PRÉFACE
Ces lettres adressées à Camille Pissarro - c'est ce qui en fait le bonheur et l'intérêt - entrelacent désir et vérité : désir de l'homme Ludovic Piette, vérité historique et politique de la France des années 1870.
C'est à celle-ci que s'attache l'érudition de Janine BaillyHerzberg qui, par ses commentaires méticuleux, nous aide à déchiffrer les très nombreuses allusions éparses ici ou là, nous replongeant ainsi dans une actualité souvent douloureuse où les petits riens de la vie quotidienne prennent alors un relief souvent émouvant.
Pour ma part, je voudrais attirer, plus modestement, l'attention du lecteur sur cette expression constante du désir qui, de lettre en lettre, réapparaît parmi les inquiétudes, les déceptions, les ennuis.
Désir de revoir Pissarro : « Pissarro, je vous regrette fort (...).
Croyez que si quelquefois l'envie vous vient de venir vers moi, je suis et serai toujours heureux de vous recevoir »,
Désir de peindre : « Je vais vous étonner ; au plus fort de la débâcle, j'ai peint. C'était si beau. Je n'ai pu m'arrêter ».
Attention gourmande aux produits de la terre : « Nous regorgeons encore de fruits et vous n'en avez pas et vous avez tant pris de mal à la récolte : nous ne pouvons vous en envoyer, c'est un regret ; le raisin vient de finir, mais poires, pommes, marrons abondent ». Ailleurs : « On y a joint du beurre, le panier était trop plein, j'y ai fourré quelques châtaignes sauvages pour les enfants ».
Désir de retrouver- lui qui ne put en avoir- les enfants de Camille et de Julie : « Ils retrouveraient tous leurs riches joujoux qui sont épars dans le jardin et la cour, sur les bancs, coquilles d'huîtres, ardoises brisées, morceaux de bois à forme particulière... ».
C'est à celle-ci que s'attache l'érudition de Janine BaillyHerzberg qui, par ses commentaires méticuleux, nous aide à déchiffrer les très nombreuses allusions éparses ici ou là, nous replongeant ainsi dans une actualité souvent douloureuse où les petits riens de la vie quotidienne prennent alors un relief souvent émouvant.
Pour ma part, je voudrais attirer, plus modestement, l'attention du lecteur sur cette expression constante du désir qui, de lettre en lettre, réapparaît parmi les inquiétudes, les déceptions, les ennuis.
Désir de revoir Pissarro : « Pissarro, je vous regrette fort (...).
Croyez que si quelquefois l'envie vous vient de venir vers moi, je suis et serai toujours heureux de vous recevoir »,
Désir de peindre : « Je vais vous étonner ; au plus fort de la débâcle, j'ai peint. C'était si beau. Je n'ai pu m'arrêter ».
Attention gourmande aux produits de la terre : « Nous regorgeons encore de fruits et vous n'en avez pas et vous avez tant pris de mal à la récolte : nous ne pouvons vous en envoyer, c'est un regret ; le raisin vient de finir, mais poires, pommes, marrons abondent ». Ailleurs : « On y a joint du beurre, le panier était trop plein, j'y ai fourré quelques châtaignes sauvages pour les enfants ».
Désir de retrouver- lui qui ne put en avoir- les enfants de Camille et de Julie : « Ils retrouveraient tous leurs riches joujoux qui sont épars dans le jardin et la cour, sur les bancs, coquilles d'huîtres, ardoises brisées, morceaux de bois à forme particulière... ».
Désir d'oublier le chahut du monde : « Quand je suis seul dans un bois à considérer la nature, je reprends des forces que m'ôtent les événements ; je voudrais faire tout ce que je vois de beau autour de moi, et vous savez mieux que moi que l'hiver est plein d'enivrement pour le peintre ».
Désir d'une intimité spirituelle toujours plus étroite avec Pissarro : « Quand vous m'écrirez, ne craignez pas les détails, je serais heureux de m'identifier à vos essais et à vos luttes ».
C'est, je crois, la présence de ce désir modeste et sincère qui nous donne le ton de ce que put être l'amitié qui lia très fortement ces deux artistes. Ils avaient su reconnaître dans l'autre cette part d'humanité qu'ils avaient recherchée désespérément autour d'eux.
Edda Maillet
Désir d'une intimité spirituelle toujours plus étroite avec Pissarro : « Quand vous m'écrirez, ne craignez pas les détails, je serais heureux de m'identifier à vos essais et à vos luttes ».
C'est, je crois, la présence de ce désir modeste et sincère qui nous donne le ton de ce que put être l'amitié qui lia très fortement ces deux artistes. Ils avaient su reconnaître dans l'autre cette part d'humanité qu'ils avaient recherchée désespérément autour d'eux.
Edda Maillet
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