La carotte de guerre est déterrée
Dans leur coin paumé de campagne, Louis et Emma ont depuis longtemps perdu leurs illusions. Ils se les sont carrées dans le cul, et bien au fond, comme le serine Louis à longueur de journée. Il grommelle, ressasse sans cesse le malaise qui le ronge et le bouffe de l’intérieur. L’impression d’être un raté l’accueille tous les matins, car se lever ne signifie plus rien, ce geste ne s’accompagne plus du départ au travail. De boulot, Louis n’en a plus ; dans les environs, il n’y en a plus tout court. Emma fait bien du ménage de temps à autre dans la maison secondaire d’un riche industriel parisien, mais rien de sérieux. Et pourtant, avec les minima sociaux qui se réduisent chaque année comme peau de chagrin, cela représente leur seule source de revenue, qu’il faut qualifier de très modeste.
Deux facettes de la vie trouvent encore grâce aux yeux de Louis : Emma, un beau brin de femme qui le fait toujours bander et un petit jardin, sa seule fierté, qui prouve ainsi son savoir-faire en un domaine. Une bonne grosse carotte le ramène toujours à des pensées lubriques et dans ces moments-là, Emma n’a qu’à bien se tenir car il la secoue rudement. Et en matière de positions, le Louis s’y connaît ! Et le cul, c’est la seule chose que l’on ne nous prendra pas ! Par contre, la contemplation d’un oignon l’énerve sans faute. Ah, si il tenait le salopard aux commandes du pays, celui qui s’affiche régulièrement avec une autre starlette le dépassant de plusieurs centimètres, il sacrifierait bien l’oignon pour lui planter dans le sien. Sans vaseline et avec la terre sèche bien rugueuse encore autour, foi de Louis !
Aujourd’hui, une fois le déjeuner terminé, Emma nettoie le couvert dans l’évier de la cuisine. En bon macho, de sa chaise, Louis observe sa femme en train de faire la vaisselle, ses yeux rivés sur les fesses d’Emma, remuant au rythme des va-et-vient de l’éponge. Ces mouvements suggèrent à Louis d’autres choses plus agréables et n’y tenant plus, il se lève et se positionne derrière sa moitié, lui empoignant les seins à travers le tissu. Emma s’insurge timidement : « arrête Louis, ce n’est pas le moment…
— Allons ma belle, aucun instant n’est meilleur qu’un autre pour te prouver mon amour, lui répond Louis, lui tâtant la poitrine de plus belle.
— Laisse moi au moins finir, je vais gâcher de l’eau… oui ! »
Pendant la conversation, une main de l’homme est passée par l’ouverture de la blouse et, avec habilité, s’est glissée à travers toutes les épaisseurs d’étoffe pour titiller le téton droit de sa mie qui apprécie le traitement et se mord les lèvres. Il se colle encore davantage contre Emma qui ne peut ignorer le membre dressé derrière elle et qui ne demande qu’à être libéré de son carcan afin de se soulager au fond d’elle. Comme à son habitude, elle cède et répond aux attentes de Louis, très imaginatif en la matière. Elle aime sentir son mâle en rut s’exciter en elle, avant de déverser sa semence dans une débauche d'ahanements violents. Elle ferme le robinet, signal de son accord aux avances de Louis. Celui-ci n’attendait que ça pour défaire son pantalon qui lui tombe sur les chevilles et dont il se débarrasse à grands mouvements de jambes. Le slip suit le même chemin. Puis ses mains repoussent les obstacles lui interdisant encore d’assouvir ses instincts primaires.
Enfin la voie est libre. La respiration de Louis s’accélère, il savoure ces secondes précédant la pénétration…
— Non, pas par là ! s’écrit Emma.
— J’en ai trop envie, ma douce. Allons…
— Je suis encore irritée de l’autre jour. Aaah !
— Oh, c’est trop bon, lâche Louis dont les yeux quittent le cul aux lignes aguichantes d’Emma.
Puis d’un coup de rein, il s’enfonce jusqu’à la garde.
— Putain ! s’écrie-t-il.
— Aaah… rrête ! Tu sais que je n’aime pas les insultes.
— Enculé ! lance Louis.
— Salaud, l’insulte Emma, aux bords des larmes, qui se débat afin d’échapper à l’emprise du mâle.
Ce dernier ne fait d’ailleurs rien pour garder sa verge au chaud. Son regard est attiré par la fenêtre ouvrant sur le jardin. Il a vu quelqu’un franchir le grillage protecteur et s’infiltrer dans les plates-bandes. Il en est certain ! Ainsi donc il a raison, il y a bien des légumes qui ont disparu. Cette silhouette, s’immisçant avec discrétion dans son potager, démontre sa théorie du vol.
Furieuse, Emma, à deux doigts de lui balancer une grande claque dans les gencives, remarque son état. Elle suit la direction qui semble hypnotiser son époux et, s’approchant de l’ouverture, voit un individu se baisser et empoigner les fanes d’une carotte.
— Oh, le voleur ! Louis ! appelle-t-elle.
Cette réaction sort Louis de sa torpeur, il ne peut rester les bras ballants, alors il ouvre un tiroir, à la recherche d’un ustensile bien lourd. Le presse-purée à l’ancienne, en bois bien massif, fait parfaitement l’affaire. Il l’empoigne par le manche et se dirige vers la porte donnant sur le jardin. Sans bruit il sort, le presse-purée et la bite, toujours dressée, en avant. Doucement il s’avance dans le dos du maraudeur qui n’a rien remarqué, tout à sa cueillette de légumes. Arrivé juste derrière, Louis lève sa masse improvisée et l’abat avec force sur la tête de l’enfoiré qui ose le dépouiller du fruit de son labeur. Un bruit écoeurant accompagne le choc. L’individu s’écrase au sol, assommé. Louis en remet une couche et frappe à nouveau. Une, deux, trois fois… jusqu’à l’éjaculation libératrice. À grandes saccades, son sperme gicle sur le corps à terre et des îlots blancs s’érigent sur une mare de sang. Le presse-purée lui échappe des mains, Louis se rend alors compte de ses actes.
Le cul à l’air et les couilles au vent, il se baisse et cherche le pouls de l’homme allongé.
Inquiète, Emma qui a assisté à la scène s’avance.
— Tu l’as… s’enquiert-elle d’une faible voix.
— Il est mort, avoue Louis.
Les deux scrutent le voisinage où rien ne laisse présager que quelqu’un ait remarqué le meurtre, puis ils se regardent les yeux dans les yeux. Des sourires naissent sur leurs lèvres et Emma, la première, révèle leurs pensées : « Ça fait si longtemps que l’on n’a plus mangé de viande !
— Vite ! Rentrons le corps pour le découper, ajoute Louis. »
Tout en portant la dépouille, Emma implore Louis : « et après, défonce-moi, j’en ai trop envie, espèce de bête ! »
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