L'achat
Nous décidâmes ma femme et moi de partir nous installer au Maroc pour finir nos vieux jours. Le soleil et les conditions de vie agréables que nous espérions et la fiscalité attractive que cela allait susciter, faisaient le reste. C'était aussi un rêve de gamin. J'avais eu l'occasion de voyager beaucoup dans ce pays avec mon père. Il était commercial et, de ce fait, avait sillonné beaucoup les pays du Maghreb. Ma mère et moi accompagnions souvent mon père et je connaissais presque mieux le Maroc que mon propre pays.
Notre destination de prédilection fut Tiznit. Nous voulions habiter un coin tranquille loin de la pollution et de la foule. Nous y achetâmes une petite ferme. Tiznit devint notre petit coin de paradis. Nous avions restauré cette ferme en préservant le cachet de l'ancien. Nous l'avions meublée dans le plus pur style marocain avec une petite touche occidentale mais qui restait discrète. Nous gardâmes néanmoins un pied à terre en France au cas où… Nous avions tout de même la crainte de ne pas nous habituer au climat et à la vie. Cependant, tous nos autres biens avaient été vendus avant notre départ. Je m'étais séparé de ma rutilante Mégane qui n'avait même pas cinquante mille kilomètres au compteur, non sans regret, mais dans la vie, il faut faire des choix. Dédouaner une voiture au Maroc m’aurait coûté beaucoup de temps et d’énergie et j’aurais été confronté à toute une procédure administrative qui ne m’enchantait guère et, bien sûr, cela m’aurait coûté horriblement cher.
Après six mois de vie sur le sol marocain, j'eus envie d'acheter un véhicule d’occasion pour nos déplacements occasionnels entre Tiznit et Agadir, même si une course en taxi ne nous coûtait pas bien cher.
Je rêvais de posséder une Ford Cortina 1600GT, un modèle des années soixante-dix.
Notre destination de prédilection fut Tiznit. Nous voulions habiter un coin tranquille loin de la pollution et de la foule. Nous y achetâmes une petite ferme. Tiznit devint notre petit coin de paradis. Nous avions restauré cette ferme en préservant le cachet de l'ancien. Nous l'avions meublée dans le plus pur style marocain avec une petite touche occidentale mais qui restait discrète. Nous gardâmes néanmoins un pied à terre en France au cas où… Nous avions tout de même la crainte de ne pas nous habituer au climat et à la vie. Cependant, tous nos autres biens avaient été vendus avant notre départ. Je m'étais séparé de ma rutilante Mégane qui n'avait même pas cinquante mille kilomètres au compteur, non sans regret, mais dans la vie, il faut faire des choix. Dédouaner une voiture au Maroc m’aurait coûté beaucoup de temps et d’énergie et j’aurais été confronté à toute une procédure administrative qui ne m’enchantait guère et, bien sûr, cela m’aurait coûté horriblement cher.
Après six mois de vie sur le sol marocain, j'eus envie d'acheter un véhicule d’occasion pour nos déplacements occasionnels entre Tiznit et Agadir, même si une course en taxi ne nous coûtait pas bien cher.
Je rêvais de posséder une Ford Cortina 1600GT, un modèle des années soixante-dix.
Je fis le tour des souks, j’en parlai à mes voisins, je discutai avec beaucoup de gens pour savoir s’il n’y avait pas l’une de ces perles rares à vendre. Ici, on trouve de tout, le pire comme le meilleur. Il fallut trouver un vendeur et le meilleur moyen était le bouche à oreille. On m'indiqua un nom et une adresse près d’Agadir. On me jura qu'il y avait là une véritable affaire à faire. Rendez-vous pris avec le vendeur, je me précipitai pour aller voir l'engin. Il fallut d'abord passer par les préliminaires. En effet, avant de me montrer le véhicule, je devais montrer ma bonne foi d'acheteur. Après le jeu du marchandage, comme il est coutume de faire ici et une fois le prix négocié d’un commun accord, il me fallut sortir la preuve que j'avais bien ce qu'il fallait pour payer. On me la présenta enfin. On me garantissait le moteur les yeux fermés. Lorsque je la découvris, ce fut le coup de cœur, enfin presque ! Cette voiture-là sortait tout droit d’un film. La poussière rouge et son état de vétusté me firent tout de même frémir. Cependant, je n’eus pas vraiment le temps de réfléchir. Les marocains ont l’art de la vente. Entouré de dix personnes où chacun me ventait les avantages et les mérites de cette vieille guimbarde, je finis par acquiescer et la vente fut conclue. Il faut dire que le prix était vraiment raisonnable et que, ce qui m’importait, c’était de circuler pour de petits trajets.
Au moins, avec une voiture comme celle-là, je ne risquais pas d’être pris pour un touriste. Elle faisait, dirions-nous, couleur locale et puisqu’on me garantissait le moteur, je fus convaincu par mon achat. Je pris le temps de faire connaissance avec mon nouveau bolide. La Cortina est une voiture qui avait été conçue pour les rallyes, avec ses 93 CV sous le capot, c’était une belle bête.
Au moins, avec une voiture comme celle-là, je ne risquais pas d’être pris pour un touriste. Elle faisait, dirions-nous, couleur locale et puisqu’on me garantissait le moteur, je fus convaincu par mon achat. Je pris le temps de faire connaissance avec mon nouveau bolide. La Cortina est une voiture qui avait été conçue pour les rallyes, avec ses 93 CV sous le capot, c’était une belle bête.
Même si, celle-ci, ne payait pas de mine. La portière côté passager fermait avec un fil de fer. L’arrière avait subi quelques mauvaises manœuvres. Les banquettes étaient défraîchies. Je me disais que tout cela n’était que des détails et que je trouverais bien le moyen de les remplacer.
Dans les ruelles marchandes des grandes villes du Maroc, on trouve souvent quelques marchands extraordinaires. Il existe ce que l’on appelle ici les zoutillas. Ce sont des boutiques pleines à craquer d’objets venus d’un autre temps. On y trouve pêle-mêle : de vieilles machines à coudre, de vieux moteurs, de vieux appareils électroménagers et tout un ensemble d’objets aussi hétéroclites les uns que les autres. J’étais sûr de trouver là des banquettes adaptables pour remplacer les miennes et si ce n’était pas le cas, un cordonnier habile pouvait bien me réparer cela en deux temps trois mouvements. Pour les bosses et la portière, là encore, il n’y avait pas de problèmes puisqu’il y avait suffisamment de carrossiers habiles et pas chers. Il ne me resta plus qu’à lui donner un bon coup de nettoyage et le tour était joué.
Je pris place à bord de mon carrosse et je mis la bête en marche. Elle vibra très fort jusqu’à ce que le moteur se mit en marche. Cela ne me surprenait pas. C’était un moteur diesel. Malgré les vibrations et les secousses, elle démarra du premier coup. On ne m’avait donc pas menti. Il faudra peut-être vérifier les amortisseurs me disais-je. Je commençais à rouler en direction de la maison mais avant cela un passage à la pompe à gasoil s’imposait si je voulais être sûr de rentrer avant qu’il ne fasse noir.
Une fois à l’arrêt, pendant qu’on me nettoyait les vitres et qu’on
Dans les ruelles marchandes des grandes villes du Maroc, on trouve souvent quelques marchands extraordinaires. Il existe ce que l’on appelle ici les zoutillas. Ce sont des boutiques pleines à craquer d’objets venus d’un autre temps. On y trouve pêle-mêle : de vieilles machines à coudre, de vieux moteurs, de vieux appareils électroménagers et tout un ensemble d’objets aussi hétéroclites les uns que les autres. J’étais sûr de trouver là des banquettes adaptables pour remplacer les miennes et si ce n’était pas le cas, un cordonnier habile pouvait bien me réparer cela en deux temps trois mouvements. Pour les bosses et la portière, là encore, il n’y avait pas de problèmes puisqu’il y avait suffisamment de carrossiers habiles et pas chers. Il ne me resta plus qu’à lui donner un bon coup de nettoyage et le tour était joué.
Je pris place à bord de mon carrosse et je mis la bête en marche. Elle vibra très fort jusqu’à ce que le moteur se mit en marche. Cela ne me surprenait pas. C’était un moteur diesel. Malgré les vibrations et les secousses, elle démarra du premier coup. On ne m’avait donc pas menti. Il faudra peut-être vérifier les amortisseurs me disais-je. Je commençais à rouler en direction de la maison mais avant cela un passage à la pompe à gasoil s’imposait si je voulais être sûr de rentrer avant qu’il ne fasse noir.
Une fois à l’arrêt, pendant qu’on me nettoyait les vitres et qu’on
remplissait mon réservoir, je voulus ajuster le siège, mais ce fut mission impossible. Il était grippé de chez grippé. Quelle idée avais-je eu là, c’était évident ! Que pouvait-on attendre d’une aussi vieille voiture ? En voulant baisser une vitre, la poignée me resta dans la main. Je mis cela sur le compte de ma maladresse et de la difficulté que j’avais à sentir mes forces. Tant pis s’était encore un morceau qui devrait se réparer facilement.Yalla, je pouvais continuer mon chemin. Je démarrai de nouveau très vite. Inch’Allah comme disent les marocains, j’allais être à la maison avant la nuit.
Arrivé près d’un village, un troupeau de moutons me fit ralentir mais les freins répondaient très mal à mes manœuvres, je dus faire appel au frein moteur et au frein à mains pour stopper le véhicule.
Mon voisin Mohammed, à juste titre, m’aurait dit que l’on n’achetait pas le poisson dans l’eau. C’est pourtant ce que je venais de faire. Trop excité à l’idée de conduire cette vielle bagnole, je m’étais précipité lors de mon achat en oubliant de vérifier ce moteur que l’on me garantissait tant et toute la mécanique qui allait avec.
En sortant du village, je dus franchir un chemin tortueux rempli de trous et de bosses. Tout à coup, un de mes pneus rendit l’âme. Je stoppai le véhicule, arrêtai le moteur, descendis d’un bon pour constater l’ampleur des dégâts. Je devais trouver le cric et la roue de secours. Je me dirigeai vers le coffre et malgré de nombreux essais infructueux, il fallut que je me rende à l’évidence que je n’avais pas la bonne clef. Je tentai toutes les combinaisons possibles : en enfonçant la clef à fond dans la serrure, en la mettant juste sur le bord, en tirant, en poussant, en vérifiant d’autres clefs, toujours avec la même procédure. Rien, de rien. Cette serrure ne voulait pas céder.
Arrivé près d’un village, un troupeau de moutons me fit ralentir mais les freins répondaient très mal à mes manœuvres, je dus faire appel au frein moteur et au frein à mains pour stopper le véhicule.
Mon voisin Mohammed, à juste titre, m’aurait dit que l’on n’achetait pas le poisson dans l’eau. C’est pourtant ce que je venais de faire. Trop excité à l’idée de conduire cette vielle bagnole, je m’étais précipité lors de mon achat en oubliant de vérifier ce moteur que l’on me garantissait tant et toute la mécanique qui allait avec.
En sortant du village, je dus franchir un chemin tortueux rempli de trous et de bosses. Tout à coup, un de mes pneus rendit l’âme. Je stoppai le véhicule, arrêtai le moteur, descendis d’un bon pour constater l’ampleur des dégâts. Je devais trouver le cric et la roue de secours. Je me dirigeai vers le coffre et malgré de nombreux essais infructueux, il fallut que je me rende à l’évidence que je n’avais pas la bonne clef. Je tentai toutes les combinaisons possibles : en enfonçant la clef à fond dans la serrure, en la mettant juste sur le bord, en tirant, en poussant, en vérifiant d’autres clefs, toujours avec la même procédure. Rien, de rien. Cette serrure ne voulait pas céder.
Après plus d’une demi-heure d’essais infructueux, je décidai d’attraper une pierre qui traînait sur le bord de la route et en donnant plusieurs coups secs sur la serrure, je parvins à la faire céder.
C’est avec un air désuet que je découvris ce que cachait le coffre de cette bagnole. Un vieux sac de voyage masquait un grand sac poubelle. Je ne venais pas de découvrir un trésor. Enfin, certains aurait pris cela pour un trésor mais pas moi. Le sac était rempli de haschich. Je ne pouvais pas garder cela avec moi. Il fallait le faire disparaître coûte que coûte et le plus vite possible serait le mieux. Personne n’était aux alentours. Je saisis le sac et je creusai rapidement un trou loin du bord de la route pour enfouir cette herbe maudite.
Je retournai à mon véhicule en veillant à ce que personne ne me vit cacher cette ordure. Il fallait voir ce qui se dissimulait dans le sac poubelle à présent. Mais une peur panique me prit et j’imaginais toutes les horreurs que pouvait contenir ce sac. J’approchai du coffre, je pris un mouchoir pour attraper un morceau du sac plastique. Je tirai d’un coup sec et je découvris avec stupeur un morceau de vêtement qui dépassait dans l’ouverture du sac . Mon sang bouillonna d’un coup d’un seul et mon cœur cogna bruyamment dans ma poitrine. Je sursautai tellement fort que mon corps recula d’un mètre. Je devais garder mon sang froid et me persuader qu’il n’y avait là que de vielles loques sales et bonnes à jeter. Je recommençai à explorer le contenu
de ce sac. Ouf, ce n’était là qu’un vieux pull. C’est extraordinaire comme on peut se faire des films parfois. Je continuai à vider le contenu du sac qui semblait ne contenir que de vieilles fouffes toutes usées.
C’est avec un air désuet que je découvris ce que cachait le coffre de cette bagnole. Un vieux sac de voyage masquait un grand sac poubelle. Je ne venais pas de découvrir un trésor. Enfin, certains aurait pris cela pour un trésor mais pas moi. Le sac était rempli de haschich. Je ne pouvais pas garder cela avec moi. Il fallait le faire disparaître coûte que coûte et le plus vite possible serait le mieux. Personne n’était aux alentours. Je saisis le sac et je creusai rapidement un trou loin du bord de la route pour enfouir cette herbe maudite.
Je retournai à mon véhicule en veillant à ce que personne ne me vit cacher cette ordure. Il fallait voir ce qui se dissimulait dans le sac poubelle à présent. Mais une peur panique me prit et j’imaginais toutes les horreurs que pouvait contenir ce sac. J’approchai du coffre, je pris un mouchoir pour attraper un morceau du sac plastique. Je tirai d’un coup sec et je découvris avec stupeur un morceau de vêtement qui dépassait dans l’ouverture du sac . Mon sang bouillonna d’un coup d’un seul et mon cœur cogna bruyamment dans ma poitrine. Je sursautai tellement fort que mon corps recula d’un mètre. Je devais garder mon sang froid et me persuader qu’il n’y avait là que de vielles loques sales et bonnes à jeter. Je recommençai à explorer le contenu
de ce sac. Ouf, ce n’était là qu’un vieux pull. C’est extraordinaire comme on peut se faire des films parfois. Je continuai à vider le contenu du sac qui semblait ne contenir que de vieilles fouffes toutes usées.
Quand soudain j’attrapai un morceau de métal qui me fit frémir. C’était une arme à feu.
Je commençai à paniquer sérieusement. Je fis les cent pas près de l’automobile. Je ne pouvais pas m’enfuir. Il fallait que je répare d’abord le pneu crevé, si je voulais partir très vite. Mais après mure réflexion, il fallait se débarrasser de cette maudite voiture. Elle dissimulait sans doute d’autres étrangetés que je ne préférais pas connaître. Et, je ne voulais ni savoir qui avait possédé cette voiture avant moi, ni ce que l’on avait pu faire avec. De toute façon, si cette voiture était une voiture volée, j’aurai bientôt la police marocaine sur le dos et je ne voulais pas passer pour un trafiquant de drogue ou d’armes à feu. Pour peu que je découvre un cadavre sous les banquettes, je n’étais plus étonné de rien.
Ma belle retraite se passerait en prison et je croupirais là-bas jusqu’à la fin de mes jours. Tant pis, il fallait désormais que je rentre à pied ou que j’attrape le premier taxi qui se présenterait à moi. Je ne pouvais ni jeter la voiture dans un ravin, ni lui mettre le feu. D’un côté comme d’un autre, je finirais par me faire remarquer. Je la laissai donc en plan, en me disant que je trouverais bien une histoire si on venait à remonter jusqu’à moi. Le prix que j’avais payé pour cette voiture ne valait rien à côté des ennuis qui risquaient de me tomber sur la tête.
Je marchai, marchai, et marchai encore sous un soleil de plomb. J’étais trempé de sueur. Il n’y avait pas âme qui vive. Je commençai à prendre peur à l’idée de mourir de soif sur le bord de la route sans personne pour venir me secourir.
Au loin, j’aperçus un véhicule qui s’approchait lentement.
Je commençai à paniquer sérieusement. Je fis les cent pas près de l’automobile. Je ne pouvais pas m’enfuir. Il fallait que je répare d’abord le pneu crevé, si je voulais partir très vite. Mais après mure réflexion, il fallait se débarrasser de cette maudite voiture. Elle dissimulait sans doute d’autres étrangetés que je ne préférais pas connaître. Et, je ne voulais ni savoir qui avait possédé cette voiture avant moi, ni ce que l’on avait pu faire avec. De toute façon, si cette voiture était une voiture volée, j’aurai bientôt la police marocaine sur le dos et je ne voulais pas passer pour un trafiquant de drogue ou d’armes à feu. Pour peu que je découvre un cadavre sous les banquettes, je n’étais plus étonné de rien.
Ma belle retraite se passerait en prison et je croupirais là-bas jusqu’à la fin de mes jours. Tant pis, il fallait désormais que je rentre à pied ou que j’attrape le premier taxi qui se présenterait à moi. Je ne pouvais ni jeter la voiture dans un ravin, ni lui mettre le feu. D’un côté comme d’un autre, je finirais par me faire remarquer. Je la laissai donc en plan, en me disant que je trouverais bien une histoire si on venait à remonter jusqu’à moi. Le prix que j’avais payé pour cette voiture ne valait rien à côté des ennuis qui risquaient de me tomber sur la tête.
Je marchai, marchai, et marchai encore sous un soleil de plomb. J’étais trempé de sueur. Il n’y avait pas âme qui vive. Je commençai à prendre peur à l’idée de mourir de soif sur le bord de la route sans personne pour venir me secourir.
Au loin, j’aperçus un véhicule qui s’approchait lentement.
Je crus d’abord à un mirage comme ces personnes qui se retrouvent dans le désert assoiffées et qui pensent avoir vu un point d’eau. Mais, c’était réel. Le véhicule s’approcha de plus en plus. Je fis de grands signes au conducteur. Il s’arrêta, ouvrit la vitre plus grande et me cria :
"Fine radi, ya sidi. Ajbrit"
Je comprenais le dialecte marocain sans jamais parvenir à le parler, je lui répondis donc en français.
- Je dois me rendre à Tiznit.
- Tiznit ! Ak"
Il me fit signe de monter à bord de son véhicule. Mais apparemment, il ne parlait pas ma langue. Je restai donc silencieux durant tout le trajet et au moins, je n’avais pas à justifier ma présence sur le bord de la route au milieu de nulle part.
Ce brave homme me déposa non loin de Tiznit. J’attrapai un taxi facilement et je rentrai chez moi avec un immense soulagement. Ma femme m’accueillit bien vite toute impatiente de découvrir ce que j’avais trouvé. Elle fut déçue. Je ne lui parlai absolument pas de ma mésaventure. Elle ne devait pas savoir. Sinon, elle n’en dormirait plus. Je lui racontai que je n’avais pas trouvé le vendeur et que l’on m’avait sans doute donné une fausse adresse. Je lui dis finalement qu’on allait passer par un concessionnaire et que l’on achèterait une voiture neuve. J’arrivai à la convaincre que ma folie des Cortina était passée et que j’y avais finalement renoncé. Elle ne me posa pas trop de questions et ce fut bien comme cela.
Je rêvais de prendre une douche le plus vite possible pour enlever toute cette crasse qui s’était accumulée sur moi et toute cette poussière. Je me rappelai tout à coup que j’avais encore l’arme à feu avec moi.
"Fine radi, ya sidi. Ajbrit"
Je comprenais le dialecte marocain sans jamais parvenir à le parler, je lui répondis donc en français.
- Je dois me rendre à Tiznit.
- Tiznit ! Ak"
Il me fit signe de monter à bord de son véhicule. Mais apparemment, il ne parlait pas ma langue. Je restai donc silencieux durant tout le trajet et au moins, je n’avais pas à justifier ma présence sur le bord de la route au milieu de nulle part.
Ce brave homme me déposa non loin de Tiznit. J’attrapai un taxi facilement et je rentrai chez moi avec un immense soulagement. Ma femme m’accueillit bien vite toute impatiente de découvrir ce que j’avais trouvé. Elle fut déçue. Je ne lui parlai absolument pas de ma mésaventure. Elle ne devait pas savoir. Sinon, elle n’en dormirait plus. Je lui racontai que je n’avais pas trouvé le vendeur et que l’on m’avait sans doute donné une fausse adresse. Je lui dis finalement qu’on allait passer par un concessionnaire et que l’on achèterait une voiture neuve. J’arrivai à la convaincre que ma folie des Cortina était passée et que j’y avais finalement renoncé. Elle ne me posa pas trop de questions et ce fut bien comme cela.
Je rêvais de prendre une douche le plus vite possible pour enlever toute cette crasse qui s’était accumulée sur moi et toute cette poussière. Je me rappelai tout à coup que j’avais encore l’arme à feu avec moi.
Derrière notre ferme, il y avait un puits sans fond. J’y jetai l’arme le soir même sans que personne ne me vît. Je fus soulagé d’en finir avec toute cette histoire. J’allais me coucher satisfait et je m’endormis d’un sommeil profond mais agité.
Le lendemain matin, ma femme vint me réveiller brusquement : "Jacques, Jacques, réveille-toi. Il y a deux policiers qui veulent t’interroger. Ils disent avoir retrouvé ta voiture. Je n’y comprends rien. Jacques, dépêche-toi. Viens voir ce qu’ils te veulent."
J’ouvris un œil, puis l’autre. Ma femme se tenait près du lit. Je vis son visage blême et ses mains tremblantes qui ne me présageaient rien de bon. Je grommelai que j’arrivais et qu’elle n’avait qu’à les faire patienter.
Je rassemblais bien vite mes esprits. J’avais presque oublié ma mésaventure de la veille et mes péripéties. Il fallait réfléchir et vite !J’eus l’idée de m’enfuir. Je pouvais passer par les toits, me faufiler dans les ruelles et quitter cet endroit, mais je ne savais où aller. Je ne pouvais pas rentrer en France, on me cueillerait à la douane marocaine. Par ailleurs, je n’avais personne chez qui aller, nous n’avions personne de notre famille sur le sol marocain. Non, ce n’était pas le bon plan. Il fallait que je les affronte d’homme à hommes. Je n’avais commis aucun délit. Après tout, c’était moi la victime ! Je tentais de me rassurer du mieux que je pus.
Je commençais par me rincer le visage pour me réveiller une bonne fois pour toute. Je n’avais pas le temps de me raser, ni de me brosser les dents. J’enfilai mes sous-vêtements et mis mon pantalon. Puis, je boutonnai ma chemise aussi vite que possible. Ma femme fit irruption de nouveau dans la chambre.
Le lendemain matin, ma femme vint me réveiller brusquement : "Jacques, Jacques, réveille-toi. Il y a deux policiers qui veulent t’interroger. Ils disent avoir retrouvé ta voiture. Je n’y comprends rien. Jacques, dépêche-toi. Viens voir ce qu’ils te veulent."
J’ouvris un œil, puis l’autre. Ma femme se tenait près du lit. Je vis son visage blême et ses mains tremblantes qui ne me présageaient rien de bon. Je grommelai que j’arrivais et qu’elle n’avait qu’à les faire patienter.
Je rassemblais bien vite mes esprits. J’avais presque oublié ma mésaventure de la veille et mes péripéties. Il fallait réfléchir et vite !J’eus l’idée de m’enfuir. Je pouvais passer par les toits, me faufiler dans les ruelles et quitter cet endroit, mais je ne savais où aller. Je ne pouvais pas rentrer en France, on me cueillerait à la douane marocaine. Par ailleurs, je n’avais personne chez qui aller, nous n’avions personne de notre famille sur le sol marocain. Non, ce n’était pas le bon plan. Il fallait que je les affronte d’homme à hommes. Je n’avais commis aucun délit. Après tout, c’était moi la victime ! Je tentais de me rassurer du mieux que je pus.
Je commençais par me rincer le visage pour me réveiller une bonne fois pour toute. Je n’avais pas le temps de me raser, ni de me brosser les dents. J’enfilai mes sous-vêtements et mis mon pantalon. Puis, je boutonnai ma chemise aussi vite que possible. Ma femme fit irruption de nouveau dans la chambre.
" Dépêche-toi, Jacques, ils s’impatientent ! Cria-t-elle.
- Me voilà ! Retourne avec eux, propose leur un thé ou autre chose. Lui rétorquai-je quelque peu énervé.
Elle alla les rejoindre. J’enfilai mes babouches et, après réflexion, je décidai de les enlever et de mettre mes chaussures au cas où ils décideraient de m’emmener au poste. Je cherchai en vain des chaussettes et je dus me résigner à mettre mes chaussures sans chaussettes ce qui n’était pas commode. Enfin, j’allai les rejoindre dans le salon. Arrivé dans la pièce, je me raclai la gorge pour signaler ma présence et de la manière la plus naturelle possible, je les saluai.
- Bonjour, Messieurs, que puis-je faire pour vous ? Leur lancai-je d’un air serein.
Ils étaient deux. Un petit chauve moustachu d’une cinquantaine d’année et un jeune homme assez grand, sans doute stagiaire ou en apprentissage.
- Bonjour, Monsieur Lambert. Nous avons trouvé votre voiture abandonnée sur le bord de la route. Tenez ! Me dit le chauve moustachu en me tendant un papier.
- Qu’est-ce que c’est ? Demandai-je.
Je pris le papier en reconnaissant l’acte d’achat que j’avais signé la veille.
- Nous avons retrouvé les documents que vous avez signés lors de votre achat récent. C’est bien votre écriture et votre signature Monsieur Lambert ? Ils sont restés dans le véhicule, les voleurs ne les ont pas vus. Ils nous ont permis de vous identifier. Comme nous devions passer dans ce secteur pour régler une affaire de mœurs, nous en avons profité pour vous remettre ce document et vous rassurer. Votre voiture est en sécurité. Elle est garée dans une ruelle
- Me voilà ! Retourne avec eux, propose leur un thé ou autre chose. Lui rétorquai-je quelque peu énervé.
Elle alla les rejoindre. J’enfilai mes babouches et, après réflexion, je décidai de les enlever et de mettre mes chaussures au cas où ils décideraient de m’emmener au poste. Je cherchai en vain des chaussettes et je dus me résigner à mettre mes chaussures sans chaussettes ce qui n’était pas commode. Enfin, j’allai les rejoindre dans le salon. Arrivé dans la pièce, je me raclai la gorge pour signaler ma présence et de la manière la plus naturelle possible, je les saluai.
- Bonjour, Messieurs, que puis-je faire pour vous ? Leur lancai-je d’un air serein.
Ils étaient deux. Un petit chauve moustachu d’une cinquantaine d’année et un jeune homme assez grand, sans doute stagiaire ou en apprentissage.
- Bonjour, Monsieur Lambert. Nous avons trouvé votre voiture abandonnée sur le bord de la route. Tenez ! Me dit le chauve moustachu en me tendant un papier.
- Qu’est-ce que c’est ? Demandai-je.
Je pris le papier en reconnaissant l’acte d’achat que j’avais signé la veille.
- Nous avons retrouvé les documents que vous avez signés lors de votre achat récent. C’est bien votre écriture et votre signature Monsieur Lambert ? Ils sont restés dans le véhicule, les voleurs ne les ont pas vus. Ils nous ont permis de vous identifier. Comme nous devions passer dans ce secteur pour régler une affaire de mœurs, nous en avons profité pour vous remettre ce document et vous rassurer. Votre voiture est en sécurité. Elle est garée dans une ruelle
près de chez vous. Nous l’avons faite remorquer jusqu’ici pour vous éviter tout souci. Vous n’avez pas eu le temps de porter plainte, je suppose ?
- Euh…n…non… Répondis-je hésitant. Euh…Oui, effectivement, vous comprenez, j’étais si fatigué en rentrant hier et j’avais tellement peur d’y passer sous ce soleil de plomb ! Vous comprenez… Je ne pensais pas qu’on retrouverait ma voiture aussi vite. Je la croyais définitivement perdue. Je vous remercie sincèrement pour ce geste. Repris-je en essayant de prendre un air le plus naturel possible.
- Nous n’avons fait que notre travail Monsieur. Répondirent-ils tous deux.
- Merci.
Je ne pouvais dire autre chose que merci, dans de telles situations on se trouve tellement penaud.
- Vous pouvez passer cet après-midi faire votre déposition, si vous le souhaitez et régler les formalités. S’exclama le moustachu.
- Euh,…demain plutôt si ça ne vous ennuie pas ?
- Pas de problème, monsieur, mais ne tardez pas. Reprit-il.
- Entendu, concluais-je.
Les deux hommes prirent congé. Il me fallait maintenant affronter ma femme et lui raconter une histoire vraisemblable. Je me sentis tout à coup vidé de mon énergie et en même temps heureux de ne pas avoir été obligé de les affronter au poste relégué au vulgaire rang de malfrat.
Je m’écroulai dans le canapé, entre les coussins et pris ma tête entre mes mains. Je soufflai un grand coup, soulagé. Cependant, le plus dur restait à faire. En effet, je ne pouvais pas dire la vérité à ma femme. Je devais trouver le moyen d’arrondir les angles.
- Euh…n…non… Répondis-je hésitant. Euh…Oui, effectivement, vous comprenez, j’étais si fatigué en rentrant hier et j’avais tellement peur d’y passer sous ce soleil de plomb ! Vous comprenez… Je ne pensais pas qu’on retrouverait ma voiture aussi vite. Je la croyais définitivement perdue. Je vous remercie sincèrement pour ce geste. Repris-je en essayant de prendre un air le plus naturel possible.
- Nous n’avons fait que notre travail Monsieur. Répondirent-ils tous deux.
- Merci.
Je ne pouvais dire autre chose que merci, dans de telles situations on se trouve tellement penaud.
- Vous pouvez passer cet après-midi faire votre déposition, si vous le souhaitez et régler les formalités. S’exclama le moustachu.
- Euh,…demain plutôt si ça ne vous ennuie pas ?
- Pas de problème, monsieur, mais ne tardez pas. Reprit-il.
- Entendu, concluais-je.
Les deux hommes prirent congé. Il me fallait maintenant affronter ma femme et lui raconter une histoire vraisemblable. Je me sentis tout à coup vidé de mon énergie et en même temps heureux de ne pas avoir été obligé de les affronter au poste relégué au vulgaire rang de malfrat.
Je m’écroulai dans le canapé, entre les coussins et pris ma tête entre mes mains. Je soufflai un grand coup, soulagé. Cependant, le plus dur restait à faire. En effet, je ne pouvais pas dire la vérité à ma femme. Je devais trouver le moyen d’arrondir les angles.
Ma femme revint après les avoir raccompagnés. Elle s’essaya non loin de moi et me fixa du regard. Je vis à ses sourcils froncés qu’elle était dans une colère noire.
- Jacques, qu’est-ce que c’est que toute cette histoire ? Pourquoi m’as-tu dis, hier, que tu n’avais pas trouvé le vendeur ? Pourquoi tous ces mensonges ? Je pense que tout cela mérite quelques explications, tu ne crois pas ? Admonesta-t-elle.
Une sueur me perla le long du dos, mes mains devinrent d’une moiteur désagréable mais je devais garder mon calme. Elle ne devait pas connaître la vérité. Je ne voulais pas l’inquiéter avec cela et je confirmai la thèse, qu’après mon achat, une fois à la pompe à gasoil et pendant que j’étais descendu un bref instant pour aller m’acheter une bouteille d’eau, des voleurs s’étaient emparés du véhicule. Je lui fis croire que je n’avais rien pu faire et que je dus faire du stop pour rentrer. Je lui affirmai que je souhaitais lui en parler mais que j’étais trop fatigué la veille au soir pour lui raconter toute cette histoire. Je fus très persuasif. Je lui répétai que tout cela était pour son bien, que je ne voulais pas l’inquiéter inutilement et que j’avais l’intuition qu’on retrouverait la voiture rapidement. Je ne lui parlai pas de l’arme à feu, ni de la drogue, ni des vieux vêtements que contenait le coffre, ni de mes angoisses. Elle me crut, fut rassurée et retourna à sa cuisine. La vie pouvait reprendre son cours normal.
- Jacques, qu’est-ce que c’est que toute cette histoire ? Pourquoi m’as-tu dis, hier, que tu n’avais pas trouvé le vendeur ? Pourquoi tous ces mensonges ? Je pense que tout cela mérite quelques explications, tu ne crois pas ? Admonesta-t-elle.
Une sueur me perla le long du dos, mes mains devinrent d’une moiteur désagréable mais je devais garder mon calme. Elle ne devait pas connaître la vérité. Je ne voulais pas l’inquiéter avec cela et je confirmai la thèse, qu’après mon achat, une fois à la pompe à gasoil et pendant que j’étais descendu un bref instant pour aller m’acheter une bouteille d’eau, des voleurs s’étaient emparés du véhicule. Je lui fis croire que je n’avais rien pu faire et que je dus faire du stop pour rentrer. Je lui affirmai que je souhaitais lui en parler mais que j’étais trop fatigué la veille au soir pour lui raconter toute cette histoire. Je fus très persuasif. Je lui répétai que tout cela était pour son bien, que je ne voulais pas l’inquiéter inutilement et que j’avais l’intuition qu’on retrouverait la voiture rapidement. Je ne lui parlai pas de l’arme à feu, ni de la drogue, ni des vieux vêtements que contenait le coffre, ni de mes angoisses. Elle me crut, fut rassurée et retourna à sa cuisine. La vie pouvait reprendre son cours normal.