L'automne
Automne… Automne… je te dis « mon ami » et pourtant... tes ocres, tes roux, tes fauves, ne m’évoquent que chevelure de femme au corps vêtu de guenilles oriflammes.
Avoue donc ! Tu n’es, je le vois bien, qu’une bohémienne lascive qui se love aux courbes des sentiers !
Oubliée l’insouciance du printemps de la femme-enfant et éteintes les ardeurs brûlantes de l’été de la femme jeune-fille, te voilà, désormais, femme-femme. Tu t’enivres de parfums lourds, tu savoures à n’en plus pouvoir les arômes d’humus qui émanent des étoles de mousse et des châles de feuilles fripées dont tu t’emmitoufles. De vallées en collines, de champs en forêts, tu vas, tu cours, accrochant au hasard de tes caprices lambeaux de jaunes, de rouille, de verts tendres ou sombres, échevelant les sous-bois de fougères fragiles ou ensanglantant les murs de vigne pourpre. Tu t’étires, délayant tes ivresses aux eaux vives de torrents et rivières gorgés d’averses bienfaisantes, et tu danses aux derniers pépiements d’un sémillant peuple en mouvance.
Oubliée l’insouciance du printemps de la femme-enfant et éteintes les ardeurs brûlantes de l’été de la femme jeune-fille, te voilà, désormais, femme-femme. Tu t’enivres de parfums lourds, tu savoures à n’en plus pouvoir les arômes d’humus qui émanent des étoles de mousse et des châles de feuilles fripées dont tu t’emmitoufles. De vallées en collines, de champs en forêts, tu vas, tu cours, accrochant au hasard de tes caprices lambeaux de jaunes, de rouille, de verts tendres ou sombres, échevelant les sous-bois de fougères fragiles ou ensanglantant les murs de vigne pourpre. Tu t’étires, délayant tes ivresses aux eaux vives de torrents et rivières gorgés d’averses bienfaisantes, et tu danses aux derniers pépiements d’un sémillant peuple en mouvance.
Hélas ! Combien de semaines, de jours, avant que l’hiver ne jette sur tes atours flamboyants son manteau de neige, qu’il ne te muselle de ses serres de glace ?
Déjà, un ciel de plus en plus bas, plombe tes pupilles noisette d’ardoise grise alors qu’un vent venu du grand nord, cisèle sur ton front de ses caresses cruelles les premières craquelures d’une froide saison en embuscade.
Mais que t’importe ! Tes rires ne sont que cascades joyeuses !
Mais que t’importe ! Tes rires ne sont que cascades joyeuses !
D’ailleurs, là, encore ! Te jouant des premières aubes emperlées de givre qui dénoncent l’approche de ta blanche et austère rivale, te voilà toujours frondeuse ! Usant sans scrupule de leurs mille éclats de diamant, tu t’offres à l’étreinte d’un nouveau jour et tu étincelles de plus belle, vibrante et ardente sous tes voiles de brume impalpable.
Tant et tant que, sans doute, est-ce pour cela que le soleil, amant jaloux, en pâlit de dépit et davantage à chaque matin que tu t’éveilles ainsi.