Aquilegia Nox - Je ne crois pas en la confiture de fraises - texte intégral

In Libro Veritas

Je ne crois pas en la confiture de fraises

Par Aquilegia Nox

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Je ne crois pas en la confiture de fraises.

Je ne crois pas en la confiture de fraises.
Je n'y ai jamais cru.

D'ailleurs, je ne comprends pas comment des gens peuvent être assez niais pour croire en quelque chose d'aussi invraisemblable que de la confiture de fraises. Il est évident que toute cette histoire n'est qu'un complot visant à abrutir les masses sous des faux–semblants sucrés. Aucun être sain et doté d'un tant soit peu d'esprit critique ne devrait se permettre d'envisager que la confiture de fraises soit autre chose qu'une vue de l'esprit, un fantasme amusant, mais vain.

Plusieurs personnes ont d'ailleurs tenté de me convaincre. J'ai écouté leurs arguments avec patience, mais aucun ne résiste à l'argumentation que je vais vous exposer. Leur théorie de la confiture de fraises est simplement invraisemblable.
Vous n'êtes pas convaincu? Vous devriez travailler votre esprit critique, et, comme moi, réfléchir de façon approfondie. Je vais donc, en quelques lignes de mots percutants vous aider à réaliser l'ampleur de la supercherie dans laquelle vous vous êtes fourvoyé, et vous expliquer votre erreur.

La confiture de fraises ne peut exister. Si les rubis étaient confiturables, cela serait de notoriété publique. Or, comment obtenir la couleur rouge de la confiture de fraises sans concasser de rubis?

Vous savez forcément que le rubis est une pierre précieuse très proche du diamant, que l'on trouve à l'état brut dans certaines roches. Il est exploité depuis les débuts de l'orfèvrerie, et constitue un joyau de grande valeur. Une partie de cette valeur est imputable au taillage de la pierre, qui ne peut être effectué que par quelques experts, et est dirigé par un code très précis.

Le rubis cabochon est rond. Les rubis à facettes ont toutes sortes de noms, et leur taille ainsi que leur pureté est un autre grand composant de leur qualité. Un rubis gros comme une tête d'épingle a déjà un prix assez élevé. Si sa taille atteint les dimensions d'une noix, son propriétaire a à coup sûr en sa possession un joyau de plusieurs millions.


Connaissez–vous la taille d'un pot de confiture? Imaginez–vous la quantité de rubis qu'il faudrait y concasser? Le prix d'une telle préparation? Imaginer que la production de plusieurs milliers de pots de confiture de fraises, ainsi que le prétend l'industrie de la confiture, relève par conséquent de l'aberration économique, de la science–fiction pure et simple.

Mieux encore. Le rubis a la dureté, à peu de choses près, du diamant. Imaginez–vous le travail que représenterait le concassage des pierres pour remplir les pots de confiture?

SI un seul pot de confiture de fraises existait... Pensez–vous que qui que ce soit pourrait avoir les moyens de se l'offrir?


Je pense que vous avez compris.

Il est toutefois important de noter qu'un certain courant de pensée soutient que l'usage du rubis n'est pas une nécessité absolue. Cette thèse n'est toutefois pas digne d'intérêt. Comment la couleur rouge des représentations graphiques de la confiture de fraises, en pot ou en tartine, que l'on trouve dans tous les livres, pourrait–elle être obtenue? Si une théorie n'est pas compréhensible, il est évident qu'elle est fausse. C'est bien sûr le cas de celle–ci.

Revenons à notre sujet. Certains esprits crédules pourraient me rétorquer qu'ils ont vu des pots de confitures de fraises, de leurs propres yeux, voire qu'ils en ont mangé.
Mon coeur s'emplit de pitié pour ces esprits simples. La raison devrait vous enseigner que ce qui ne peut se concevoir par l'esprit ne peut pas exister. La théorie de la confiture de fraises est un mensonge, par conséquent il est inutile d'en chercher les preuves, ou bien celles–ci ne peuvent être que construites de toutes pièces, ou à la rigueur mal interprétées.
J'ai moi–même subi discours de ces fâcheux. Certains, croyant me déstabiliser, ont tenté de me faire croire qu'ils posaient devant mes yeux un pot de confiture de fraises, et de me le faire toucher.

Illusion des sens que tout cela. Pure illusion. Examinons en trois points les différentes tromperies des sens que nous subissons dans ce cas de figure.

Tout d'abord, le visuel. La vision du pot n'est qu'un mirage provoqué par la présence de pots d'autres confitures, comme la confiture d'abricot, tout à fait réelle celle–là, dans l'environnement proche. Les mirages sont une réalité, et ils sont craints par les voyageurs en de nombreuses contrées, car ils peuvent leur faire croire que des objets inexistants se trouvent sur leur chemin. La vue d'un pot de confiture de fraises est donc ce que nous appellerons un « mirage cuisinier ».


Ensuite, le toucher. L'impression de dureté que l'on ressent lorsque l'on approche la main de l'objet illusoire, quant à elle, a une explication parfaitement logique elle aussi. Bien sûr, il est possible qu'un faux pot soit présent, remplis, par exemple, de miel. Mais il est aussi une autre explication, que mon esprit parfaitement cartésien, féru de sciences physiques, a élaboré sur la base des écrits les plus reconnus en la matière.

L'illusion de dureté est due au magnétisme des électrons sous–jacents des atomes d'azote – vous n'êtes pas sans savoir que l'air est composé à environ 80% d'azote, 20% d'oxygène, et quelques traces d'autres gaz comme le dioxyde de carbone – azote dont les quarks subissent, pour faire simple, une inversion de spin récurrent. Mon propos n'étant pas de vous assommer d'un étalage de science, cette explication un peu simplifiée devrait suffire, mais si vous voulez les équations quantiques dans tous leurs détails, c'est avec joie que je vous les fournirai.


Enfin, examinons l'illusion du goût. Comment peut–on goûter un objet qui n'existe pas? Il est vrai que l'âme faible qui se laisse abuser par des subterfuges aussi grossiers que les précédents peut ne pas réaliser que la substance qui touche sa langue a été remplacée, de toute évidence, par une autre. Confiture d'abricot, par exemple. Prestidigitation simple que tout cela.


Ainsi que vous pouvez le constater, il est absolument évident, tant d'un point de vue réflexif qu'expérimental, que la confiture de fraises n'est qu'une invention. Ne nous laissons plus guider par le complot, la supercherie, que représente la confiture de fraises. Réfléchissons par nous même, et répandons la vérité : la confiture de fraises est un mythe, et n'a jamais existé.




Toute ressemblance avec les raisonnements tenus par les créationnistes racontant la théorie de l'évolution serait... plus qu'une amusante coïncidence ;–)