In Libro Veritas

LES CONTES-MINUTES

Par Alain BOUVELLE

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Table des matières
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QUESTION D'HYGIENE

    Certains ont la foi, d'autres non. J'appartiens à la seconde catégorie. Mais, tout bien réfléchi, j'aurais pu faire partie de la première si quelque événement, en apparence anodin, n'avait influencé mon destin de manière irrémédiable.
 
    Ma mère était croyante et j'ai donc fréquenté l'église très tôt. Trop tôt peut être... Comme tous les enfants, j'étais alors fasciné - et je le suis encore - par ce lieu froid, silencieux, imprégné de cette odeur si particulière (qu'on appelle, je crois "odeur de sainteté") et habité par des statues.
 
    Parmi les nombreuses sculptures qui peuplaient l'église du village, la Vierge Marie avait ma préférence. D'aucuns y verront l'image de la mère: allez savoir ... Cependant, quelque chose me titillait: la statue, quoique très belle, n'en était pas moins très sale. Etait ce la patine du temps ou bien une accumulation de poussière? Je ne saurais le dire aujourd'hui. Mais le fait est que cela m'ennuyait beaucoup: l'objet de ma foi naissante était cradingue !
 
    Cette petite déconvenue n'aurait peut être pas porté à conséquence si à quelques temps de là, mes craintes n'avaient été confirmées. En effet, de la bouche même du grand sorcier, j'allais apprendre la dure vérité.
    Car monsieur le curé avait résolu d'apprendre à ses petites ouailles la prière qui célèbre les louanges de celle sur qui j'avais porté mon dévolu : le fameux "Je vous salue Marie."
 
    L'homme en robe avait-il un léger accent allemand (je crois qu'il était d'origine hollandaise) ou bien un défaut de prononciation ? Toujours est-il que j'entendis avec effroi ces paroles sortir de sa bouche : "Je fous salue Marie, pleine de crasse ...".
 
    Dégoûté, je n'écoutai même pas la fin de l'histoire. Je compris plus tard mon erreur d'interprétation, mais que voulez vous, le mal était fait ! 

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