'ILV
  • Romans / Nouvelles
  • Humour
  • Actualité
  • Poésie
  • Informatique
  • Théâtre
  • Essais / Critiques
  • Tribune libre
  • Biographies / Témoignages
  • Documents
  • Contes
  • Jeunesse
  • Vie pratique
  • Économie/Finances
  • Sciences humaines
  • Sciences / techniques
  • Correspondances
  • Scénarios
  • Chroniques
  • Thèses
  • Esotérisme / Spiritualité
  • Citations
  • Philosophie
  • Textes fondamentaux
  • Lyrics - Chansons
 
Plus de lecture...
  • Les plus lues
  • Les plus appréciées
  • Dernières critiques postées
  • Tout juste publié
  • 10 oeuvres oubliées
  • Dernières ventes
  • Messages des auteurs
Agenda littéraire
L M M J V S D
1 2 3 4 5 6 7
8 9 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30 31
<< | Décembre 2008 | >>
À découvrir
Une colombe aux yeux bridés

Nasser OUDJIT
Une colombe aux yeux bridés
Qui est "Gabriel" et l'autre avec les yeux du diable....

InLibroVeritas reçoit un Lutece d'Or 2007
InLibroVeritas soutient Oxyradio
  • Firefox 3
  • OpenOffice.org

Confidentialité | Conditions générales de vente | Questions fréquentes | Partenariats | Nous contacter

© 2004-2008 Reverbere.net, Tous droits réservés. In Libro Veritas est une marque déposée.

Crédits complets | Webdesign : AG Creations | Gandi.net In Libro Veritas est soutenu par Gandi. | Cherise | Alaplume

Nous acceptons les VISA, Eurocard Mastercard et Cartes Bleus In Libro Veritas a été conçu pour être lisible par tous
In Libo Veritas est valide Xhtml 1.1 In Libo Veritas est valide CSS 2.0