In Libro Veritas

ERRET " conte fantastique illustré"

Par Alain/Bernard Barbé/Larquet

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Table des matières
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L'EMISSAIRE

Les Erretiens ont oublié depuis longtemps le nom de cet astre providentiel qui vient de leur obtenir un sursis et, peut-être, de leur sauver la vie. C’est normal, aveuglés qu’ils sont par leur bêtise, leur vanité, leur suffisance et leur égoïsme, leur orgueil et leur prétention à vouloir se considérer comme des êtres suprêmes.
- Cette sphère ne bouge pas ! remarque le Grand Chef. Elle fait écran et nous protège du soleil, cela va-t-il durer ? Si tel est le cas, nous devons mettre à profit ce moment de répit pour envoyer un émissaire interroger le soleil !
- Oh ! oui Grand Chef, profitons-en !
Quand le Grand Chef décide, l’assemblée obtempère !
Un Atchoumtousseur est désigné d’office. Parce que, par bonheur pour les autres, il tousse et éternue aussi fort qu’un volcan en éruption. Il se charge d'un grand sac de carburant qui n’est autre que de la poussière pour tousser et éternuer. Puis, mettant à profit ce moment de répit inespéré, il prend son envol en toussant et éternuant, généreusement.
 
Après avoir contourné l’astre, vexé de ne pas avoir été reconnu, l’Atchoumtousseur  Toussatoux,  à bout de souffle, vidé, épuisé par son long voyage, se trouve enfin face au Soleil, debout sur un des astéroïdes gardiens de sa seigneurie. Prenant bien soin de le saluer comme il se doit, d’une voix tremblante il s’adresse à lui :
- Je te salue, Soleil ! Grand maître incontesté de l’univers !
- Malheureux ! Comment oses-tu te présenter devant moi ! Et que veux-tu ?
Très impressionné, Toussatoux manque de s’étrangler en balbutiant sa requête :
- Qu’avons-nous fait pour que tu te conduises de la sorte envers nous ?
- Qu’avons-nous fait ? répète le Soleil de sa voix tonitruante, tellement retentissante que tout l’univers s’en fait l’écho, tellement forte que toutes les planètes en tremblent et vacillent sur leur orbite. Et c’est toi, humain, qui oses me poser une telle question ? Je vais y répondre !
Je vous punis, inconscients, égoïstes et vaniteux que vous êtes, pour tous les méfaits que vous avez fait subir à votre mère ! Votre planète ! Je vous punis pour avoir cru ses ressources inépuisables ! Je vous punis pour ne pas l’avoir aimée ni respectée ! Je vous punis pour avoir outragé « la Vie » ! Je vous punis pour avoir pollué vos océans et vos mers, vos fleuves vos rivières et vos sources, coupé vos arbres, dévasté vos forêts, ne laissant aucun espoir de survie ! Je vous punis pour avoir pillé l'or jaune et gaspillé l'or noir, pour avoir décimé les animaux ! Pour avoir voulu tout, tout de suite ! Je vous punis pour vous être entre-tués, pour les guerres que vous avez perpétuées, pour l’esclavage que vous avez instauré ! « Guerre ! Esclave » ! Deux effroyables mots, deux épouvantables mots qui n’auraient jamais dû exister ! Je vous punis pour n’avoir pas su vous aimer ! Vous deviez, quelle que soit votre couleur, vous considérer tous égaux ! Tous frères ! Vous avez préféré la différence et l’indifférence ! Le fort a frappé le faible ! Le riche a dédaigné le pauvre, il en a profité ! Alors que certains gaspillaient, d’autres mendiaient ! Votre devise «Tout pour moi ! Moi ! Moi ! Moi » ! L’autre n’existe pas ! Et pour comble, par votre ignorance et votre cupidité, vous avez détruit votre bouclier protecteur, l’Ozone ! Pour ces raisons, je vous punis et vous condamne à disparaître ! Je n’aurais jamais dû permettre à votre espèce de se dresser sur ses deux jambes, car au fil du temps, oubliant les bienfaits prodigués par sa planète, elle n’a eu de cesse de la piétiner !
- Qu’as-tu à répondre ? Parle, je t’écoute ! demande le soleil, faisant jaillir d’énormes éclairs qui déchirent et enflamment le cosmos.
Toussatoux n’en mène pas large face à son courroux. N’osant le regarder, il commence en balbutiant, tête basse :
- Mais, mais….
- Mais ! Mais quoi ! Voilà tout ce que tu peux me répondre ? Eh bien pour toutes ces raisons, moi, je te réponds ! J'ai décidé de brûler, d’assécher, d’évaporer, de balayer ce qui était et devait rester votre richesse ! Vous subirez, jusqu’à votre fin, le mal que vous avez fait subir à votre Mère. Votre planète devait être votre paradis. Dorénavant elle sera votre cauchemar, votre enfer et bientôt, votre tombeau !
Toussatoux n’ose rien ajouter. Pensez, quand le soleil se fâche, ça chauffe et ça fait des étincelles !
- Je ne veux plus jamais ni vous voir, ni vous entendre ! Aussi, et parce qu’Erret est ma préférée, ai-je consenti, à la demande de la Lune, à vous accorder une dernière chance d’obtenir ma clémence. Pour ce faire, je l'ai laissé s’interposer entre vous et moi et ce, jusqu'au jour où vous adopterez  une autre conduite, où vous aurez choisi d’agir avec sagesse et de vous aimer ! Pour l’instant, et jusqu’à ce que j’en décide autrement, vous vivrez dans l'ombre et la poussière ! La sueur sera votre boisson, la cendre votre nourriture et votre planète tournera, comme une toupie folle, dans le sens inverse de celui qui fut le sien !   Maintenant Toussatoux, écoute bien ce que vais te dire !
- Je t’écoute, Soleil !
- J'ai caché, au fond de chacun de vous, une énigme. Vous devrez en trouver l’endroit et la déchiffrer, mais aussi et surtout, la respecter ! Sinon…
- Sinon ? demande l’Erretien pétrifié de peur.
- Sinon ! vous disparaîtrez à tout jamais. Ecoute bien et surtout, retiens bien !
 
Elle comporte quatre noms, de leur découverte dépend mon pardon !
Le premier commence par la lettre A : Bien triste celui qui n’en a pas !
Le second ne peut  se prodiguer sans mon premier !
Quant au troisième, de la vie on fait fi si mon tout ne bat pas pour lui !
Enfin, mon tout est le quatrième, mais il est introuvable
si pour l’énigme il ne bat pas insatiable !
 
Ces quatre noms auraient dû être votre règle de vie, règle que vous n’auriez jamais dû enfreindre ! De votre réponse dépend votre avenir, mais pour vous avoir depuis longtemps observé, je doute fort que vous y parveniez ! Maintenant, retourne d'où tu viens, avant que je ne change d'avis !
- Mais, Soleil ! objecte  l’Atchoumtousseur.
- Il suffit ! tranche le soleil. Disparais et vite ! Rapporte aux tiens tout ce que je t’ai dis, sans en oublier le moindre mot ! il n’y aura aucune condition, aucune excuse ! aucune seconde chance ne vous sera accordée, et que le temps de votre règne en maîtres inconscients est révolu !
 
Le soleil ne plaisante pas. Très en colère, d'un grand coup de rayon lumineux, il expédie loin de lui l’Atchoumtousseur tousseteux !
Ayant pris soin d’économiser suffisamment  de son carburant poussière, celui-ci put, tant bien que mal, revenir sur sa planète parmi les siens, en marche arrière. Il leur fit part des raisons de la colère du soleil, de ses exigences, et de l’énigme qui pourrait y mettre fin: Tous furent bien évidemment très étonnés, mais vraiment très très étonnés !
- Quelle est cette énigme, Toussatoux ? s’enquiert le grand chef, Marche en Avant.
- Ecoute, Grand Chef , voilà ce qu’il m’a dit, mais je n’y ai rien compris !
 
Elle comporte quatre noms, de leur découverte dépend mon pardon !
Le premier commence par la lettre A : Bien triste celui qui n’en a pas !
Le second ne peut  se prodiguer sans mon premier !
Quant au troisième, de la vie on fait fi si mon tout ne bat pas pour lui !
Enfin, mon tout est le quatrième, il est introuvable
si pour l’énigme il ne bat pas insatiable !
 
- Ces quatre noms devaient être notre règle de vie, jamais nous n’aurions dû l’enfreindre !
- Comment ? Nous Erretiens ! Nous humains ! Le nombril du monde ! Le centre de l'univers ! Les rois ! Les maîtres ! Les nous ceci, les nous cela, nous, êtres supérieurs ! Pour qui nous prend-il ! Comment peut-il se permettre de telles considérations et une telle conduite envers nous ?
Ils étaient profondément indignés, pensez, se remettre en question,  pour des humains ! Non mais ! Et  quoi encore !
- Et cette énigme ? Où la  trouver ? Comment la déchiffrer ? N’avons-nous rien d’autre à faire que de jouer aux devinettes ?
Malgré tout et, sans grande conviction, ils se mirent à la chercher. Leur courage n'étant plus qu'un vaste et lamentable désert, semblable à leur planète, rien, rien, ils ne trouvèrent  rien !
- Rien ! Nous ne trouvons rien ! Jamais nous n'y parviendrons, c'est la fin ! Et ce maudit soleil qui ne veut plus de nous ! Nous ! Nous ! qui avons fait de notre planète la perle de l’univers …
 
 

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