In Libro Veritas

Souffle celte

Par alvyane

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Table des matières
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Le Kig-ha-farz

Connaissez vous la recette que l'on appelle le Kig-ha-Farz (viande et Far) ?

Comment ça non !!! c'est un plat typique de la basse bretagne.

Imaginez vous dans une immense cuisine ou l'ambiance est chaude, par ses couleurs et les rires que l'on entend en dehors. D'ailleurs, ce n'est pas juste... pendant que j'épluche mon navet, mes carottes et mes oignons, j'entends les verres qui s'entrechoquent. On va encore m'oublier, il n'y aura plus de Chouchen pour moi.

Un grand gaillard, ami de toujours, arrive avec une énorme cocotte dans laquelle on met de l'eau... Oh !!! On pourrait mettre de l'eau de mer, mais dehors, le vent souffle et le ciel a pris le gris de la rébélion. La viande 1/2 jarret de porc (du pays de préférence faisons les choses bien), un bon morceau de lard, ainsi qu'un morceau de boeuf vont mijoter pendant une heure... je connais déjà l'odeur qui va se répendre dans les lieux et réchauffer l'atmosphère tranquille et douce.

Je viens juste de les mettre, puis j'ajoute les légumes. Un homme passe derrière moi et... me met une claque sur les fesses.

- Chérie... tu as oublié le chou.
 

Oups... désolée... allez hop je le rajoute. Il me faut préparer le Farz... ah oui, j'oubliais, c'est du breton, en français cela se dit Far. Je souris et commence à le préparer. J'adore jouer avec la farine et les oeufs, les mélangeant presque avec amour (oui... presque... il ne faut pas pousser non plus). J'y ajoute un peu de lait (arggg... c'est du lait normand, chuuuut... on fera comme si !). Heureusement, cette fois je n'ai pas oublié de mettre le sel (de Guérande. C'est le    meilleur niark niark niark !) dans le lait.

Le vent souffle toujours aussi fort, mais les rires et la bonne humeur qui caractérisent tant les bretons que nous sommes, ont bien plus de puissance et de vie. Avec un petit sourire, alors que mon fils entre dans la caverne aux délices, je fais fondre le beurre et le saindoux. Je l'ajoute à la pâte délicatement... alors que celle ci prend belle consistance et une couleur d'or pâle.

- Maman !!! ça sent drôlement bon... On mange bientôt ???
 

Je ris tendrement en secouant la tête de façon négative. Les bons petits plats se font avec lenteur. Ils mijotent, ils frissonnent, ils bouillonnent. Les aliments s'apprivoisent. Je prends alors le pot de crème fraiche, humm 250 g cela ira, et hop, j'incorpore à ma pâte. Ah douce senteur qui envahie la caverne attirant les gourmands. Je vois trois têtes passer par la porte.

- C'est bientôt prêt ?
 

- Assez les garçons !!! il faut le temps !!!

Je prends alors mon sac fait de toile de drap et fait glisser ma préparation dedans. La ficèle solidement et ... la plonge dans la cocotte où cuit la viande et les légumes. Pendant deux heures, le tout va cuire et moi... et bien moi, je vais rejoindre ma famille et mes amis pour faire la fête.

Le vent souffle toujours, mais, peu importe, dans deux heures je déferai le sac, trancherai le Farz et nous dégusterons notre Kig-ha-Farz. Nous serons tous autour de cette grande table dans la chaleur de nos rires et de nos coeurs, en n'oubliant jamais que nous avons la chance d'être ensemble malgré nos différents, nos colères, et nos peurs...

Nous laissons toujours une place avec assiette et couverts au cas où l'on viendrait à passer par le plus grand hasard... peut être que ce sera ... vous....

Chapitre suivant : La galette de blé noir