Pascale Marlier - Entre bourreau et victimes , l'après du calvaire - texte intégral

In Libro Veritas

Entre bourreau et victimes , l'après du calvaire

Par Pascale Marlier

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De mon incertitude, de mon désir de comprendre, j'ai rencontré toutes sortes de gens, toutes sortes de victimes. S'il y a peu de temps encore je pensais toutes les victimes fortes, il est indéniable que j'en ai rencontré certaines qui, comme on dit dans le schéma classique que je réfutais, reproduisent ce qu'elles ont vécu, habiles manipulatrices aussi, refusant de guérir et fermant la porte à tout dialogue dès que vous soupçonnez ou décelez certains comportements. Et le fort de ces personnes-là c'est de vous traiter, vous,  de ce qu'elles sont. Enfermées dans leurs rancoeurs, aucune évolution n'est envisageable et ça me mine ! Je me dis que ces victimes-là font gagner une seconde fois le bourreau. C'est pourquoi je me bats... Pour que mes enfants passent ce cap ; et selon tous, y compris le professeur Hayez et son équipe qui les suivaient, unanimes à ce sujet, ils sont reconstruits, forts et sains. Ceci ne veut pas dire qu'ils sont guéris car les blessures incommensurables qu'ils ont subies enfants sont indélébiles.
Seulement, ils vivent, sans rancoeur à l'égard des étrangers à cette souffrance. L'aîné a moins dépassé tout ceci car il m'a été "enlevé" quelques années par les circonstances de la vie. Il revit avec moi et me découvre sans l'emprise du bourreau. Le plus petit, lui, a cette soif insatiable d'activités, comme je le narre dans mon premier livre.
Mais notre famille monoparentale,  entourée d'amis, de copains... fonctionne très bien, soudée et heureuse malgré nos cicatrices.
Ils ont réussi cette année encore avec succès.
Florence part un an en Amérique, ouverte aux autres cultures.
Malgré de maigres moyens, je fais tout pour leur offrir ce dont ils rêvent. Dans la mesure du possible bien évidemment.
Un ami m'a dit un jour, et il m'a fait le plus beau cadeau jamais reçu : tu es la vie...
Pour quelqu'un qui se disait ou se voulait morte, ce fut un choc, salutaire, la vie plus forte que la haine, la colère, la détresse et la peur...

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