[fin 1863]
Mon Cher Pissarro,
Vous voulez que je ne vous garde pas rancune, c'est un peu fort.
J'ai souscrit à vos intentions, je me suis privé de courir un peu, tout cela en égoïste, parce que j'aurais eu plus de plaisir avec vous. J'espérais passer l'hiver, ou du moins tant qu'il vous plairait, avec vous, à travailler pour notre prochaine exposition commune [En effet, et bien que cela ne soit encore qu'un souhait exprimé par Piette, il sera, de concert avec Pissarro, reçu au Salon de 1864. Piette-Montfoucault, qui a comme correspondant à Paris Auguste Drouelle, gantier, un de ses témoins lors de son mariage, exposera deux peintures : Le gué de Chevrier (Orne) et Le printemps ; Pissarro aura aussi deux huiles acceptées : Bord de la Marne et Route de Cachalas à La Roche Guyon.].
Je croyais que nous repartirions ensemble pour passer quelque temps avant l'exposition, pour prendre conseils de quelques amis sur nos tableaux : et voilà que tout à coup au moment où je crois vous tenir vous me glissez entre les mains ...
Pissarro, l'insaisissable, vous êtes-vous joué comme les dieux de la crédulité des faibles mortels ?
En quittant de suite la plaisanterie, Pissarro, je vous regrette fort, les raisons que vous donnez sont toutes puissantes et si j'ai rancune à garder, c'est contre ma mauvaise étoile.
Croyez que si quelquefois l'envie vous vient de venir vers moi, je suis et serai toujours heureux de vous recevoir.
Bonne chance dans votre travail et réussite, c'est mon vœu sincère. Recevez nos regrets et priez votre dame d'être assurée du plaisir qu'aurait eu ma femme à la recevoir sous notre toit.
A vous de cœur,
Piette.
Vous voulez que je ne vous garde pas rancune, c'est un peu fort.
J'ai souscrit à vos intentions, je me suis privé de courir un peu, tout cela en égoïste, parce que j'aurais eu plus de plaisir avec vous. J'espérais passer l'hiver, ou du moins tant qu'il vous plairait, avec vous, à travailler pour notre prochaine exposition commune [En effet, et bien que cela ne soit encore qu'un souhait exprimé par Piette, il sera, de concert avec Pissarro, reçu au Salon de 1864. Piette-Montfoucault, qui a comme correspondant à Paris Auguste Drouelle, gantier, un de ses témoins lors de son mariage, exposera deux peintures : Le gué de Chevrier (Orne) et Le printemps ; Pissarro aura aussi deux huiles acceptées : Bord de la Marne et Route de Cachalas à La Roche Guyon.].
Je croyais que nous repartirions ensemble pour passer quelque temps avant l'exposition, pour prendre conseils de quelques amis sur nos tableaux : et voilà que tout à coup au moment où je crois vous tenir vous me glissez entre les mains ...
Pissarro, l'insaisissable, vous êtes-vous joué comme les dieux de la crédulité des faibles mortels ?
En quittant de suite la plaisanterie, Pissarro, je vous regrette fort, les raisons que vous donnez sont toutes puissantes et si j'ai rancune à garder, c'est contre ma mauvaise étoile.
Croyez que si quelquefois l'envie vous vient de venir vers moi, je suis et serai toujours heureux de vous recevoir.
Bonne chance dans votre travail et réussite, c'est mon vœu sincère. Recevez nos regrets et priez votre dame d'être assurée du plaisir qu'aurait eu ma femme à la recevoir sous notre toit.
A vous de cœur,
Piette.
Chapitre suivant : 8 mai 1864