In Libro Veritas

L'Humanisme en Economie

Par Pablo

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Table des matières
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REGRESSION OU LIBERATION ?

Le système en place n’a pas tiré parti de cette relève pour supprimer la misère. Au contraire, l’idéologie dominante a utilisé les nouvelles techniques pour instituer la dictature de la finance sur l’économie : avec des transactions bancaires qui s’effectuent à la vitesse de la lumière, la finance enrichit beaucoup plus que l’économie réelle.

Les inégalités se sont accentuées. Chômage et exclusion, insécurité et violences, croissent dans le monde entier, y compris dans les pays les plus riches. Au lieu de la libération qui devenait possible, c’est une vraie régression sociale qu’on observe partout.

Pourquoi ? Mais parce que notre système économique a été conçu pour stimuler la production quand le danger permanent était la pénurie, les famines dues, par exemple, à de grandes sécheresses qu’on ne savait ni prévoir ni parer, et il était admis que les rares fruits de la production soient distribués à ceux qui y avaient participé, d’une façon ou d’une autre.

Cette distribution se fait par le salariat. Elle a été plus ou moins équitable tant que la production occupait environ les 3/4 de l’humanité. Quand de nouvelles techniques apparaissaient, on pouvait alors compter sur une nouvelle croissance pour résoudre les crises cycliques qui se manifestaient pendant la nécessaire adaptation de la main d’œuvre.

Mais au fur et à mesure que des techniques scientifiques se développaient, l’effort s’est porté de plus en plus vers la rationalisation de la production, sur la façon de produire de mieux en mieux au moindre coût. Comme dans ce coût figurent les salaires, ceux-ci sont devenus une charge, et l’économie a été dévoyée  : on a perdu de vue que son objectif est la satisfaction des besoins, à commencer par les besoins les plus vitaux.
Et c’est un autre objectif qui est passé au premier plan, de plus en plus loin devant, et jusqu’à s’y substituer : rentabiliser un capital.

Retrouvons le bon sens de Kou :

« Un cultivateur s’est plaint ensuite de la dureté des temps. Deux minutes de conversation m’édifièrent. Grâce à son intelligence il avait eu 30 quintaux de blé à l’hectare, alors qu’il n’en récoltait que 18 auparavant.
- Vous devriez être enchanté, lui dis-je. Si vous avez voulu avoir du blé, deux cents sacs valent mieux que cent.
- C’est la misère me répondit-il.
- Alors, répliquai-je, c’est que vous n’avez pas fait pousser du blé pour avoir du blé, mais pour avoir de l’argent.
- Ahuri ! ne m’a-t-il pas envoyé dire. »

Même l’homme est devenu une ressource pour produire de l’argent. L’économie n’est pas organisée pour tenir compte des besoins insolvables. Alors quand les besoins vitaux des clients solvables sont satisfaits, l’objectif des producteurs devient de les pousser à consommer de plus en plus : pour les clients les plus riches, dont la fortune provient souvent du commerce de la drogue, on fabrique des produits d’un luxe insolent et, pour les autres, des gadgets vite "démodés" et des services qui ont souvent pour effet de saper leur autonomie. Le souci principal devient celui de pousser la vente et c’est ainsi que la dépense mondiale en publicité a dépassé 2.600 milliards de francs ; chiffre qu’il est édifiant de comparer aux 240 milliards par an estimés nécessaires pour satisfaire les besoins essentiels en nourriture, en eau potable, éducation, santé et infrastructures sanitaires de l’ensemble des pays en voie de développement.

C’est donc bien cette façon de distribuer le pouvoir d’achat en motivant toutes les activités par l’argent qui est à repenser. La monnaie, conçue comme le moyen de faciliter l’échange différé entre production et consommation, est devenue la finalité de toute entreprise. Et alors même qu’elle n’est plus qu’un symbole sans valeur propre ! Car n’oublions pas, bien qu’on la présente encore comme un étalon de valeur, qu’elle a en fait perdu toute référence réelle. Sans nous étendre sur cette absurdité,ce qu’il faut retenir ici c’est qu’elle a des conséquences extrêmement perverses dont l’évidence apparaît à l’opinion lorsqu’éclatent des «  affaires » comme celles de la vache folle, du sang contaminé, de l’amiante, du dopage des sportifs, etc. On en est arrivé à vendre des organes humains , à calculer« quel retour sur investissement on peut attendre de la culture » !

Il faut en conclure que la monnaie, telle qu’elle est, permet de détourner l’économie de son véritable objectif qui est d’organiser la production pour satisfaire les besoins humains.

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