[fin 1875, début 1876]
Mon cher Pissarro,
Aujourd'hui nous croyions la fille rendue à Pontoise, il était trois heures de l'après-midi quand on est venu nous apprendre que cette imbécile avait au dernier moment abandonné le voyage ; nous sommes désolés non de la perte car d'après cela on devait mal augurer du reste, mais du tracas et de l'inquiétude que cela a dû vous donner, vous avez pu vous forger mille suppositions, vous avez pu aller plusieurs fois à la gare, questionner les employés, en un mot toute la scie, enfin mon pauvre Pissarro, croyez qu'il n'y a pas de notre faute, et que nous sommes au regret de l'équipée ; nous lui avions tant dit de réfléchir et elle était si décidée, il faut qu'il y ait quelque chose là-dessous ; même chose nous était arrivée il y a quelques temps, nous avions loué une fille qui nous semblait convenable, au dernier moment elle est venue nous dire qu'elle ne pourrait venir sous des prétextes qui existaient au moment où elle s'était louée et qui ne l'avaient point arrêtée, enfin que vouiez-vous, il n'y a plus qu'à nous excuser de cet ennui que nous vous avons involontairement causé croyant bien faire, dites cela de la part de Madame Piette à Madame Pissarro.
Malheureusement nous n'avons su que l'histoire trop tard sans cela je vous aurais écrit de suite, ou fait télégraphier la chose : mais le facteur était passé et personne pour envoyer à Lassay surtout près de la nuit.
Maintenant tâchons de parler d'autre chose. Vous devez travailler à mort, j'en fais autant. Vous espérez dans les élections sénatoriales pour ramener les amateurs de tableaux, je n'ai pas une ample confiance en ces élections, l'alliance que les républicains ont contractée avec les légitimistes a fait passer leur liste, mais était-ce des républicains qui la composaient ?
Aujourd'hui nous croyions la fille rendue à Pontoise, il était trois heures de l'après-midi quand on est venu nous apprendre que cette imbécile avait au dernier moment abandonné le voyage ; nous sommes désolés non de la perte car d'après cela on devait mal augurer du reste, mais du tracas et de l'inquiétude que cela a dû vous donner, vous avez pu vous forger mille suppositions, vous avez pu aller plusieurs fois à la gare, questionner les employés, en un mot toute la scie, enfin mon pauvre Pissarro, croyez qu'il n'y a pas de notre faute, et que nous sommes au regret de l'équipée ; nous lui avions tant dit de réfléchir et elle était si décidée, il faut qu'il y ait quelque chose là-dessous ; même chose nous était arrivée il y a quelques temps, nous avions loué une fille qui nous semblait convenable, au dernier moment elle est venue nous dire qu'elle ne pourrait venir sous des prétextes qui existaient au moment où elle s'était louée et qui ne l'avaient point arrêtée, enfin que vouiez-vous, il n'y a plus qu'à nous excuser de cet ennui que nous vous avons involontairement causé croyant bien faire, dites cela de la part de Madame Piette à Madame Pissarro.
Malheureusement nous n'avons su que l'histoire trop tard sans cela je vous aurais écrit de suite, ou fait télégraphier la chose : mais le facteur était passé et personne pour envoyer à Lassay surtout près de la nuit.
Maintenant tâchons de parler d'autre chose. Vous devez travailler à mort, j'en fais autant. Vous espérez dans les élections sénatoriales pour ramener les amateurs de tableaux, je n'ai pas une ample confiance en ces élections, l'alliance que les républicains ont contractée avec les légitimistes a fait passer leur liste, mais était-ce des républicains qui la composaient ?
Même au quart, il est d'abord permis d'en douter et puis je vois qu'il y a quelques continuations de ce jeu pour les élections de province, c'est ce qui m'inquiète : car en province, loin de servir, cette alliance ne peut que nuire. La liste contenant, je suppose, deux noms de sénateurs dans un département quelconque : supposons par accord des deux postes plus haut cités qu'il y ait pour cette liste un républicain, par à peu près, et un légitimiste : en concurrence avec une liste composée de bonapartistes et orléanistes, en vue de l'horreur qu'inspire au peuple M. N., la liste républicaine légitimiste doit succomber et l'autre l'emporter à grande majorité ? Enfin dans quelques semaines nous en verrons peut-être de drôles, si nous ne devions en payer les violences ce qui devient profondément attristant [Le Sénat, dissous avec l'abdication de Napoléon III, est réorganisé (loi du 24 février 1875) lorsque est votée la nouvelle constitution sous la troisième République. Il est alors arrêté que la Haute Assemblée sera composée de soixante-quinze sénateurs inamovibles (ils seront désignés par l'Assemblée nationale en décembre 1875) ; deux cent vingt-cinq autres, renouvelables, seront élus le 30 janvier 1876 dans les départements et colonies par les députés, les conseillers d'arrondissement et les délégués des conseillers municipaux, mode de scrutin favorisant les régions peu urbanisées. C'est à cette dernière élection que se rapporte cette partie de la lettre de Piette.].
A revoir et meilleures amitiés,
Piette.
Mes amicales salutations à Madame Pissarro de notre part, Madame Piette et moi.
A revoir et meilleures amitiés,
Piette.
Mes amicales salutations à Madame Pissarro de notre part, Madame Piette et moi.
Chapitre suivant : [Vers février 1876]