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Par Vincent Jourdan

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The party

    Un film de Blake Edwards

    Parler de The party de Blake Edwards, c’est parler de l’un des films les plus drôles du monde. Enfin, pour moi déjà et ce n’est pas rien. Toutes considérations personnelles mies à part, ce film qui date de 1968 est la quintessence de la collaboration tumultueuse mais si riche entre Blake Edwards et l’acteur Peter Sellers. Ce dernier, Lolita et Dr Folamour l’ont montré, est un génie du travestissement. Il campe ici un acteur indien (des Indes), complètement naif, avec une très jolie voiture à trois roues et qui est venu à Hollywood tourner un remake de Gunga Din. Ayant accumulé plusieurs catastrophes et détruit le décor, il est mis sur liste noire par le producteur du film.

    En bonne logique de comédie américaine classique, il va glisser de cette liste sur celle des invités à une soirée très classe (la party) donnée par ce même producteur. A partir de là va s’enclencher un mémorable enchaînement de gags qui grossira en un flux irrésistible jusqu’au final délirant et psychédélique, irruption de la jeunesse, de la vie et de l’esprit hippie, cet esprit contestataire de 1968, au cœur de ce qu’il y a de plus formaliste et guindé aux USA.

    Edwards déploie une mise en scène sophistiquée, contrôlant le lent mais sûr dérapage vers le chaos, mise ne scène toute au service de cet acteur d’exception qu’est Peter Sellers. Ses mimiques, son air embarrassé de gamin égaré dans un monde guindé qui la dépasse sont irrésistible. Il se confronte à tous les gadgets en vogue, révélant leur vacuité, voire leur nocivité. Sellers se déchaîne avec la fontaine d’intérieur, les WC, le système de hauts parleurs, comme avec le désormais célèbre perroquet (Birdie Num Num !).

    Venant d’un pays de tradition millénaire, un pays de spiritualité et de philosophie, il est révélateur, au sens chimique du terme, du vide de la civilisation américaine, mal masqué sous une technologie sophistiquée. Il fera exploser, comme le fort du début, cette moderne forteresse du producteur hollywoodien, lieu d’un pouvoir dérisoire, pour y faire enter des barbares sympathiques (avec leur éléphant !), avant de repartir, malgré tout, avec la fille au volant de son étrange voiture.

    Musique très swing de l’ami et collaborateur de toujours, Henri Mancini. The party est un vrai film culte, une vraie comédie et un vrai chef d’œuvre.

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