L’Archange Gabriel et le Paradis des Cieux
Gabriel déploya ses grandes ailes quand il sortit du grand toboggan sous Le Palais de Dieu et prit à nouveau son envol. Pégase le rejoignit alors vivement pour voler à ses côtés.
- Oh, je t’avais oublié, mon pauvre ami ! dit Gabriel. Est-ce que tu viens à La Cité des Archanges avec moi pour passer la nuit en ma compagnie ?
Pégase s’ébroua joyeusement et Gabriel lui sourit.
- D’accord ! Mais il faut d’abord que je fasse un crochet par l’Olympe. Il faut que je voie Hariel, elle me manque.
Il vola jusque là en compagnie de son fidèle compagnon et il chercha un endroit approprié pour atterrir. Mais il chercha Hariel des yeux tout en volant et, enfin, il la vit, là, en train de cueillir des fruits sur un arbre. Il eut un sourire heureux et atterrit plus loin de l’emplacement de la jeune femme pour se cacher.
Elle ne le vit pas arriver, trop absorbée par sa cueillette et son fredonnement. Gabriel se cacha derrière un arbre et admira la jeune Ange, bien qu’elle fut tout aussi âgée que l’Archange, ayant été créée peu après lui en tant que messagère elle aussi.
Il admira ses longues ailes d’une blancheur scintillante et ses longs cheveux dorés parsemés d’étoiles. Elle était radieuse dans sa longue aube blanche translucide et scintillante. Sa voix était tellement douce et sa peau aussi sensible au toucher qu’un nuage.
Il l’admira encore de loin jusqu’à ce que Pégase lui donna un léger coup de museau.
- Chut ! ordonna doucement Gabriel en posant un doigt sur ses lèvres.
Jamais il ne lui avait vraiment avoué ce qu’il ressentait pour elle, mais Pégase connaissait ses sentiments, alors il le taquinait sans arrêt quand Gabriel venait à la regarder, timidement caché. Le Cheval Ailé revint à le pousser du museau avec insistance.
- Arrête ça ! ria Gabriel dans un murmure en lui donnant une petite tape sur l’oreille. Tu n’es qu’un garnement ! Laisse-moi décider d’y aller, pour une fois.
Il sentit son cœur bondir dans sa poitrine quand la femme cessa de fredonner et regarder autour d’elle, ayant probablement entendu la voix de Gabriel qui recula derrière l’arbre pour mieux se cacher. Ne voyant personne, elle se remit à sa tâche en chantonnant. Il se décida alors à avancer à pas de loup vers elle et posa délicatement ses mains sur les yeux de la jeune femme une fois près d’elle. Elle sursauta légèrement dans un petit cri de surprise.
- Qui est là ? demanda Gabriel d’une voix amusée à son oreille.
- C’est encore toi, Archange Gabriel ? dit-elle avec amusement. Tu as failli me faire peur. Je me doutais bien que j’avais entendu du bruit et des murmures.
Elle écarta délicatement les mains de Gabriel de son visage et se tourna vers lui sans le lâcher, ce qui fit bondir le cœur du Messager.
- Cela fait quelques jours que tu ne viens plus traîner en Olympe, dit-elle avec le sourire le plus beau qu’il n’eut vu.
Elle le fixa longuement de ses grands yeux bleus et le sol sembla se dérober sous les pieds de Gabriel.
- Je ne t’ai pas vue au Palais de Dieu, ces temps-ci, dit-il avec un certain regret. Il n’a pas de messages à te confier ?
- Il a dit que les temps sont assez calmes, ces temps-ci. Les Messagers sont un peu plus occupés autour des guerres et surtout sur Massada. Mais Il pense qu’Il aura bientôt à nouveau du travail pour nous tous. Alors je viens cueillir quelques fruits pour les dieux, en attendant. En parlant de Massada, est-ce que tu iras si on te demande pour une bataille ?
- Dieu m’en a parlé, en tout cas. Normalement, si cette bataille a lieu, nous y allons tous, non ? Mais dis-moi, pourquoi ne viens-tu donc pas habiter à La Cité des Archanges ? Nous pourrions nous voir plus souvent et je ne serais pas toujours obligé de venir dans le Ciel de l’Est pour venir te voir.
- Mais tu n’y es pas obligé, dit-elle avec un sourire narquois. Parce que tu te sens obligé de venir jusqu’ici pour me voir ?
- Euh… En fait… je m’y sens obligé parce que… je… il y a que… Euh… je…
Il se massa et se gratta la nuque avec nervosité, ses ailes remuant sans arrêt, se ployant et se déployant légèrement.
- Mais qu’est-ce que tu as à gigoter de la sorte ? demanda Hariel avec amusement.
Gabriel sentit le rouge lui monter aux joues avec chaleur et il se mit timidement à rire en baissant les yeux.
- C’est dur à dire, dit-il enfin.
Elle le regarda avec coquinerie en se balançant joyeusement, son panier de fruits dans les bras et le sourire aux lèvres.
Elle savait très bien au fond de son âme ce que l’Archange Gabriel gardait enfoui dans son cœur depuis si longtemps. Et elle-même semblait ressentir la même chose. Mais cela faisait tellement de temps qu’il venait la voir, lui offrait des cadeaux et faisait même de longs détours lors de ses retours de livraisons de messages pour venir la voir. Ils avaient beau faire de longues balades dans le ciel, jouant entre les nuages, effectuant des piqués le long des plus gros amas nuageux pour continuer leur course jusqu’au-dessus des eaux de la mer pour survoler cette dernière avant de remonter au ciel ; ils avaient beau aussi cueillir les fruits ensemble ; jouer avec les Chérubins et toutes créatures peuplant le Paradis mais jamais aucun des deux n’avaient osé avouer ses sentiments pour l’autre. Et Hariel commençait à trouver le temps long au bout de cinq cents ans qu’ils se connaissaient. Et Gabriel ? Pourquoi ne faisait-il donc pas le premier pas ? Et elle ?
Gabriel resta là à balbutier n’importe quoi depuis déjà un moment. Hariel le fit cesser doucement en posant sa main sur son bras.
- Tu as fini ? rit-elle. Dis-moi ce que tu voulais me dire. Tu es le Messager, non ? Alors livre-moi ton message.
- Euh… eh bien, je… je n’en ai pas, dit-il amèrement.
- Alors que fais-tu ici ?
- Je voulais juste te voir, c’est tout. Tu m’as manqué, ces derniers jours. Viens habiter à La Cité des Archanges avec moi.
- Gabriel, les tours dans lesquelles tu vis sont justement réservées aux Archanges et aux grands Messagers. Je n’y es pas ma place, et il n’y en a pas pour moi, de toute manière.
- Tu viendras habiter avec moi, proposa joyeusement l’Archange avec un sourire fort entrain. Nous sommes libres de faire ce que bon nous chante, ici.
Elle eut le plus beau des sourires, encore une fois. Un sourire que Gabriel ne se lassait jamais de voir. Elle leva doucement la main et commença à jouer avec l’une des cordelettes d’argent et d’or qui pendaient de la gibecière de Gabriel, qui sentit son sang bouillir dans ses veines. Elle lui prit ensuite la main pour admirer le long bracelet de runes dans le même matériau qui ornait son avant-bras.
- Je vais y réfléchir, dit-elle comme si elle avait déjà pris sa décision. Tiens-toi prêt pour la réponse dans, disons, trois jours. Est-ce que c’est d’accord ?
Avec un certain sourire déçu, Gabriel accepta le marché.
- C’est d’accord.
Elle lui offrit encore le sourire le plus merveilleux et vint à poser le baiser le plus doux et le plus délicat sur sa joue. Son cœur manqua d’exploser sous ce geste qu’elle n’avait encore jamais accompli ni même lui, qui avait le caractère trop timide pour s’y oser. Elle se redressa doucement et le fixa droit dans les yeux.
- Alors repasse ici dans trois jours pour que je puisse te donner ma réponse, Messager de Dieu, ironisa-t-elle gaiement avant de s’éloigner en se détournant gracieusement parmi les arbres, lui lançant un grand regard enthousiasme de ses yeux bleus.
Gabriel attendit qu’elle eût disparu parmi les arbres pour toucher encore le baiser qui lui brûlait encore agréablement la joue, telles les flammes du soleil de midi que répandait Lampos tirant le char de Hélios. Un sourire joyeux et fou se dessina sur son visage et le halo doré et argenté qui l’entourait fut bien plus intense sous les émotions. Il relâcha sa respiration qu’il avait bloquée sous le baiser et eut un rire victorieux avant de hurler de joie en s’envolant telle une étoile filante.
Hariel stoppa sous le cri et leva les yeux pour voir la lueur intense de Gabriel briller de mille feux dans le ciel du couchant. Elle vit ensuite Pégase prendre son envol au-dessus des arbres pour tenter de rejoindre son compagnon heureux comme un dieu et criant toujours de joie.
Tout ce bruit réveilla les dizaines de petites Fées qui habitaient les arbres et qui se mirent à voler dans les airs, toutes lumineuses de toutes les couleurs existantes, pour se mettre à rire et jacasser de leurs voix de clochette en voyant l’Archange radieux dans les cieux.
Hariel ria de bonheur et se détourna du ciel pour reprendre sa cueillette dans les lueurs du couchant en reprenant sa chansonnette que Gabriel lui avait apprise un jour.
Gabriel voltigea tel un fou entre les nuages en reprenant la route de La Cité des Archanges tout en chantant et criant de joie, sentant encore le baiser sur sa joue. Pégase fit son possible pour suivre le vol enthousiasmé de l’Archange qui filait presque comme une étoile filante sous la voûte céleste qui commençait à apparaître, Philogaesus tirant le char de Hélios ayant bientôt terminé son parcours. Gabriel dansait et tournoyait de joie en vol et il vint soudain à étreindre Pégase par le cou.
- Tu as vu ça, mon fidèle ami ? s’extasia-t-il. Elle m’a donné un baiser ! C’est la première fois qu’elle me donne un baiser. Tu sais ce que ça veut dire ?
Pégase s’ébroua joyeusement comme réponse.
- Tu as tout compris, mon brave ! Je crois qu’elle désire plus que moi avouer ses sentiments en ce qui nous concerne.
Il lâcha Pégase et se remit à tournoyer dans les airs en chantant de joie jusqu’à La Cité des Archanges. Il reprit quelque peu son calme dans le Royaume des Âmes, dans le nord-est du Ciel, abritant les âmes des défunts les plus purs.
Une partie du Paradis des plus vastes, accueillant les âmes après leurs passages aux Portes de Saint-Pierre, suivant le Purgatoire.
Les âmes les plus pures étaient admises à l’intérieur même du Paradis tandis que les âmes impures étaient envoyées dans le noir du ciel, le piquetant d’étoiles, pour ainsi exposer leurs péchés les plus funestes à tous ceux qui les verront, bien que la plupart eurent agi dans l’ombre. Et il était regrettable d’en voir autant ainsi exposés. Des traîtres des plus épouvantables, des meurtriers et pires encore, qui n’avaient aucun remord.
En passant ainsi au Royaume des Âmes, ces dernières ne purent éviter de remarquer le passage de Gabriel, toujours aussi fou de joie et de rire, en le saluant de part et d’autre de la cité avec des cris réjouis, que ce soit des tours d’or et d’argent, ou de nuages, ou de tout autres endroits merveilleux.
Les Angelots vinrent à la rencontre de l’Archange avec gaieté et se mirent à le courser pour jouer sur plusieurs distances de la cité. Ils criaient, riaient et appelaient à tout instant Gabriel qui prit un peu plus de vitesse pour les distancer. Pégase fut pris au piège par ces petits Anges à l’âme d’enfant et dut voler dans tous les sens pour les fuir.
Gabriel ne voulait pas jouer pour le moment avec les Angelots. Il était fatigué et la vue et le baiser d’Hariel lui emplissait encore trop le cœur et l’âme pour vouloir à jouer maintenant. Bien qu’il fut bien plus léger que n’importe quel nuage, hormis sur la Terre, il se le sentait bien plus encore.
Mais les Angelots le pesaient encore dans leur poursuite, le tirant quelque peu de sa rêverie, alors il plongea dans un gros amas de nuage au-dessous de lui et il prit bien plus de vitesse pour échapper à ses petits prédateurs. Il entendit et vit les Angelots à travers le nuage et pousser des petits râlements de mécontentement en regardant par-dessus son épaule. Alors il sortit de sa cachette en bordure de la sortie du Royaume des Âmes, étant hors de vue. Il regarda encore en arrière pour voir si Pégase s’en était lui-même sorti et il eut un grand sourire en le voyant enfin arriver, complètement essoufflé. Gabriel fit du vol en surplace pour l’attendre en riant et vint à étreindre à nouveau son compagnon pour l’apaiser.
- Tu t’en es sorti indemne, apparemment, dit-il en souriant. Rentrons, mon ami, je tombe de fatigue.
Pégase s’ébroua d’enjouement et suivit à nouveau Gabriel jusqu’à arriver enfin à La Cité des Archanges.
Plus communément, en tant qu’abréviation, la cité était surnommée « Archangiyã » dans la langue divine que parlait le peuple du Paradis depuis que Lucifer avait été jeté sous la terre pour ainsi lui éviter de deviner les desseins de son ennemi, Dieu. Tout comme La Cité de Dieu, cette dernière était également appelée « Diédissiyã ». Le Royaume des Âmes était également nommé « Ãmãtëssyië ».
La langue avait été complètement changée et remplacée par celle divine que l’on nommait « Saïñt
Lãng ». Le rapprochement des mots avec « Saint » et « Langue » ne passant point inaperçu à travers eux, plus à leur lecture qu’à leur prononciation incompréhensible, mais non moins des plus merveilleuse à entendre, pour tout être mortel ou démoniaque. Seul le nom de la langue parlée aujourd’hui par les êtres peuplant le Paradis est compréhensible en lecture pour les hommes. Sinon, tout autre mot écrit ou prononcé ne ressemble à aucun autre sur Terre ou dans les livres.
Le temps où Lucifer, jadis Ange de Lumière, vivait encore comme étant le bras droit de Dieu, l’araméen, l’hébreux et le latin étaient autrefois couramment parlés. Mais depuis que Lucifer avait trahi et tenté d’éliminer Dieu et qu’il fut envoyé sous la terre par la hardiesse et le courage de l’Archange Michel, la Saïñt Lãng avait été vite apprise, Dieu changeant leurs paroles à tous les habitants du Paradis, dans leurs cœurs et leurs âmes, bien qu’ils fussent mis au courant de ce changement avant les faits. Les anciennes langues avaient été complètement effacées de la surface du Paradis, les trois langues principales se parlant pourtant encore sur Terre par les hommes, mais qui sont pratiquement des langues dites mortes, de nos jours, sauf encore utilisées par les prières dans certaines religions.
Gabriel pénétra dans la cité tout aussi vaste que les autres et vola entre les tours d’argent, habitées par la plupart des Messagers de Dieu. La cité était remuante, des Anges volant partout tout autour de lui. Ils étaient très nombreux, car Dieu créa bien d’autres messagers, les septante-deux qu’il avait fait naître n’ayant pas été suffisants, le peuple des hommes se faisant lui aussi bien plus vaste et qu’il fallait beaucoup écouter.
Les Messagers apportaient surtout les prières des pauvres diables estropiés et malades venant prier dans les lieux saints à certains endroits de la Terre et Dieu répondait alors à leurs demandes pour les guérir. Mais les prières étaient forts nombreuses et Il ne pouvait répondre à toutes, mais Il savait que le tour des autres ignorés allait arriver et qu’ils guériront.
Les guerres et autres malchances pour beaucoup d’innocents pleuvaient sur la Terre et Dieu S’était plié de devoir créer bien plus de Messagers. Il savait que les millénaires à venir allaient être bien pires et le travail plus ardu.
Gabriel vivait dans le palais réservé aux Archanges, au sommet de la grande tour. Philogaesus rendait ses derniers rayons derrière l’horizon nuageux et l’Archange vint enfin à se poser à la plate-forme de ses appartements, toujours accompagné de Pégase.
Il se tourna vers la cité et admira le paysage changeant comme à chaque fois qu’il se retrouvait chez lui. Il adorait admirer ce royaume si beau, si gai, si chaleureux où joie et bonheur régnaient en maître au Paradis. La paix. Voilà ce qui rendait si beau le Paradis de Dieu.
Les Âmes des défunts des mortels, que l’on nommait par ailleurs les « anges », venus trouver la paix, la vie et le repos éternels, n’avaient aucune fonction auprès de Dieu, sauf si l’un d’eux le désirait. Il ne faut pas confondre les Anges Messagers et les Anges aux Âmes des mortels, leurs natures n’étant aucunement les mêmes. Les Anges Messagers étaient plus communément nommés les Messagers de Dieu et les Anges aux Âmes des mortels, Anges.
Quant aux Anges Gardiens, ils sont extrêmes rares, voire parfois inexistants, une invention de l’homme pour être guidé et protégé dans sa vie. Les rares cas sont surtout situés auprès des très jeunes enfants dans leurs périples. Mais, là aussi, rares sont ceux accompagnés d’un Ange Gardien.
Gabriel regarda ses confrères voler dans la cité, certains partant pour La Cité de Dieu pour ainsi recevoir de nouveaux messages à livrer et d’autres rentrant à leurs appartements pour la nuit qui tombait. Il profita des derniers rayons du soleil dans de douces et paisibles pensées, sans se soucier du lendemain, comme toutes autres créatures du Paradis de Dieu et de l’Olympe.
Une fois la nuit ayant laissé tomber son voile, la Lune vint à répandre ses rayons dans la nuit qui rendit le paysage bien plus féerique. Il admira encore la beauté du paysage qui changeait à vue d’œil sous la brise nocturne.
La chaleur du Paradis restait inchangée, gardant tout au plus une douceur agréable nuit et jour, été comme hiver, printemps comme automne. Pourtant, les saisons se faisaient voir et sentir sur l’Olympe, les arbres roussissant et perdant leurs feuilles dans des danses magnifiques au vent et colorées, chargeant les branches de fruits colorés et appétissants. Le printemps faisait ensuite son apparition après une brève neige, envahissant prés et arbres de fleurs et de senteurs, les Fées saisonnières effectuant leur travail sur Terre comme au Ciel pour ainsi éviter toute lassitude au peuple du Paradis qui verrait toujours la même saison printanière ou d’été. Pourtant, il suffisait de se rendre à certains endroits du Paradis en fermant les yeux pour se retrouver à n’importe quelle saison.
Gabriel caressa le museau de Pégase qui vint mendier un peu d’attention en le fourrant dans les cheveux de l’Archange, qui répondit à sa demande. Puis Gabriel bâilla durement et s’étira largement, ses ailes suivant son mouvement.
- Dieu, que je suis fatigué ! J’espère que les messages de demain seront moins rudes et moins loin que ceux d’aujourd’hui.
Il guetta les petites Fées des rêves d’un œil. Elles ne viendront pas tant qu’il ne s’était pas couché et endormi, sachant qu’elles répandront leur poudre des rêves sur lui, comme pour n’importe quel être vivant au Paradis ou parfois même sur Terre.
Il entra dans ses appartements aux tons d’argent et d’or. Des objets offerts comme cadeaux par Hariel étaient disposés un peu partout sur les meubles et les murs et le faisant souvent rêver, ainsi que des trophées en récompenses pour certaines missions importantes accomplies avec succès. Des hautes et larges fenêtres ordonnées sur tous les angles de la tour donnaient sur toute la cité d’Archangiyã. L’endroit était spacieux et agréable et un grand lit aussi blanc, léger et doux qu’un mouton de nuage l’attendait au milieu de sa chambre.
Il retira sa longue épée et la déposa sur la petit table non loin et vint à s’asseoir sur le bord de son lit pour retirer ses hautes guêtres aérées d’or et d’argent et ses escarpins. Se relevant, il retira sa ceinture hautement décorée d’argent et la laissa choir sur le sol avec la sangle tenant son épée et tout ce qui le couvrait encore, hormis son cabade* en forme de plume d’argent blanc de satin entourant ses hanches.
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* Kabbade ou cabade : sorte de jupe masculine grecque descendant jusqu’aux genoux ou mi-cuisses, bordée de franges aux nuances variés.
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* Kabbade ou cabade : sorte de jupe masculine grecque descendant jusqu’aux genoux ou mi-cuisses, bordée de franges aux nuances variés.
Il laissa également son diadème, son couronnement pour son rang, dont il ne devait au grand jamais se séparer par simple divinisation et son honneur.
Puis, sous les lueurs de la lune, il vint à s’étendre en tirant la couverture de satin et ferma les yeux. Pégase vint à se coucher à côté de son lit après avoir quelque peu ébouriffé Gabriel qui rit avant un bref bonne nuit. Il s’endormit paisiblement, et peu après une Fée des rêves, scintillante telles des étoiles et silencieuse comme la nuit calme, vint à répandre sa poudre aux songes sur eux.
Chapitre suivant : Jeu des sentiments