4/3
Il fait froid dans cette chambre. A-t-on seulement idée d’ouvrir grand les fenêtres à la fin du mois de décembre ? Rien de tel pourtant pour oublier les cloisons de cette pièce étroite et obscure, couloir sans distribution. Aujourd’hui, en reculant mon lit, j’ai atteint le mur opposé. Je ne pourrai pas aller plus loin. Assis le plus en arrière possible, je tente d’étalonner la mince ouverture de mon champ de vision au chambranle de la bow window à l’autre bout. Les faire coïncider exactement, c’est atteindre le monde, sortir de cette cellule constrictrice, de ce regard peau de chagrin. Les parois m’étouffent. Elles entrent par les bords. Subrepticement, toujours déjà trop proches, hostiles et menaçantes. Autant que possible, je les évite. Chaque matin, je recule le lit d’un pas. Le cadre se resserre, alors je prends de la distance pour que l’image reste la même, en plus petit. Fuite panoramique. Ajuster la focale. Bord à bord. Ma rétine reformatée contre les 24x18 mains de la fenêtre ouverte au maximum. Je respire un peu mieux.
Les autres, je ne les verrai plus. Ca fait aussi partie de la peine, même si aucun juge n’est venu face à nous la prononcer. Au réveil, il a fallu tout deviner.
La nuit vient à peine de tomber. En ville, ça ne veut pas dire grand chose. La neige tombe elle aussi. Des heures à contempler cette pluie de coton. Les flocons sont choses délicates ; ils ne chutent pas mais descendent avec une certaine grâce pour venir se poser à l’endroit que les souffles du vent leur ont destiné. Dans la pénombre bleutée percée par les faisceaux de lumière crue de l’éclairage urbain, j’assiste en spectateur distant à ce ballet céleste. Dans la ville déchirée par les halos des projecteurs, la nuit contre-jour révèle la danse microscopique des poussières.
La nuit vient à peine de tomber. En ville, ça ne veut pas dire grand chose. La neige tombe elle aussi. Des heures à contempler cette pluie de coton. Les flocons sont choses délicates ; ils ne chutent pas mais descendent avec une certaine grâce pour venir se poser à l’endroit que les souffles du vent leur ont destiné. Dans la pénombre bleutée percée par les faisceaux de lumière crue de l’éclairage urbain, j’assiste en spectateur distant à ce ballet céleste. Dans la ville déchirée par les halos des projecteurs, la nuit contre-jour révèle la danse microscopique des poussières.
En fronçant un peu les sourcils, le rideau floconneux se détache du décor inerte en arrière plan, comme un calque en rouleau animé par devant la nature morte des toits d’immeubles. La tête penchée vers le haut, à travers la petite lucarne, ce sont toutes les étoiles qui s’abattent sur la Terre, calmement, méthodiquement, au ralenti et sans collision. Apocalypse discrète. Dans mes yeux, toujours cet écran aux proportions standards, immuables. Judiciaires.
Quatre par trois.
Quatre par trois.
Quelque part, les six autres doivent endurer la même sentence. Ailleurs, isolés dans d’autres couloirs, face à d’autres fenêtres. Pourtant, nos actions au Tv be Gone, le groupe « Arrêt Télé », tout cela n’était dans nos esprits que des jeux sans conséquences, un prétexte pour vivre des choses ensemble. Par la suite, ce sont les évènements qui ont eu raison de notre insouciance. Tôt ou tard, vous avez la vanité de penser pouvoir les infléchir ; c’est le tournant derrière lequel ils vous attendent patiemment, et là, ce sont eux qui s’occupent de vous.
Imperceptiblement, la canopée urbaine se recouvre d’un filtre blanc. Les arêtes, les sommets et tout ce qui soutient la géométrie saillante des hauteurs de la ville se dissipent dans des contours moins nets, un flou qui dissimule habilement toute cette architecture sous l’apparence imprécise d’un croquis palimpsestueux. Les fils qui courent entre les toits et les pylônes s’épaississent. Les paraboles trônent en forte densité sur ce paysage, fièrement supérieures et toutes orientées au cordeau vers la même étoile. Prière musulmane.
Seuls quelques oiseaux affamés distraient par leurs traversées en plein champ cet ordre solennel.
Les premiers stigmates étaient apparus au lendemain de notre procès. Réveil lourd, douloureux. Lendemain de fête sans veille. Pas d’alcool, mais certainement la queue d’une comète de tranquillisants que nous avions pris sans trop de méfiance avant notre passage au bloc d’administration des infrapeines. Interpellation, inculpation, instruction, procès ; la procédure, conformément à la nouvelle loi en vigueur, s’était concentrée sur à peine 72 heures. Pour s’achever, d’après mes souvenirs, dans un bloc médicalisé, allongé sous une machine, le regard absorbé par le dessin d’une balance, trade mark judiciaire, incrusté sur un anneau mobile au niveau des yeux. Et puis l’anneau s’est mis à tourner, de plus en plus vite.
Au réveil, Je me suis vu allongé là, comme je le suis encore aujourd’hui, les yeux hagards, noyés dans le quadrillage serré de la tapisserie, à attendre que ma conscience soit suffisamment alerte pour laisser venir les interrogations post traumatiques : « Où suis-je ? », « Qui suis-je ? ». Tout au plus, pouvais-je me rappeler de qui j’avais été.
Face à moi, la guillotine d’une fenêtre anglaise entrouverte, poignée tournée d’un quart, dont la peinture, usée par les multiples contacts de mains anonymes, s’était écaillée sur une large surface. Au-delà, l’arrière plan banal et paisible des hauteurs d’une ville. Paradoxalement, je sentais m’envahir une inquiétude sourde sans pouvoir en cerner l’origine. Après tout, l’infrapeine tant redoutée n’avait pas l’air si terrible ; j’avais l’air de bien me porter. Deux bras, deux jambes et une tête en état de marche.
Au réveil, Je me suis vu allongé là, comme je le suis encore aujourd’hui, les yeux hagards, noyés dans le quadrillage serré de la tapisserie, à attendre que ma conscience soit suffisamment alerte pour laisser venir les interrogations post traumatiques : « Où suis-je ? », « Qui suis-je ? ». Tout au plus, pouvais-je me rappeler de qui j’avais été.
Face à moi, la guillotine d’une fenêtre anglaise entrouverte, poignée tournée d’un quart, dont la peinture, usée par les multiples contacts de mains anonymes, s’était écaillée sur une large surface. Au-delà, l’arrière plan banal et paisible des hauteurs d’une ville. Paradoxalement, je sentais m’envahir une inquiétude sourde sans pouvoir en cerner l’origine. Après tout, l’infrapeine tant redoutée n’avait pas l’air si terrible ; j’avais l’air de bien me porter. Deux bras, deux jambes et une tête en état de marche.
Et puis, l’inquiétude s’est faite ligne. Tout juste visible, je sentais une limite imaginaire border la portée de mes regards ; l’impression d’une myopie corrigée sélectivement à l’intérieur d’un cadre central. La frontière déroulait sa première ligne de fils barbelés.
J’ai d’abord cru à des résidus de fatigue, le stress accumulé dans ces journées difficiles. Un procès, même expéditif, n’est jamais chose agréable, et nous savions tous les sept dans quelle mesure nous étions allés trop loin, à leurs yeux. J’ai cligné, cligné à nouveau pour dissiper le voile vitreux qu’un sommeil profond laisse en dépôt de garantie. Rien à faire, l’altération rectangulaire, même insignifiante, persistait. Je m’ébrouai la tête de gauche à droite, énergiquement, comme un chien mouillé, et fixait maintenant le plafond. Le lustre qui pendait en plein centre semblait tout ce qu’il y a de plus net. Mais quand mon regard porta de nouveau sur les croisillons réguliers de la tapisserie bon marché, non seulement la ligne réapparut, mais je dus me rendre à l’évidence en tentant d’en suivre le contour, qu’elle encadrait mon champ de vision de toutes parts. Ligne brisée fermée ; un rectangle en quelque sorte. Quatre par trois.
Demandez à n’importe qui de définir l’empan maximal qu’il peut obtenir en écarquillant les yeux. Incertain, le quidam hasardera au mieux : « un cercle ». Qui peut dire qu’il perçoit la frontière aux faubourgs de son regard ? Je me souviens qu’enfant, j’aimais à provoquer des scintillements à l’intérieur de mon œil. Je disposais pour cela de plusieurs techniques bien chevronnées comme se lever brusquement de mon lit le matin ou sortir précipitamment d’un bain trop chaud.
A chaque fois que ces points lumineux apparaissaient, je tentais d’en fixer un pour suivre ses déplacements. Ces mouvements me fascinaient, qui alternaient pauses brèves et avancées spasmodiques selon un tempo synchrone à mon rythme cardiaque. Le point finissait toujours par s’échapper de mes regards et j’avais beau tenter de le rattraper en combinant une rotation de la tête et une gymnastique tordue des globes oculaires, la poursuite était vaine, mon plaisir toujours éphémère.
Le cadre se dessinait un peu plus net chaque jour. L’alentour qui m’avait d’abord paru trouble devint encore plus vague, plus flou au point que je n’arrivais plus à compter en périphérie les lignes tapissées sur les murs. Puis, l’alentour s’est obscurci, fondu de lumière étiré en longueur pour jouer une vaine dissimulation. Le cadre 4/3, c’était ça notre infrapeine. J’ai eu tout le temps pour le deviner.
L’infrapeine, c’était la pierre angulaire de la grande réforme du code pénal, réclamée à grands renforts télévisés par les associations de défense des victimes. Dans les discussions de comptoir, certains affirmaient que c’était ce qui permettrait au pays d’échapper à la tentation fasciste, en donnant des gages aux plus durs ; d’autres, moins nombreux, disaient eux que c’était précisément ce qui ferait basculer le pays vers ce genre de régime. L’infrapeine avait pris son nom du fait que le prévenu ne devenait plus un détenu au sens classique de l’enfermement physique ; l’infrapeine était présentée comme une application plus humaine de la justice. Elle avait quelques semaines à peine d’existence et nous étions parmi les premiers à apprécier ce que « plus humain » peut recouvrir de cruauté.
Trois décennies répressives, dans un contexte où pourtant la délinquance n’avait jamais été aussi faible, avaient enflé hors de toutes limites les condamnations à des peines de détention. Les prisons étaient surchargées d’une population qui n’avait probablement rien à y faire. Durant les derniers mois, les mutineries et les évasions s’étaient multipliées. Deux gardiens étaient morts, davantage à cause de leur maladresse à gérer ce genre de situation. Les medias avaient joué à plein la carte de l’effroi. Des funérailles nationales exceptionnelles avaient été décidées au sommet de l’Etat, pour être diffusées sur toutes les chaînes nationales. Par la suite, on avait créé une émission d’une dizaine de minutes, en ouverture du journal télévisé, pour rendre un hommage quotidien aux agents de maintien de l’ordre. Le fruit judiciaire était mûr, il ne manquait qu’une bonne secousse pour le faire tomber.
Le diable providentiel s’incarna en la personne de Joseph V., multirécidiviste dans des affaires de mœurs, en liberté conditionnelle depuis quelques mois, de nouveau repris par la justice et cette fois convaincu, sur la foi de ses propres aveux, d’une sordide affaire de meurtres pédophiles. Parmi ses nombreuses tares psychiatriques, la plus insidieuse était une mythomanie aggravée et une propension évidente à s’accuser des crimes les plus odieux, pour peu que son mensonge soit relayé par le manège médiatique. On l’apprit seulement plus tard.
Entre temps, la révolution pénale s’était mise en branle. Le projet était déjà bien ficelé, clé en mains, sous le coude de ses patentés géniteurs. La panique fantasmée était telle que les gens en arrivaient à redouter que la centaine de milliers de détenus ne reprennent leur liberté, et que sous peu, le pays ne tombe dans un chaos profitable aux bandits de grand chemin et aux égorgeurs d’enfants.
Le diable providentiel s’incarna en la personne de Joseph V., multirécidiviste dans des affaires de mœurs, en liberté conditionnelle depuis quelques mois, de nouveau repris par la justice et cette fois convaincu, sur la foi de ses propres aveux, d’une sordide affaire de meurtres pédophiles. Parmi ses nombreuses tares psychiatriques, la plus insidieuse était une mythomanie aggravée et une propension évidente à s’accuser des crimes les plus odieux, pour peu que son mensonge soit relayé par le manège médiatique. On l’apprit seulement plus tard.
Entre temps, la révolution pénale s’était mise en branle. Le projet était déjà bien ficelé, clé en mains, sous le coude de ses patentés géniteurs. La panique fantasmée était telle que les gens en arrivaient à redouter que la centaine de milliers de détenus ne reprennent leur liberté, et que sous peu, le pays ne tombe dans un chaos profitable aux bandits de grand chemin et aux égorgeurs d’enfants.
Les citoyens étaient devenus des sujets, les figurants dociles d’une mise en scène bien réglée. Ils avaient peur, comme on le leur demandait. Les sondages le montraient et la télé montrait les sondages. Au journal télévisé, on suggérait même l’instauration d’un couvre feu pour protéger les populations.
Les deux assemblées furent convoquées en urgence selon une procédure qui outrepassait toutes les garanties constitutionnelles. Le ministre de la justice et de la communication omniprésent, omniscient, omnipotent, défendit son projet sous l’emballage séduisant de la garantie de résultat. Bien entendu, pas un élu ne risqua son honneur et sa réputation à défendre ou amender l’ancien système. L’opposition, déjà peu conséquente, décida de s’abstenir, pour la forme. Moins de quatre jours furent nécessaires à cette assemblée extraordinaire pour avaliser les détails de cette révolution sans précédent dans le domaine pénal.
Il faut dire qu’en remplacement des milliers de pages que comportait l’ancien code, la nouvelle mouture tenait sur quelques feuillets à peine. Son secret était le secret. Retour à une sorte de loi du talion qui se proposait de punir par là même où le crime avait été commis, avec pour corollaire implicite, la possibilité d’altérer l’intégrité physique du condamné. Parallèlement, l’article 2042 formait l’autre mâchoire de l’étau. Il dispensait le corps judiciaire d’informer le condamné sur la teneur de sa sanction. Exit les lieux de détention, l’enfermement coûteux, et les récidives à crédit. Place à l’infrapeine qui s’administrait dès la sortie du tribunal, après des délibérations maintenues secrètes autant que leur verdict, mais tout de même agréées symboliquement par un parterre choisi d’associations de droit de l’homme, familiales et religieuses, qui en étaient la caution morale.
A l’automne, nous fûmes parmi les premiers à goûter à la nouvelle procédure. Séparé par un simple sas du box dans lequel nous avions assisté à la lecture détaillée des méfaits qui nous avaient conduits à être jugés, le bloc d’administration des infrapeines avait l’allure d’une salle d’examens neurologiques. Je fus allongé et sanglé sans brutalité sur la civière coulissante de l’appareil qui trônait au milieu de la pièce et qui ressemblait, d’après ce que j’en connais, à un scanner d’imagerie cérébrale. Les blouses blanches avaient pris le relais des uniformes marine. Assommé par les sédatifs, je plongeais rapidement dans l’inconscience hypnotique en regardant gyrer la balance gravée juste sous mes yeux. Notre procès avait été aussi secret que ne le fut notre sentence.
- Bon et maintenant ? avait lancé Syl, amorçant le virage qui conduirait à la formation du groupe « Arrêt Télé ». Nous avions tous les sept bien compris que le petit appareil qu’avait découvert Julien - le TV be Gone interrupteur universel d’images télévisées - permettrait bien plus que d’éteindre simultanément tous les écrans d’un grand magasin ou toutes les télévisions d’un pâté de maisons. Notre erreur fut sans doute d’avoir voulu donner une portée plus politique aux coupures que nous étions capables de provoquer. L’ambiance délétère et quasi fictionnelle qui enrobait l’actualité sécuritaire du pays « vu à la télé » était l’appât qui nous avait conduit vers davantage de radicalité.
Syl avait travaillé des semaines pour rendre l’appareil plus puissant et polyvalent. Le Tv be gone était désormais capable de s’attaquer à toutes sortes d’écrans et même directement aux relais hertziens, ce qui allait décupler de manière industrielle notre puissance de feu et la portée de nos sabotages.
Au procès, nous devions apprendre que les renseignements généraux nous avaient déjà identifiés comme bande organisée après l’extinction totale de tous les écrans d’ordinateurs de la TourCom, le complexe immobilier regroupant les sièges sociaux des plus importantes compagnies de publicité et de communication événementielle de la capitale. Notre action avait réussi à bloquer pendant une matinée complète l’activité de toutes ces entreprises, qui malgré la nature de leur spécialité, s’étaient abstenues d’ébruiter la chose. Passé l’été, les affaires devinrent plus sérieuses. Pensez donc, interrompre sur la totalité des réseaux les funérailles nationales d’un agent de l’Etat.
Je ne compte plus les jours depuis que j’occupe cette camisole aux proportions d’un écran de télévision. Tout ce qui est à l’extérieur du rectangle s’est tellement obscurci que je n’y distingue plus rien. Tout entre dans le champ de manière brutale. Ma vision périphérique n’existe plus. Plus moyen d’anticiper. Une fois marqué, le cadre s’est mis à rétrécir un peu chaque jour, en conservant toujours le même rapport de quatre par trois. C’est pour ça que j’ai commencé à reculer mon lit. Cadrer sur les 18x24 mains de la fenêtre. La neige tombe toujours. Mon 4/3 calé sur les toits de la ville.
Perché dans cette pièce, les bruits ne me parviennent que dans un murmure imperceptible. 4/3 : nombre de plomb, coefficient des proportions disgracieuses.
Avec la distance prise en reculant mon lit, tout ce que j’aperçois maintenant se situe à plus d’une trentaine de mètres. L’image s’est complètement aplatie. La dimension de la profondeur s’est dissoute en même temps que la plupart des cellules à bâtonnets de ma rétine. L’espace alentour qui commençait à se brouiller au lendemain du procès a achevé son processus. C’est un cadre parfaitement noir et de plus en plus envahissant qui enserre mon regard. L’obturateur en cours de fermeture ne laisse filtrer qu’une image de plus en plus petite.
Camera obscura.
Camera obscura.
J’allume une cigarette. Dernier plaisir du condamné. J’aime le goût du tabac quand l’air est froid. Les volutes qui s’en échappent sont les derniers éléments que je peux apprécier de près, dans un relief intangible. Comme les déferlantes à l’approche d’une côte saillante, les arabesques de fumée se brisent inéluctablement sur les bords tranchants de mon regard. Comment font-ils les six autres pour supporter cet éloignement de la sensation du monde ? Dehors, toujours la neige. Il en est tombé tant depuis quelques heures que pas la moindre parcelle du panorama n’en est recouverte d’une couche épaisse.
Un oiseau vient se poser sur le rebord de mon 4/3. Quelques secondes durant, il me fixe pour évaluer la sécurité des lieux. Apparemment rassuré sur mon incapacité de nuisance, il entre dans la pièce, vite rejoint par deux ou trois autres. Ensemble, ils virevoltent, jouent entre le champ et le hors champ.
Un oiseau vient se poser sur le rebord de mon 4/3. Quelques secondes durant, il me fixe pour évaluer la sécurité des lieux. Apparemment rassuré sur mon incapacité de nuisance, il entre dans la pièce, vite rejoint par deux ou trois autres. Ensemble, ils virevoltent, jouent entre le champ et le hors champ.
Je sens, quand l’un d’eux me frôle de trop près, le souffle de ses ailes me balayer la peau. Prélude à la nuit.
Il fait de plus en plus froid. Mes jambes sont maintenant complètement engourdies. Mes doigts tiennent avec difficulté le stylo qui achève de notifier mon témoignage. Encore cette ligne et je retournerai la pointe.
Oeil pour œil.
J’enfonce.
Il fait de plus en plus froid. Mes jambes sont maintenant complètement engourdies. Mes doigts tiennent avec difficulté le stylo qui achève de notifier mon témoignage. Encore cette ligne et je retournerai la pointe.
Oeil pour œil.
J’enfonce.
