13 fantômes
Un film de Steve Beck
Ce film est assez typique dans son genre de la tendance actuelle du cinéma fantastique venu d’outre atlantique. Revisitation d’une bonne série B de William Castle datant des années 60, 13 fantômes est produit par Dark Castle, société montée par Joël Silver (producteur de L'Arme Fatale) et Robert Zemekis (réalisateur de Retour vers le futur). C’est le jouet de deux adolescents attardés qui s’éclatent en train fantôme.
Premier opus, La maison de l'horreur de William Malone, était assez enthousiasmant. 13 fantômes lui ressemble beaucoup, mais passionne moins. Le gros problème du film est que, dès le départ, il n’y a que très peu de personnages et que, très vite, on repère ceux qui vont s’en sortir, ceux que les scénaristes n’oseront pas tuer, et les victimes potentielles, ici très rares. C’était déjà ce qui plombait Jurassic Park. Ajoutez à cela une interprétation pauvre et une absence quasi totale de rebondissement et vous aurez tout ce qui sépare les deux productions Silver Zemekis. Inutile ici de s’en prendre au réalisateur, il n’est qu’un exécutant, habile dans le cas de Malone, pataud dans celui de Steve Beck.
Que reste-t-il ? La direction artistique. D’une part les maquillages, superbes, des 12 fantômes (pour connaître le 13e, il faut voir le film), maquillages outranciers, qui font pas mal penser à certains des cénobites de la série Hellraiser. D’autre part, la maison. Dans un bon film de maison hantée, celle-ci doit dégager une vraie personnalité. Celle de 13 fantômes est fort originale car transparente. Chaque pièce a des murs, un plancher et un plafond de verre, plus ou moins dépoli, couvert d’inscriptions magiques. Très beau. Mais très inexploité. On peut rêver à ce qu’aurait fait John Carpenter avec un concept pareil, ouvert à tous les suspenses. Je parlais de tendance dans le fantastique actuel, c’est tout ça : de belles idées visuelles, une pauvreté d’inspiration au niveau du scénario, souvent inspiré de séries B d’antan, que l’on espère compenser par une débauche d’effets visuels, sonores et violents. Parfois c’est amusant et souvent, c’est pénible. 13 fantômes est légèrement amusant.
Chapitre suivant : Tire encore si tu peux