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Jean-Jacques Rousseau

- Catégorie : Biographies / Témoignages
- Par Jules Lemaître
-
- Date de publication sur In Libro Veritas : 19 juillet 2007 à 0h33
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287 pages
Jean-Jacques Rousseau
HUITIÈME CONFÉRENCE - le «contrat social» - la «profession de foi du vicaire savoyard»
A mon avis, le Contrat social est, avec le premier Discours, le plus médiocre des livres de Rousseau. Il en est, sous une forme sentencieuse, le plus obscur et le plus chaotique. Et il en a été, dans la suite, le plus funeste.
C'est aussi l'ouvrage qui s'insère le moins facilement dans sa biographie, celui dont on voit le mieux qu'il aurait pu ne pas l'écrire. Le Contrat social ne s'explique pas, comme les deux Discours, comme la Julie, comme l'Émile, comme les quelques autres ouvrages qui suivront, par quelque circonstance impérieuse ou persuasive de la vie de Jean-Jacques.
Le texte définitif du Contrat social a dû être rédigé immédiatement avant ou après l'Émile. Mais le Contrat est un fragment d'un grand ouvrage antérieur : les Institutions politiques, commencées par Rousseau à Venise (1744). Le Contrat est donc le seul ouvrage de Rousseau (avec les Rêveries) qui n'ait pas été conçu et écrit sous le coup de la passion.
Je crois simplement que Rousseau à Montmorency reprit et revit, vers 1760-1761, ses vieux cahiers de Venise, parce qu'il était très touché de la gloire de Montesquieu (qu'il raille sans le nommer au livre II du Contrat). Puis, il était encore dans sa période d'adoration pour Genève. Ce qu'il édifie dans le Contrat social, c'est le gouvernement de Genève idéalisé.
Idéalisé ? Comment ?—Genève était un gouvernement démocratique, mais atténué.—En dehors des «habitants», c'est-à-dire les étrangers domiciliés dans la république, et des «natifs», ou fils d'«habitants» (deux classes qui comptaient peu) il y avait les «citoyens», fils de bourgeois et nés dans la ville, et les «bourgeois», fils de bourgeois ou de citoyens, mais nés à l'étranger, ou étrangers ayant acquis le droit de bourgeoisie.
C'est aussi l'ouvrage qui s'insère le moins facilement dans sa biographie, celui dont on voit le mieux qu'il aurait pu ne pas l'écrire. Le Contrat social ne s'explique pas, comme les deux Discours, comme la Julie, comme l'Émile, comme les quelques autres ouvrages qui suivront, par quelque circonstance impérieuse ou persuasive de la vie de Jean-Jacques.
Le texte définitif du Contrat social a dû être rédigé immédiatement avant ou après l'Émile. Mais le Contrat est un fragment d'un grand ouvrage antérieur : les Institutions politiques, commencées par Rousseau à Venise (1744). Le Contrat est donc le seul ouvrage de Rousseau (avec les Rêveries) qui n'ait pas été conçu et écrit sous le coup de la passion.
Je crois simplement que Rousseau à Montmorency reprit et revit, vers 1760-1761, ses vieux cahiers de Venise, parce qu'il était très touché de la gloire de Montesquieu (qu'il raille sans le nommer au livre II du Contrat). Puis, il était encore dans sa période d'adoration pour Genève. Ce qu'il édifie dans le Contrat social, c'est le gouvernement de Genève idéalisé.
Idéalisé ? Comment ?—Genève était un gouvernement démocratique, mais atténué.—En dehors des «habitants», c'est-à-dire les étrangers domiciliés dans la république, et des «natifs», ou fils d'«habitants» (deux classes qui comptaient peu) il y avait les «citoyens», fils de bourgeois et nés dans la ville, et les «bourgeois», fils de bourgeois ou de citoyens, mais nés à l'étranger, ou étrangers ayant acquis le droit de bourgeoisie.
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