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Oeuvres de Napoléon Bonaparte, Tome V.

- Catégorie : Biographies / Témoignages
- Par Napoléon Bonaparte
-
- Date de publication sur In Libro Veritas : 29 novembre 2007 à 15h06
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410 pages
Oeuvres de Napoléon Bonaparte, Tome V.
Borowsk, 23 octobre 1812.
Vingt-sixième bulletin de la grande armée.
Après la bataille de la Moskwa, le général Kutusow prit position à une lieue en avant de Moscou ; il avait établi plusieurs redoutes pour défendre la ville ; il s'y tint, espérant sans doute en imposer jusqu'au dernier moment. Le 14 septembre, ayant vu l'armée française marcher à lui, il prit son parti, et évacua la position en passant par Moscou. Il traversa cette ville avec son quartier-général à neuf heures du matin. Notre avant-garde la traversa à une heure après midi.
Le commandant de l'arrière-garde russe fit demander qu'on le laissât défiler dans la ville sans tirer : on y consentit ; mais au Kremlin, la canaille armée par le gouverneur, fit résistance et fut sur-le-champ dispersée. Dix mille soldats russes furent, le lendemain et les jours suivans, ramassés dans la ville, où ils s'étaient éparpillés par l'appât du pillage : c'étaient d'anciens et bons soldats ; ils ont augmenté le nombre des prisonniers.
Les 15, 16 et 17 septembre, le général d'arrière-garde russe dit que l'on ne tirerait plus, et que l'on ne devait plus se battre, et parla beaucoup de paix. Il se porta sur la route de Kolomna, et notre avant-garde se plaça à cinq lieues de Moscou, au pont de la Moskwa. Pendant ce temps, l'armée russe quitta la route de Kolomna et prit celle de Kalouga par la traverse. Elle fit ainsi la moitié du tour de la ville, à six lieues de distance. Le vent y portait des tourbillons de flammes et de fumée. Cette marche, au dire des officiers russes, était sombre et religieuse. La consternation était dans les âmes : on assure qu'officiers et soldats étaient si pénétrés, que le plus profond silence régnait dans toute l'armée comme dans la prière.
On s'aperçut bientôt de la marche de l'ennemi.
Après la bataille de la Moskwa, le général Kutusow prit position à une lieue en avant de Moscou ; il avait établi plusieurs redoutes pour défendre la ville ; il s'y tint, espérant sans doute en imposer jusqu'au dernier moment. Le 14 septembre, ayant vu l'armée française marcher à lui, il prit son parti, et évacua la position en passant par Moscou. Il traversa cette ville avec son quartier-général à neuf heures du matin. Notre avant-garde la traversa à une heure après midi.
Le commandant de l'arrière-garde russe fit demander qu'on le laissât défiler dans la ville sans tirer : on y consentit ; mais au Kremlin, la canaille armée par le gouverneur, fit résistance et fut sur-le-champ dispersée. Dix mille soldats russes furent, le lendemain et les jours suivans, ramassés dans la ville, où ils s'étaient éparpillés par l'appât du pillage : c'étaient d'anciens et bons soldats ; ils ont augmenté le nombre des prisonniers.
Les 15, 16 et 17 septembre, le général d'arrière-garde russe dit que l'on ne tirerait plus, et que l'on ne devait plus se battre, et parla beaucoup de paix. Il se porta sur la route de Kolomna, et notre avant-garde se plaça à cinq lieues de Moscou, au pont de la Moskwa. Pendant ce temps, l'armée russe quitta la route de Kolomna et prit celle de Kalouga par la traverse. Elle fit ainsi la moitié du tour de la ville, à six lieues de distance. Le vent y portait des tourbillons de flammes et de fumée. Cette marche, au dire des officiers russes, était sombre et religieuse. La consternation était dans les âmes : on assure qu'officiers et soldats étaient si pénétrés, que le plus profond silence régnait dans toute l'armée comme dans la prière.
On s'aperçut bientôt de la marche de l'ennemi.
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