LE CAS DES FRERES SLIMBERG
Jack Slimberg sortit un revolver de la poche de son veston. Visiblement bouleversé, la main tremblante, il sentait cependant une détermination implacable l’envahir.« Désolé frérot, mais je ne peux pas te laisser faire ça !... Je sais que tu as morflé dans cette histoire… Mat… je sais qu’elle n’avait pas le droit de te larguer comme ça … Mais regarde-moi nom de dieu ! Est-ce que tu m’entends ?... Je ne te laisserai pas tuer Rhoda ! Alors ne m’oblige pas à me servir de ça !»
Un silence s’installa. La sueur perlait sur le front de Jack qui, le bras tendu, braquait maintenant l’arme devant lui…
« Pourquoi tu ne réponds pas hein ? Tu ne supportes pas que Rhoda se soit barrée avec un gigolo ?… Tu veux lui faire payer le prix de sa trahison ?… Merde ! Tu as oublié que cette fille c’était ta vie… et toi tu veux la liquider comme on abat un chien galeux ? »
Il fouilla dans sa poche et en tira une photo un peu défraîchie.
« Tiens regarde… La belle Rhoda et les jumeaux Slimberg… Tu te rappelles ? C’était à Londres je crois. On était bien, non ? Tu ne peux pas avoir oublié ça, hein ?... Mais regarde je te dis !... Ah… Tu ne veux pas voir… Tu préfères laisser la haine te ronger l’âme ! Alors Mat, tu ne me laisses pas le choix. Tu es mon frère et je t’aime. Mais tu vois, je suis incapable d’imaginer la vie sans elle. Je l’ai toujours aimée moi aussi et tu le sais très bien même si je ne te l’ai jamais avoué. OK ! C’est toi qui l’a eue mais ça aurait pu être moi : on se ressemble tellement… Alors frangin tu as compris maintenant ? Tu laisses tomber ? Tu veux toujours rien dire, hein ? Tu t’imagines que je n’aurai pas les couilles !!!...
Jack Slimberg ferma les yeux un instant. Quand il les rouvrit, il fixa longuement le psyché dans lequel il se regardait depuis le début de sa crise puis, d’un geste rapide, il appliqua le canon de l’arme sur sa tempe et fit feu.
Tout le monde pensa que Jack Slimberg avait mis fin à ses jours, ravagé par le suicide amoureux de son frère Matthew. Personne, à part peut-être son psychiatre, ne devina qu’il s’agissait en fait d’un meurtre.
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