Christian Epalle - Enfer de jouvence - texte intégral

In Libro Veritas

Enfer de jouvence

Par Christian Epalle

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Table des matières
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Évadé

    

    Puis le néant. Ou presque.

    Une réminiscence.

    Un remords. Une présence ?

    

    Soon ? C'est toi ?

    

    J'ai mal...

    Je ne sais plus... qui je suis.

    Je ne pense plus... qu'à toi.

    Je ne suis plus... sûr de rien.

    

    Ô Soon... Ton visage ovale surligné délicatement de rouge à lèvre, le goût de ta peau, le parfum de tes cheveux ténébreux, la rondeur de tes seins, la promesse de ta nudité. Tout en toi enflamme mes sens.

    

    C'est horrible, ça me brûle de partout...

    Je ne sais plus... où j'en suis.

    Je ne pense plus... à rien.

    Je ne suis plus... personne.

    

    —  Hé ! Le vieux ! Le repas est terminé, c'est l'heure de regagner sa cellule. Allez !

    Sursaut. C'est quoi ce putain de bruit ?

    Je ne sais plus... ce qu'il faut faire.

    Je ne pense plus... qu'à te revoir.

    Je ne suis plus... seulement ton client.

    

    —  Debout ! J'ai dit ! On se presse !

    Encore ce putain de bruit...

    Je ne sais plus... qui sont ces ectoplasmes blanchâtres qui me soulèvent.

    Je ne pense plus... à me défendre.

    Je ne suis plus... capable de bouger.

    

    Après le tonnerre, mon univers s'est assombri, écroulé, refroidi, apaisé.

    Mais j'ai mal, je souffre.

    Je ne sais plus... pourquoi.

    Je ne pense plus... à pleurer.

    Je ne suis plus... qu'un puits de douleur.

    

    Mais tu es là... Soon...

    Silhouette rebelle, vêtue de vapeurs torrides.

    Tu t'approches et te colles à mon ombre. Tu murmures ton désir et tes caresses m'emprisonnent.

    Ta bouche me visite et ton souffle m'embrase.

    Amante interdite, amie à perpétuité.

    Tu danses sur mon corps inerte, avec ferveur et assiduité. Tu chantes l'amour et ton âme irradie la beauté.

    Je ne sais plus... me défaire de toi.

    Je ne pense plus... qu'à te posséder.

    Je ne suis plus... qu'un jouet entre tes mains.

    Tu te cabres et aussitôt la pression de ta croupe me libère. Ton orgasme m'arrache un hurlement.

    

    J'ai mal. Très mal...

    Je ne sais plus... y résister.

    Je ne pense plus... qu'à partir.

    Je ne suis plus... rien.

    

    Un grincement :

    —  Que se passe–t–il ici ?

    —  C'est Monsieur Philippe !

    Deux claques et un autre bruit, plus grave :

    —  Il y a un problème ?

    —  Oui, je crois bien qu'il nous échappe. Va chercher le matos.

    

    Décharge. 100 joules.

    Je ne sais plus... si on me parle.

    Décharge. 200 joules.

    Je ne pense plus... qu'à toi.

    Décharge. 300 joules.

    Je ne suis plus...