RESORBER LES MAUX
« Vous voulez les pauvres secourus, moi je veux la misère supprimée » écrivait Victor Hugo dans Quatre Vingt Treize.
En 1874, on pouvait faire passer ce souci de justice pour un rêve irréalisable sous prétexte que supprimer la misère c’était forcément redistribuer la richesse, donc prendre aux uns pour satisfaire les autres. Il est temps de prendre la mesure des progrès des sciences et des techniques au cours du XXème siècle, et de comprendre que puisqu’on sait produire à volonté, on a les moyens d’assurer une vie décente à tous, sans demander aux riches de faire des sacrifices qu’ils ne veulent pas faire.
Mais cela implique évidemment un changement de notre système économique et financier, aussi énorme que le bouleversement qui vient de se produire dans nos moyens de production : il faut de nouvelles règles, adaptées à ces nouveaux moyens.
De quoi s’agit-il ?
L’économie a un double objectif : elle se doit de produire ce qu’il faut, dans les meilleures conditions possible, pas forcément à la sueur de tous les fronts et sans détruire l’environnement ni compromettre l’avenir ; et de distribuer équitablement les richesses produites, afin que chacun puisse vivre, s’épanouir, se rendre utile, se cultiver, se sentir responsable, prendre part aux décisions.
Ceci implique une double distribution :
- celle des tâches d’une part,
- celle des richesses produites d’autre part.
L’outil de gestion des ressources est évidemment la monnaie, dont le rôle doit être d’équilibrer les revenus distribués avec les richesses mises en vente. Or la monnaie actuelle a d’autres pouvoirs, qui rendent cet équilibre impossible. Il faut donc la remplacer par une monnaie créée à cette seule fin.
Mais cette double distribution pourra se faire en partant du principe que tout individu a le droit de recevoir, de sa naissance à sa mort, des revenus suffisants pour vivre décemment, pourvu qu’il s’acquitte, pendant une partie de son temps, d’un devoir de participation. L’ensemble étant géré par l’intermédiaire d’une monnaie de consommation, gagée sur les richesses offertes.
Voilà l’idée Phare !
Pour qu’il soit enfin possible de décider ensemble des richesses à produire, de la façon de les produire, de la part des ressources à consacrer aux services publics, à l’éducation, à la santé, à la recherche, à la culture, etc., et de répartir équitablement entre tous les moyens d’acheter les biens et services produits pour être consommés, il faut ajouter que cette double distribution fondamentale le fait qu’elle doit résulter du débat politique, démocratiquement mené, par l’intermédiaire de ce que je propose sous le nom de contrat civique. Ce dernier remplaçant le contrat de travail et cherchant à moraliser l’approche Citoyenne Solidaire.
Comme ce sont les défauts du système actuel qui ont amené à la définir, je vais exposer l’économie distributive en montrant à quels besoins elle répond tout en s’adaptant aux moyens disponibles.
Des modalités d’application seront envisagées ensuite en évoquant le contrat civique et on verra que ces idées très simples offrent une infinité de possibilités, largement ouvertes puisqu’il s’agit, en fait d’inventer les moyens d’introduire la démocratie dans l’économie.
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