Préface
Pour ce livre, j'ai choisi d'être seul. En effet, je ne demande à personne de cautionner mes états d'âme concernant la décadence de mes contemporains.D'autres comme moi peuvent constater cet immobilisme idéologique qui caractérise aujourd'hui chacun d'entre nous. Nous acceptons les pales vérités et les mensonges des médias et des politiques. Nous laissons faire sur notre sol des ignominies au nom d'une justice que nous ne connaissons plus. Nous commençons nous-mêmes à en commettre, persuadés d'être dans notre bon droit. Nous condamnons systématiquement le bouc émissaire jeté en pâture aux infos. Nous nous replions sur nous-mêmes et même les familles se scindent en fonction des intérêts de chacun.
Dénoncer sur le net, dans la rue... ne sert plus à rien. Le peuple a perdu l'envie de se battre pour des chimères. Il consacre ses dernières forces à survivre, puis à mourir le plus indolorement possible.
Alors, il reste le rire, le cynisme, et même le sexe pour tenter l'individu à recevoir le message qui pourra peut-être le faire réagir. C'est difficile, car les comiques professionnels d'aujourd'hui "vaccinent" bien en dénonçant d'une part, mais en ridiculisant jusqu'à la dénonciation. Ils participent ainsi à l'exutoire-loisir moderne qui permet à l'individu de se décharger de ses tensions pour mieux revenir dans sa béate existence misérable.
Le problème, c'est qu'avec moi, cette existence risque de vous devenir insupportable, car je ne fournis que le ticket "Aller" du hors-limite.
Mes personnages souffrent. Vous pourrez envier les plus exécrables comme le vampire et le pittbull qui n'ont aucune attache, et qui pensent, l'un avec sa soif de sang, et l'autre avec son besoin de sexe.
Mais vous, avec quoi pensez vous? Ils n'ont pas d'attaches, pas d'obligations, et sont soit hors-la-loi, soit amoraux mais ils n'ont pas de remords non plus car leurs actes sont finalement justifiés par leur nature. Les vôtres le sont-ils?
Et puis, bien sûr, des textes de politique fiction basés sur les décisions actuelles qui risquent fortement déraper. Ces décisions nous affectent tous et la plupart d'entre nous n'en savent que ce que la télé en a dit. Les autres l'utilisent pour eux contre les premiers.
Les changements de sociétés sont de plus en plus rapides grâce aux progrès de la communication et les campagnes de manipulation. Il faut absolument reprendre son libre arbitre...
Ou mourir en mouton, après avoir passé sa vie à suivre son berger et à être mordus par ses chiens quand on ne va pas assez vite pour suivre.
Mais ça, c'est le choix de chacun, si chacun dispose des moyens de le faire, ce qui est de moins en moins évident.
La dépendance commence par le confort, les loisirs puis la sécurité, l'indolence, l'indifférence, pour terminer par l'impossibilité de pouvoir faire le moindre effort de remise en question. Ce qui permet d'augmenter les prix pour le confort, les loisirs et même la sécurité. Nous payons pour nos propres chaines.
Cet ouvrage n'est pas le cri d'agonie d'un auteur, car le filet n'a pas de prise sur lui, s'étant évadé des besoins de consommation, et ayant à temps tiré son épingle du jeu sans pour autant voler qui que ce soit.
Il n'est pas un cri d'alarme car le danger a déjà fondu sur nous, et il est nié ou rendu inéluctable.
Il est un cri du coeur, tout simplement.
Entre fou-rire et ricanement, il vous arrivera peut-être de le ressentir. Sinon, vous aurez au moins, j'espère, passé un bon moment à me lire.
Et puis, c'est votre histoire, que vous le vouliez ou non, et surtout si vous ne faites rien.