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L'ange gardien du démon-tome 2 : Le Paradis et l'Enfer-1ère partie

Par Caroline Miftari

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Table des matières
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La naissance des sept Archanges

Après avoir créé l’Univers et la Terre et tout ce qui les peuplait, Dieu se dit qu’Il lui faudra des messagers pour Le tenir informé de tout et apporter aux hommes, Ses enfants, tout ce qui sera bon pour eux et le plus important. Il réfléchit encore et se demanda quel sera l’être qu’Il allait créer pour cette tâche. Vu que l’homme qui peuplait la Terre et qu’Il avait créé était d’une beauté sans égal, Il pensa que Ses messagers auront cette même beauté.

Il referma Ses mains et commença à prononcer des mots.

- Tu seras mon messager le plus dévoué. Tu apporteras des messages de paix aux hommes que j’ai créés. Tu leur apporteras des messages de paix et de bienfaisances. Des messages d’amour et de bonnes nouvelles. Tu seras d’une beauté sans égal pour donner courage, confiance et espoir aux hommes que tu rencontreras dans tes quêtes sans qu’ils ne te craignent. Tu seras préposé au Paradis, aux Dragons, et aux Chérubins.

Tout en parlant, une lueur d’or et d’argent s’émanait d’entre Ses mains qu’Il finit par entrouvrir. Et là, dans sa paume, un être de chair et de sang y était étendu nu et inanimé. C’était un homme. Dieu réfléchit encore en voyant l’être parfait qu’Il avait créé.

- Vu que tu devras parcourir la Terre et le Ciel, je te donne les ailes de la colombe, l’oiseau de la paix et de l’amour, dit-Il en refermant Ses mains sur l’être.

Il les écarta à nouveau pour à nouveau faire apparaître l’être qu’Il avait créé mais maintenant muni de grandes ailes de colombe aux reflets d’or et d’argent. Dieu apprécia Sa création.

- Je te donne un souffle de vie.

Il effleura l’être de sa main et l’être aspira sa première bouffée d’air dans de premiers battements de cœur.

- Je te donne également les sens pour que tu puisses voir, entendre, sentir, goûter et toucher le monde dans lequel tu évolueras pour moi. Je te donne la parole pour que tu puisses à bien apporter les messages d’une voix douce, sereine et confiante pour que l’homme ne te craigne point. Tes yeux verront loin et perceront les nuages à travers lesquels tu passeras. Je te donne également la sensibilité, l’émotion et le désir, tout ce qui fait vibrer un être vivant et qui le fait se sentir vivre. Tu ne seras point malheureux et tu ne déverseras aucune larme. Mais si cela devait à se produire, la pluie tombera sur mon Royaume. Ton nom désignera ma force. La force de Dieu en hébreux, gabar pour la force et El pour Dieu. Mes enfants n’auront alors point de problème à se souvenir de ton nom.

L’être ouvrit les yeux sur son créateur et le regarda intensément. Dieu fut ébloui par la couleur des yeux qu’Il lui avait donnée. Ils étaient d’un vert extrêmement intense, profond et d’une beauté sans égal. L’être remua et s’assied, sans lâcher du regard son créateur qui lui offrit des vêtements de toute beauté, tissé dans un matériau unique doré et argenté, et un diadème d’or et d’argent à son front. Dieu admira encore Son œuvre et offrit une longue épée à l’être et une gibecière qui lui servira à porter les messages.

L’être sourit à son créateur et s’inclina respectueusement en s’agenouillant.

Des mains de Dieu naquirent encore Michel, Raphaël, Uriel, Raguel, Saraqiel et Remiel. Voici leurs noms et leurs préposés :

Uriel (ou « Ouriel »), l’un des saints Anges, celui du monde et du Tartare ;

Raphaël, l’un des saints Anges, celui des âmes des hommes ;
Raguel (ou « Ragouel »), l’un des saints Anges, qui tire vengeance du monde des luminaires ;
Michaël (ou « Mikaël » ou « Michel »), l’un des saints Anges, préposé aux meilleurs des hommes, à la garde du peuple ;

Saraqiel (ou « Sariel »), l’un des saints Anges, préposé aux esprits des enfants des hommes qui pèchent contre les Esprits ;

Remiel, l’un des saints Anges, que Dieu a préposé sur les ressuscités.

Dieu les nomma Archanges, pour faciliter leur prononciation par Ses enfants, qu’Il tira du grec arkhé (« commandement » ) et aggelos (« messager ») dont nous avons fait « ange », ce terme signifie « chef parmi les Anges ».

Dieu créa d’autres êtres, les Séraphins, les Chérubins, les Chevaux Ailés, les Centaures et toutes autres créatures magnifiques qui peupleront le Ciel que les hommes ne verront point depuis la Terre, sauf lorsque leurs âmes rejoindront les Cieux pour l’éternité. D’autres Anges messagers, septante-deux au total, furent également créés pour ainsi livrer d’autres messages aux hommes, mais pour livrer des messages moins importants que ceux de l’Archange dont il avait donné naissance.

***

Quelque part dans les cieux, en 73 après Jésus-Christ

Remontant vers les Cieux, l’Archange traversa maints nuages blancs. Il vola encore bien plus haut et vit l’une des plates-formes de repos destinée aux messagers. Il s’y posa délicatement et reprit quelque peu son souffle avant de regarder dans sa gibecière. Tous les messages qu’il avait à livrer avaient été rangés dans le côté droit de sa sacoche et il en fut heureux. Sur le côté gauche y demeuraient certaines réponses. Peut-être que Dieu avait encore certains messages importants à lui faire livrer et il ne voulait pas trop perdre de temps sur la plate-forme. Mais il était courbaturé et avait livré pas moins de quinze messages à travers le monde. Il était fatigué et n’inspirait qu’à se reposer.

Alors qu’il allait reprendre son envol, un Ange vint à atterrir à son tour sur la plate-forme.

- Tiens, Asaliah ! Bonjour !

- Oh, c’est vous, dit Asaliah en s’inclinant devant l’Archange. Vous avez terminé vos livraisons ?

- Oui, et j’en suis heureux ! Je suis épuisé. Et toi, combien en as-tu livrés ?

Asaliah fouilla dans sa gibecière.

- Seize. Mais j’en ai encore trois à livrer. Je venais juste prendre un peu de repos. J’ai les ailes qui en perdent leurs plumes.

L’Archange ria d’un rire doux et serein en s’approchant du bord de la plate-forme, vers le Nord.

- Il faut que j’y aille, dit-il. Dieu ne peut m’attendre encore.

- Dommage ! J’aime tellement parler avec vous quand nous nous croisons, ce qui est rare dans ce ciel si vaste.

- Pourtant nous vivons dans la même cité toi et moi.

- Oui, mais il est rare que nous nous croisions à La Cité des Archanges. Nous sommes sans arrêt en route.

- Ah ! Ça, c’est notre devoir que de livrer les messages de Dieu. Bon, trêve de bavardage. Adieu !

Il se jeta alors dans le vide en déployant ses grandes ailes de cinq mètres d’envergure et reprit son envol vers le Ciel Nord. Il traversa maints nuages et en survola bien d’autres, tous tout aussi épais et doux. Il aurait tant voulu se déposer sur l’un d’eux pour s’abandonner à une sieste, mais le devoir avant tout. En plus, il mourait de faim et de soif. Vivement Le Palais de Dieu pour se restaurer un brin, un petit buffet attendant chaque messager.

Il survola le Paradis de l’Olympe et y vit bon nombre d’arbres aux fruits succulents, ce qui lui fit monter l’eau à la bouche. Il sentit à nouveau son estomac crier famine et regarda encore avec regret les arbres aux branches pleines.

- Oh, après tout ! fit l’Archange avant de faire un léger piqué vers l’Olympe.

Il survola les arbres chargés et vint à passer prêt de l’un d’eux avant de se saisir en vol d’une belle pomme au rouge intense et croqua dedans avec appétit. Au loin, un petit lac à l’eau des plus pures scintillait droit devant lui et il vint à le survoler pour y plonger la main et en récupérer une petite quantité qu’il but. Il reprit quelques gorgées pour étancher sa soif avant de reprendre de l’altitude quand des cris d’admirations et joyeux se firent entendre au milieu des arbres. Il baissa les yeux et vit les Chérubins et les Fées sortir de n’importe où, suivis de Chevaux Ailés et de Licornes et de Centaures courant sur les terres du Paradis grec. Il remarqua le Cheval Ailé au blanc éclatant et qui vint à sa rencontre avec vivacité en hennissant en battant ses grandes ailes de cygnes. Les Chérubins vinrent également à sa rencontre sous des cris de joie.

- Attends-nous ! crièrent-t-ils à tue-tête.

- Navré, mais je n’ai pas le temps de venir jouer, dit l’Archange. Une autre fois, peut-être.

Les Chérubins râlèrent de déception avant de s’arrêter en vol. Mais le cheval blanc arriva finalement à sa hauteur et vint à enfouir son museau dans les cheveux bruns qui tombaient en cascades sur les épaules de l’Archange avec joie.

- Bonjour, mon beau Pégase, dit-il en lui caressant le museau. Tu ne devrais pas être avec Zeus ?

L’animal s’ébroua joyeusement et hennit encore.

- Je vois ! C’est vrai que ça fait longtemps que nous n’avons point jouer parmi les nuages ensemble. Mais j’ai du travail. D’ailleurs, il faut que j’y aille et je suis fatigué.

Le cheval l’attrapa par sa gibecière pour l’empêcher de partir.

- Allons ! Tu n’as qu’à venir avec moi, si tu veux.

Pégase hennit à nouveau de joie comme réponse.

- Alors, viens, dit l’Archange en reprenant sa route.

Pégase vint à le suivre avec entrain et ils volèrent côte à côte entre les nuages. Au bout d’un long moment, ils virent enfin les premières tours d’argent se dresser au loin, ce qui soulagea le Messager d’arriver enfin à La Cité de Dieu. Il avait les ailes tout aussi courbaturées que celles de Asaliah et il lui tardait de les reposer. Une fois qu’il pénétra enfin dans ce royaume vaste, il vit Le Palais de Dieu et les dizaines de Messagers qui allaient et venaient sans relâche, allant livrer les messages à Dieu qui leur en donnait d’autres encore.

L’Archange s’approcha de la plate-forme à l’entrée du palais et qui faisait office de piste d’atterrissage pour les Anges revenant de leurs livraisons. Le palais était tout aussi vaste avec ses hautes tours d’argent en pointe de flèche, reflétant les rayons du soleil, de la lune et des étoiles. Le soleil n’allait d’ailleurs pas tarder à se coucher dans cette partie du ciel dont le paysage changeait sans relâche, les nuages sur lesquels reposaient les cités se déplaçant et se déformant sans arrêt.
Jamais nulle part les paysages étaient deux fois les mêmes.

Il se posa avec souplesse sur la plate-forme, Pégase restant à l’extérieur en se posant tranquillement sur un nuage pour attendre son retour. L’Archange replia enfin ses grandes ailes avec un certain soulagement et s’approcha vivement de la grande salle de Dieu pour y pénétrer. Dieu était là, assis dans un grand trône d’or et d’argent et donnait de nouveaux messages à un Ange qui s’était agenouillé devant Lui*.

- Voilà les derniers messages que tu as à livrer, Caliel, dit Dieu à l’Ange agenouillé devant Lui. Sois prudent et reviens vite.

- Oui, Seigneur.

Caliel avança alors vers un trou dans le sol à sa gauche pour s’y plonger, servant aux Messagers à prendre leurs envols en s’y jetant, empêchant ainsi à ceux arrivant sur la plate-forme de se percuter par accident.

L’Archange s’approcha ensuite de Dieu et vint à s’agenouiller devant Lui en Lui tendant les réponses à ses messages.

- Ah, Gabriel ! dit Dieu avec une joie sans faille. Mon messager le plus fidèle. Je suis heureux de te revoir enfin. Que m’apportes-tu comme réponses ?

Il prit les rouleaux de parchemin pour les lire.

- Les Romains sont toujours aux trousses des Zélotes, dit Gabriel. Ils ne vont pas tarder à s’emparer de Massada sous les ordres de Flavius Silva. Ils perdent espoir.

- Oui, en effet. Michel me l’a dit hier. Je crains qu’il nous faille agir en conséquence. Mais nous verrons. Si les Romains arrivent en bordure de Massada prochainement et que les Zélotes sont réellement en danger, nous agirons en envoyant des armées.

__________

*Il n’y a pas vraiment de vision de Dieu. Chacun est libre d’imaginer l’image de Dieu tel qu’il le sent. Je ne pourrai vraiment faire de description sur Lui, alors, libre au lecteur de l’imaginer tel qu’il le souhaite.
 

 
Dieu se mit à lire les autres parchemins et Gabriel attendait Ses prochains ordres.

- Ai-je d’autres messages à livrer, Seigneur ? demanda-t-il.

Dieu se pencha vers un grand présentoir où des dizaines de parchemins y étaient déposés.

- Non, rien d’assez important pour toi pour le moment. Tu peux aller te reposer.

- Merci, Seigneur, dit Gabriel en s’inclinant encore une fois avant de se lever.

Il s’approcha du buffet pour la restauration des Messagers et il se servit une coupe de vin et grignota quelque peu des fruits venant des terres d’Olympe. C’est alors que Michel arriva, majestueux et imposant, en armure d’or et d’argent et armé d’une longue et magnifique épée, d’un arc et de flèches d’or, le regard perçant et le visage fier et grave ; ses cheveux raides et noirs tombant en cascade sur ses épaules larges.

- Les Zélotes vont être pris au piège d’ici peu, Seigneur ! déclara-t-il d’une voix haute et grave en s’approchant de Dieu. Nous devons faire quelque chose.

- Allons, Michel ! Ne t’en fais pas. Gabriel ira d’abord parler à Flavius Silva pour éviter tout massacre.

- Gabriel ? se moqua presque Michel. Il n’est pas messager de guerre.

- Mais les hommes savent entendre de sa voix ce que je leur ai fait livrer.

- Mais saura-t-il les convaincre ? Vous savez que nous avons plusieurs fois été dupés par de faux messagers qui ont pris son apparence, envoyés pas Lucifer depuis l’Enfer.

Dieu maugréa quelque chose avant de se lever et se mettre à faire les cents pas dans la grande salle. Tous ceux présents dans la pièce attendaient impatiemment Ses paroles comme une eau pure.

- Comme ces faux messages qui ont été livrés, disant que les désirs ne devaient pas prendre le dessus avant tout mariage, dit-Il. Que les femmes ne devaient point prendre le dessus sur l’homme et être soumise à lui. Par Zeus, jamais je n’ai fait livrer messages aussi stupides ! J’ai donné des désirs, des émotions et toutes autres choses pour rendre la vie de mes enfants la plus belle possible. Qui peut résister au désir et à ses émotions ? J’ai créé l’Amour pour que ce dernier s’épanouisse de partout et non pour l’enfermer à l’intérieur de soi jusqu’à devenir fou. Cela était mon but. Lucifer à fait croire à tous les hommes et toutes les femmes qui peuplent la Terre de se plier à cela, et comme c’est écrit dans les textes saints, tout le monde y croit. C’est comme cette invention disant que les Anges n’ont pas de sexe ! Que serait la vie sans émotions, sans désirs ou toutes autres envies ?

Les Archanges et Anges présents dans la salle eurent un certain rire poli et quelque peu moqueur.

- Pourquoi ne pourrais-je re-livrer les bons messages ? proposa Gabriel.

- Cela ne servirait à rien, dit Michel. Lucifer faussera les messages à nouveau. Cela se terminera en un cercle vicieux. Il faut laisser l’homme évoluer et comprendre de par lui-même ce qui est le mieux pour lui. Comme pour la guerre ; le partage, il ne le connaît pas !

- Certes ! approuva Dieu.
Il a commencé cela seul. Mais pourquoi ? J’ai offert une Terre pour tous. Je ne comprends pas pourquoi ils se battent pour elle.

« Michel, retourne à Massada et emmène Raphaël avec toi au cas où des gens et des enfants seraient blessés par les Romains en cas d’envahissement. Prends également un messager avec toi, que je sois tenu au courant le plus possible.

- Et moi ? demanda Gabriel.

- Je te demanderai si quelque chose se passe. Mais pour le moment, profite de prendre du bon temps et pour te reposer. Tu l’as amplement mérité, mon garçon.

- Merci, Seigneur, s’inclina Gabriel avant de se diriger vers le puits d’envol pour s’y plonger.

Michel regarda l’Archange disparaître dans ce dernier et regarda son Seigneur.

- Vous ne comptez pas l’envoyer avec nous pour le combat contre les Romains, tout de même ? osa-t-il.

Dieu se retourna sévèrement vers lui.

- Cela te pose-t-il un problème ?

- Ce n’est qu’un messager, pas un combattant. L’épée que Vous lui avez fournie ne lui a jamais servi une seule fois.

- J’ai donné à Gabriel, comme vous tous ici présents, des dons de combats. Il a cela dans le sang, même s’il n’a jamais combattu. Tu devrais le savoir !

- Certes.
Mais il se comporte parfois comme un Angelot. Je doute de son sérieux dans un tel combat.

- Gabriel sait se montrer sérieux, en cas de problème. Et toi, tu vas en avoir si tu ne calmes pas ta méfiance envers lui. Son nom désigne quand même ma force, ne l’oublie pas. Il peut se montrer brave et fort pour l’amour de son prochain, tel un Dragon, et être joyeux comme un Chérubin. C’est ce qu’il est censé représenter avec notre Paradis.

« Va, maintenant. Emmène Raphaël et un messager, et retourne à Massada au plus vite.

- Bien, Seigneur, s’inclina Michel quelque peu contrarié.

Il se dirigea alors vers le puits et s’y jeta.