Une mort
Un homme ce matin, est mort à l'hôpital.
Un lit à retourner, une chambre à refaire,
Emporter la dépouille et ranger les affaires,
Incident journalier, événement banal.
L'homme était un vieillard, si vieux qu'il avait fait
La guerre de Quarante, et vécu bien après.
Pour lui fermer les yeux, il n'y avait pas une âme,
Alors, l'ancien guerrier, qui jamais ne désarme,
Les a clos lui tout seul, rêvant aux souvenirs.
Mais de ce sommeil-là, il n'a pu revenir.
Dans cette salle nue, lorsque j'ouvre la porte,
Je ne fais face alors qu'à son absence morte.
J'arrive hélas top tard ! Pourquoi n'étais-je là ?
La vie m'a retenu… La vie ! Tu comprends pas ?