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Le Mariage de Loti

- Catégorie : Correspondances
- Par Pierre Loti
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- Date de publication sur In Libro Veritas : 31 août 2007 à 23h04
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Loti fut baptisé le 25 janvier 1872, à l'âge de vingt-deux ans et onze jours.
Lorsque la chose eut lieu, il était environ une heure de l'après-midi, à Londres et à Paris.
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237 pages
Le Mariage de Loti
XIII
Ce fut une des belles époques de Papeete que l'année 1872. Jamais on n'y vit tant de fêtes, de danses et d'amuramas.
Chaque soir, c'était comme un vertige. - Quand la nuit tombait les Tahitiennes se paraient de fleurs éclatantes ; les coups précipités du tambour les appelaient à la upa-upa, - toutes accouraient, les cheveux dénoués, le torse à peine couvert d'un tunique de mousseline, - et les danses, affolées et lascives, duraient souvent jusqu'au matin.
Pomaré se prêtait à ces saturnales du passé, que certain gouverneur essaya inutilement d'interdire : elles amusaient la petite princesse qui s'en allait de jour en jour, quoi qu'on fit pour enrayer son mal, et tous les expédients étaient bons pour la distraire.
C'était le plus souvent devant la terrasse du palais qu'avaient lieu ces fêtes, auxquelles se pressaient toutes les femmes de Papeete. - La reine et les princesses sortaient de leur demeure, et venaient au clair de la lune, en spectatrices nonchalantes, s'étendre sur des nattes.
Les Tahitiennes battaient des mains, et accompagnaient le tam-tam d'un chant en choeur, rapide et frénétique ; - chacune d'elles à son tour exécutait une figure ; le pas et la musique, lents au début, s'accéléraient bientôt jusqu'au délire, et, quand la danseuse épuisée s'arrêtait brusquement sur un grand coup de tambour, une autre s'élançait à sa place, qui la surpassait en impudeur et en frénésie.
Les filles des Pomotous formaient d'autres groupes plus sauvages, et rivalisaient avec celles de Tahiti. Coiffées d'extravagantes couronnes de datura, ébouriffées comme des folles, elles dansaient sur un rythme plus saccadé et plus bizarre, - mais d'une manière si charmante aussi, qu'entre les deux on ne savait ce que l'on préférait.
Rarahu aimait passionnément ces spectacles qui lui brûlaient le sang, mais elle ne dansait jamais.
Chaque soir, c'était comme un vertige. - Quand la nuit tombait les Tahitiennes se paraient de fleurs éclatantes ; les coups précipités du tambour les appelaient à la upa-upa, - toutes accouraient, les cheveux dénoués, le torse à peine couvert d'un tunique de mousseline, - et les danses, affolées et lascives, duraient souvent jusqu'au matin.
Pomaré se prêtait à ces saturnales du passé, que certain gouverneur essaya inutilement d'interdire : elles amusaient la petite princesse qui s'en allait de jour en jour, quoi qu'on fit pour enrayer son mal, et tous les expédients étaient bons pour la distraire.
C'était le plus souvent devant la terrasse du palais qu'avaient lieu ces fêtes, auxquelles se pressaient toutes les femmes de Papeete. - La reine et les princesses sortaient de leur demeure, et venaient au clair de la lune, en spectatrices nonchalantes, s'étendre sur des nattes.
Les Tahitiennes battaient des mains, et accompagnaient le tam-tam d'un chant en choeur, rapide et frénétique ; - chacune d'elles à son tour exécutait une figure ; le pas et la musique, lents au début, s'accéléraient bientôt jusqu'au délire, et, quand la danseuse épuisée s'arrêtait brusquement sur un grand coup de tambour, une autre s'élançait à sa place, qui la surpassait en impudeur et en frénésie.
Les filles des Pomotous formaient d'autres groupes plus sauvages, et rivalisaient avec celles de Tahiti. Coiffées d'extravagantes couronnes de datura, ébouriffées comme des folles, elles dansaient sur un rythme plus saccadé et plus bizarre, - mais d'une manière si charmante aussi, qu'entre les deux on ne savait ce que l'on préférait.
Rarahu aimait passionnément ces spectacles qui lui brûlaient le sang, mais elle ne dansait jamais.
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