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L'ange gardien du démon-tome 2 : Le Paradis et l'Enfer-1ère partie

Par Caroline Miftari

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Table des matières
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La colère de Dieu

Il resta peut-être ainsi à errer en l’Olympe pendant plusieurs heures sans que personne ne se manifestât. Probable qu’ils étaient tous à La Cité de Dieu pour mettre le point sur la situation qui s’était déroulée à Massada.

Les nuages assombrissaient encore le ciel et des fines gouttes de pluie tombaient encore, par instant, à chaque fois qu’il versait quelques larmes. Il déambula sans aucun but pendant encore un bon moment quand une voix familière se fit entendre dans le ciel. Il reconnut la voix d’Hariel et se précipita parmi les arbres pour se cacher. Il ne voulait qu’on le trouve à aucun prix.

- Gabriel, tu es là ? fit la voix cristalline de la jeune femme qui vint à se poser près de la fontaine. Gabriel ?

Il ne broncha pas, le cœur battant. Que voulait-elle ?

La jeune femme se mit à fouiller les lieux, voltigeant ci et là à sa recherche.

- Allons, montre-toi, insista-t-elle en écartant quelques branches. Tout le monde te cherche partout.

Une petite troupe de Fées vinrent alors à elle et elles se mirent à parler de leurs voix de clochette avant de pointer leurs petits doigts dans la direction de Gabriel. Ce dernier eut un haut-le-cœur quand Hariel se tourna vers sa cachette.

- Tu es là ? Ne te cache pas, je sais que tu es là. Je vois ton halo, Gabriel.

Il resta pétrifié un bon moment jusqu’à ce qu’elle le découvre en écartant les branches derrière lesquelles il était caché.

- Ha, te voilà ! ria Hariel.

Aussitôt, Gabriel ouvrit grand ses ailes et prit son envol comme une flèche.

- Gabriel ! grogna Hariel de découragement en prenant également son vol pour le courser. Reviens !

Mais il ne se tourna pas vers elle et elle le poursuivit jusqu’au Jardin d’Eden. Gabriel était épuisé et il vint à se poser près de la fontaine d’Adam et Ève pour reprendre son souffle. Ses blessures le faisaient souffrir et le peu d’énergie qui lui restait suite à son ultime combat avec Lucifer l’avait affaibli. Il se pencha sur l’eau de la fontaine et but plusieurs gorgées pour se désaltérer quand Hariel vint sur lui pour lui sauter au cou avec des rires.

- Non, va-t’en ! fit Gabriel en la repoussant brutalement en arrière. Laisse-moi !

La jeune femme recula, complètement apeurée et déçue.

- Allons, Gabriel, dit-elle avec tristesse. Je t’ai cherché partout.

- Pourquoi ?

Elle se mit à se tortiller nerveusement les doigts devant elle. Elle n’avait pas quitté son armure et son corps était zébré de blessures, ce qui lui fendit le cœur de la voir dans pareil état.

- Dieu a envoyé pratiquement tout le monde à ta recherche, dit-elle.

- Comment se fait-il qu’il n’y ait que toi qui m’aies retrouvé pour l’instant ?

- Ils cherchent absolument partout,
au Ciel comme sur Terre et l’Univers même, ce qui est très vaste, tu sais. Il est très en colère à ce que tu te sois enfui de la sorte. Tes cinq compagnons en ont fort entendu de t’avoir laissé la chance de fuir ainsi.

- Désolé pour eux mais… je suis mort de honte et de peur.

Hariel le regarda en silence, la tristesse et le regret se lisant profondément sur son visage.

- Pourquoi Remiel m’a-t-il donc ressuscité ? se lamenta-t-il.

- Mais qu’est-ce que tu racontes ? s’épouvanta la jeune femme en s’approchant.

- Ne m’approche pas ! fit-il en reculant pour se retrouver assis sur le bord de la fontaine. Après ce que j’ai fait, je ne mérite que les Enfers ! Je L’ai trahi comme Lucifer L’avait trahi.

- Non, dit doucement Hariel d’un ton apaisant en venant se pencher sur lui et poser sa main avec délicatesse sur sa joue. C’était un accident, mon chéri.

De nouvelles gouttes de pluie vinrent à tomber quand les yeux de Gabriel se remplirent de larmes. Le cœur d’Hariel se fendit en fins morceaux en le voyant ainsi, une chose qu’elle n’avait encore jamais vue. La honte, le déshonneur, la crainte et le désespoir emplissaient le visage de Gabriel. Elle lui caressa la joue en passant une main dans ses cheveux pour tenter de le réconforter.

- Je ne suis qu’un meurtrier, s’accabla-t-il en enfouissant son visage dans la paume de ses mains.

- Non, pas du tout, rassura Hariel.

- Laisse-moi avec ma honte, fit-il en la repoussant gentiment.
Et laisse-les me retrouver, que je puisse être puni comme il le faut.

- Je ne te laisserai pas.

- Va-t’en !

Sans qu’il ne s’y attende, la jeune femme s’accrocha à son cou et elle l’enveloppa de ses grandes ailes avant qu’il ne sente ses lèvres se déposer avec une fine délicatesse et une douceur de nuage sur les siennes. Et il cessa de geindre sous le baiser. Elle les retira au bout d’un léger moment et elle le fixa intensément, un sourire confiant et apaisant aux lèvres. Il la fixa tout autant, le cœur battant.

- Comment as-tu eu le courage de m’embrasser après ce que je viens de commettre ? fit-il dans un murmure presque choqué.

- Je l’ai fait parce que je t’aime, dit-elle doucement. Quoique tu aies commis comme erreur, je t’aime. Depuis tellement de temps…

- Est-ce que tu te rends compte que notre baiser a fait se rencontrer deux âmes sœurs sur la Terre ? Et que notre union, si elle venait à arriver, les réunira pour toute la vie ? Qu’adviendra-t-il d’eux si je devais à brûler en Enfer ? Un Archange et un Ange s’unissant est extrêmement rare.

- Je sais. Vous n’êtes que sept et il n’y a que Saraqiel qui a trouvé une compagne faisant naître deux âmes sœurs sur Terre, jusqu’à maintenant. Et toi, tu es le deuxième.

Les âmes sœurs étaient deux êtres vivants sur la Terre ; deux humains à l’âme pure. L’union de deux simples Anges donnait naissance à un nouveau couple d’amoureux, tandis qu’un Archange et un Ange réunissaient deux âmes sœurs, une chose extrêmement rare mais pas inexistante. Il y avait donc sept chances sur des dizaines de milliards pour que cela existe. Mais, pour cela, il fallait que l’Archange tombe amoureux de quelqu’un et qu’il s’unisse avec l’élue de son cœur pour les unir.

De nos jours, nous ignorons vraiment si les âmes sœurs existent encore vraiment. Elles sont considérées comme des êtres inséparables, confiant l’un envers l’autre et ne pouvant survivre si l’un d’eux venait à disparaître. Chacune de leurs minutes quotidiennes est vouée à l’autre conjoint tellement leur amour est fort et tendre, ne pouvant se passer de l’autre pour accomplir quoi que ce soit. Une fois le couple humain s’étant éteint, l’Archange donnera un nouveau baiser plus passionné que le tout premier. Et il s’unira plus passionnément encore une nouvelle fois avec l’élue de son cœur pour former encore un autre couple humain, ce qui pouvait arriver après plusieurs dizaines d’années. Mais le temps - inexistant - n’est pas important dans les Cieux et les Anges et les Archanges s’uniront encore lors de la vie du couple aux âmes sœurs pour rendre leur amour encore plus profond et dévoué, chacune de l’union angélique donnant naissance à un enfant humain.

Mais le couple de Gabriel et d’Hariel était fragile, l’Archange sachant qu’il devra probablement partir pour subir une punition sévère de la part de Dieu. Il ne pouvait s’unir à elle, car il savait que les deux âmes qu’ils avaient fait se rencontrer sur Terre à l’instant se séparera définitivement, voire que l’un d’eux viendrait à mourir, plus probablement.

- Nous ne pouvons pas nous unir,
Hariel, dit-il. Nous ne pouvons pas, et tu le sais !

Il se leva pour se remettre à déambuler et de nouvelles gouttes de pluie tombèrent doucement. Hariel s’en protégea de ses ailes et s’approcha à nouveau de Gabriel. Elle trouvait cette situation tellement injuste. Elle prit la main de l’Archange pour la serrer dans la sienne et vint à appuyer sa tête sur son épaule.

- J’espère qu’Il ne te donnera pas une punition trop sévère, dit-elle avec crainte. Je supporterai mal de te voir souffrir, cela me ferait tout autant du mal.

- Je ne vois pas ce qu’il y a de plus douloureux que de devenir un Ange déchu. Cela me pend au bout du nez ! Je vais perdre ma dignité, mes dons, mon honneur et tout ce qui s’ensuit.

- Si cela devait arriver, je m’en irai avec toi en me faisant passer pour ta complice si je t’aide à te cacher pour éviter que l’on te retrouve. Je t’aime trop pour t’abandonner.

Délicatement, elle passa sa main si douce sur la joue de Gabriel et une larme roula sur la sienne. Ils se fixèrent l’un l’autre pendant un bon instant avant qu’ils ne viennent à nouveau à échanger un long baiser dans une étreinte angélique, s’enroulant mutuellement dans les ailes de l’autre comme pour se cacher des regards indiscrets.

- Le voilà, fit soudain une voix au-dessus d’eux.

Le couple se sépara et leva les yeux au ciel pour voir quatre costauds soldats de Dieu. Le sang de Gabriel ne fit qu’un tour à la vue des chaînes qu’ils tenaient.

- Va-t’en, Gabriel ! cria Hariel en le poussant. Je vais les ralentir.

Elle sortit sa longue épée et vola vers eux. Elle croisa le fer avec les quatre gardes pour les retenir et Gabriel la regarda faire en restant un bon moment sur place.

- Hariel, ne fais pas ça ! prévint-il. Tu vas être punie, toi aussi, si tu te mesures ainsi contre la volonté de Dieu.

- Va-t’en ! cria-t-elle avant de croiser à nouveau le fer.

Gabriel ne broncha pas jusqu’à ce que quatre nouveaux gardes arrivèrent avec vitesse. Il prit aussitôt sont envol pour espérer leur échapper. Ce fut de courte durée, car à peine parcourut-il cinq cents mètres dans les airs que les gardes agiles lui lancèrent un bola qui vint à s’empêtrer dans ses ailes qu’il ne put plus battre. Il tomba alors comme un pierre pour atterrir avec lourdeur et souffrance sur le sol. Heureusement, il n’en était pas trop éloigné, mais il fut sonné pour un bon moment.

Hariel subit le même sort mais tomba moins rudement. Elle fit de son mieux pour tenter de prendre son poignard et de couper les liens mais elle n’y parvint pas, les mains empêtrées dans les cordelettes du bola. Elle ne put que tourner des yeux désespérés vers Gabriel qui grognait de douleur.

Les huit gardes s’approchèrent d’eux et les soulevèrent de terre pour les remettre sur leurs jambes. Hariel se débattit quelque peu pour essayer de se libérer mais ce fut peine perdue. Les gardes vinrent à nouer leurs ailes à l’aide de chaînes pour éviter tout nouvel envol. Tous deux se décidèrent à ne pas aller contre leur volonté, sachant à l’avance qu’ils allaient perdre la bataille et leur fuite pour subir bien plus de colère de la part de Dieu sous ce geste.

Gabriel avait des yeux épouvantés et anxieux. La colère de Dieu allait gronder comme jamais depuis bien longtemps, depuis la mort de son fils crucifié.

- Allons-y ! dit un garde. Il vous attend de pied ferme, Gabriel. Quant à toi, jeune Hariel, j’ignore ce qu’Il va décider pour toi et ta complicité envers Gabriel.

Ils prirent leur envol en emportant les deux prisonniers et se dirigèrent jusqu’à La Cité de Dieu à bonne allure. Plus ils s’en approchaient et plus la terreur s’emparait du cœur de Gabriel qui se mit à trembler de tous ses membres.

Le Palais de Dieu fut enfin en vue, trop tôt pour l’Archange, et ils vinrent à se poser sur la grande plate-forme d’atterrissage. Gabriel fut entraîné jusque devant le trône de Dieu, qui y était assis, et Hariel fut laissée sous surveillance en arrière. L’Archange fut littéralement jeté aux pieds du Seigneur dont les yeux lançaient des éclairs de colère et le Ciel devint sombre et orageux à son arrivée. Gabriel n’osa nullement lever le regard vers Lui après s’être écroulé à genoux sous la poussée des deux gardes.

La grande salle était pleine à craquer d’Anges, de Centaures, de Chérubins, d’Angelots et toutes autres créatures. Malgré tout ce monde, un silence de tombe régnait tout autour de lui, presque angoissant. Seul le bruit du vent passant entre les colonnes soutenant le palais fendait ce silence pesant. Un grondement sourd de tonnerre se fit entendre et le cœur de Gabriel se serra. Il resta agenouillé, la tête basse, comme pour demander pardon à Dieu qui ne pipa mot pendant au moins deux bonnes minutes, qui parurent une éternité à l’Archange tremblant de tous ses membres.

Enfin, Il parla :

- Regarde-moi, dit-Il calmement.

Avec trémulation, Gabriel accueillit les mots résonnant tel un nouveau grondement de tonnerre. Il leva les yeux avec une terreur sans nom et regarda le Seigneur, fièrement et furieusement assis sur Son estrade au-dessus de lui. Il croisa le regard des cinq autres Archanges, Uriel étant probablement encore en soins, d’où sa probable absence. Tous avaient le visage tiré d’une certaine colère et d’appréhension.

Les doigts de Dieu se mirent à tapoter l’accoudoir de Son trône avec un certain agacement, sans le lâcher de Ses yeux emplis d’éclairs.

- Je t’avais donné une mission des plus banales, gronda-t-Il alors. Et tu m’as désobéi délibérément.

Les yeux de Gabriel se remplir de larmes et de terreur, et il secoua frénétiquement la tête.

- Non ! se défendit-il.
Ce n’était pas délibéré ! Une fillette était en prise avec un démon, j’ai voulu la libérer et…

- Assez ! éclata Dieu dans un éclair déchirant. Tais-toi !

Gabriel se tordit les doigts d’angoisse sur sa cabade et tenta de reprendre son souffle.

- Combien de fois t’ai-je dis de ne jamais abandonner ton poste, quoiqu’il advienne ? Tu sais très bien qu’une vie de perdue vaut mieux que mille et qu’au moins son âme vient jusqu’ici. Tu as laissé cinq cents réfugiés sous l’emprise de Lucifer et de ses démons. Cinq cents ! Cinq cents âmes de suicidés en plus pour peupler le royaume des Enfers et que leur maître se donnera à cœur joie à éparpiller sur Terre pour semer des choses inimaginables à mes créations. Tout se passait bien pour eux jusqu’à ce que tu les abandonnes. Ils auraient probablement survécu à l’assaut sur Massada grâce à toi, telle était ta tâche que tu te devais de mener et terminer dignement.

Gabriel n’eut comme réflexe que de baisser à nouveau la tête et fermer les yeux en serrant les paupières. Les images des réfugiés morts à ses pieds se mirent à danser dans son esprit comme des nuages emportés par un vent violent.

- Tu as osé désobéir à ton Dieu, Gabriel, gronda encore Ce dernier. De plus, tu as fui comme un lâche au lieu de venir te plier à ton destin en te présentant devant moi. Tu as agi pratiquement en traître. Et Hariel semble avoir été ta complice dans cette tâche. Mais je m’occuperai de cela plus tard avec elle.

Gabriel tourna doucement et discrètement la tête d’anxiété vers la jeune femme, qui avait la tête basse de honte.

- Regarde-moi ! éclata Dieu sous le tonnerre.

Gabriel s’exécuta aussi sec, tout en tremblant.

- Que complotiez-vous, tous les deux ? demanda-t-il sourdement.

- Elle avait juste peur pour moi, répondit Gabriel avec hésitation, la voix emplie de tremblement.

- Comment cela ? gronda-t-Il encore.

Gabriel hésita encore à répondre, la gorge nouée.

- De Votre colère contre moi.

Dieu le fixa un instant puis Hariel. Il comprit ensuite ce qui liait les deux êtres en interceptant le regard de chacun d’eux et Il sembla se radoucir un moment seulement.

- Je vois ! fit-Il. Et je comprends également sa crainte et la tienne, mais ta fuite a rendu ta situation plus compliquée encore. Tes cinq compagnons vont être légèrement punis pour t’avoir laissé ainsi la possibilité de fuir et ils feront quelques travaux forcés pendant une centaine d’années. Quant à toi… ta punition sera bien plus sévère.

Il se leva, menaçant, et sembla bien plus grand encore à Son approche de l’Archange qui se coucha presque sur le sol avec misère et respect pour son Dieu.

- Dites-moi, se prépara Gabriel dans des sanglots qui firent naître de nouvelles gouttes de pluie.
Je me plierai à Votre volonté pour racheter ma faute, Seigneur Tout-Puissant que Vous êtes !

- À part rejoindre Lucifer, je ne vois rien de plus dur pour te punir ! hurla Dieu de colère sous un violent coup de tonnerre, qui fit crier et sursauter tout le monde.

Gabriel se redressa subitement, levant aussitôt des yeux complètement épouvantés sur Lui.

- Non ! implora-t-il. Non, pas l’Enfer, je vous en implore ! J’ai commis certes une faute et je veux la réparer, mais je ne veux pas aller en Enfer. Ne faites pas de moi un Ange déchu ! Non, Seigneur ! Je ne voulais pas ! Je ne voulais pas que cela arrive ! Je ne veux pas subir ça !

Un torrent de pluie tomba alors sur le Paradis, au point que l’eau vint à s’engouffrer dans le palais, accompagnant les pleurs bruyants sous les implorations de Gabriel qui se jeta littéralement et misérablement aux pieds de Dieu en lui demandant pardon. Le Seigneur s’écarta vivement pour ne plus à subir tel tourment de la part de l’Archange.

- Que veux-tu que je fasse de toi, après ce que tu as commis ? fit-Il dans un nouveau grondement. Tu m’as déshonoré ! J’avais fait promettre aux Sicaires et aux Zélotes qu’ils seront sauvés grâce à nous et toi tu as tout détruit ; toi seul. Tu ne mérites que l’Enfer ! Tu as commis un génocide épouvantable. Je ne vois rien de plus sévère que de t’envoyer là-bas pour subir les tourments par la main de ceux que tu as abandonnés pour qu’ils se vengent de toi. Je ne veux plus te voir jusqu’à ce que je décide quand je vais t’y envoyer définitivement.
Disparais, hors de ma vue !

Un nouveau violent coup de tonnerre ébranla le palais et Dieu se détourna de l’assemblée.

- Que tu ne sois plus là quand je reviendrai, infidèle ! dit-Il une dernière fois avant de quitter la salle avec colère. Je te laisse une minute !

Tremblant de tous ses membres, Gabriel releva les yeux sur l’assemblée réunie autour de lui et croisa leurs regards. Ils le regardaient avec colère mais également de la pitié. Une grande pitié !

Il tourna les yeux vers ses confrères qui avaient le tête basse. Seul Michel vint à lever les yeux sur lui et se leva pour s’approcher.

Ils avaient promis de le soutenir mais ils n’en avaient absolument rien fait. Il se sentit alors trahi et délaissé, et il fixa Michel comme la mort, ce dernier s’approchant encore.

Les gardes vinrent à le libérer de ses chaînes pour qu’il puisse à partir avant le retour de Dieu et il s’approcha vivement vers le tube du toboggan, les jambes tremblantes, sans porter un regard sur qui que ce soit.

- Gabriel, attends ! appela Michel en courant à lui. Attends, laisse-moi t’expliquer !

Mais Gabriel avait déjà plongé.

Chapitre suivant : L’Archange en peine