Navigation : InLibroVeritas.net > Romans / Nouvelles > Gil Blas de Santillane > Page 862
Gil Blas de Santillane

- Catégorie : Romans / Nouvelles
- Par Alain René Lesage
-
- Date de publication sur In Libro Veritas : 7 février 2006 à 22h01
- Dernière modification : 5 février 2006 à 23h59
- Blas de Santillane, mon père, après avoir longtemps porté les armes pour le service de la monarchie espagnole, se retira dans la ville où il avait pris naissance. Il y épousa une petite bourgeoise qui n'était plus de sa première jeunesse, et je vins au monde dix mois après leur mariage.
Pas de note
|
65 aiment
45 n'aiment pas |
9841 lectures |
1102 pages
Gil Blas de Santillane
CHAPITRE IV - Il part pour Valence et va voir les seigneurs de Leyva ; de l'entretien qu'il eut avec eux, et du bon accueil que lui fit Séraphine.
Les conviés, après le dîner, se retirèrent chez eux pour faire la sieste ; don César et son fils, pressés de la même envie, s'enfermèrent dans leurs appartements.
Pour moi, plein d'impatience de voir une ville dont j'avais souvent entendu vanter la beauté, je sortis du palais du gouverneur dans le dessein de me promener dans les rues. Je rencontrai à la porte un homme qui vint m'aborder en me disant : Le seigneur de Santillane veut bien me permettre de le saluer ? Je lui demandai qui il était. Je suis, me répondit-il, valet de chambre de don César ; j'étais un de ses laquais dans le temps que vous étiez son intendant ; je vous faisais tous les matins ma cour, et vous aviez bien des bontés pour moi. Je vous informais de ce qui se passait au logis. Vous souvient-il qu'un jour je vous appris que le chirurgien du village de Leyva s'introduisait secrètement dans la chambre de la dame Lorença Séphora ? C'est ce que je n'ai point oublié, lui répliquai-je. Mais à propos de cette duègne, qu'est-eile devenue ? Hélas ! repartit-il, la pauvre créature, après votre départ, tomba en langueur et mourut plus regrettée de Séraphine que de don Alphonse, qui parut peu touché de sa mort.
Le valet de chambre de don César m'ayant instruit ainsi de la triste fin de Séphora, me fit des excuses de m'avoir arrêté, et me laissa continuer mon chemin. Je ne pus m'empêcher de soupirer en me rappelant cette duègne infortunée ; et, m'attendrissant sur son sort, je m'imputai son malheur, sans songer que c'était plutôt à son cancer qu'à mon mérite qu'il fallait l'attribuer.
Pour moi, plein d'impatience de voir une ville dont j'avais souvent entendu vanter la beauté, je sortis du palais du gouverneur dans le dessein de me promener dans les rues. Je rencontrai à la porte un homme qui vint m'aborder en me disant : Le seigneur de Santillane veut bien me permettre de le saluer ? Je lui demandai qui il était. Je suis, me répondit-il, valet de chambre de don César ; j'étais un de ses laquais dans le temps que vous étiez son intendant ; je vous faisais tous les matins ma cour, et vous aviez bien des bontés pour moi. Je vous informais de ce qui se passait au logis. Vous souvient-il qu'un jour je vous appris que le chirurgien du village de Leyva s'introduisait secrètement dans la chambre de la dame Lorença Séphora ? C'est ce que je n'ai point oublié, lui répliquai-je. Mais à propos de cette duègne, qu'est-eile devenue ? Hélas ! repartit-il, la pauvre créature, après votre départ, tomba en langueur et mourut plus regrettée de Séraphine que de don Alphonse, qui parut peu touché de sa mort.
Le valet de chambre de don César m'ayant instruit ainsi de la triste fin de Séphora, me fit des excuses de m'avoir arrêté, et me laissa continuer mon chemin. Je ne pus m'empêcher de soupirer en me rappelant cette duègne infortunée ; et, m'attendrissant sur son sort, je m'imputai son malheur, sans songer que c'était plutôt à son cancer qu'à mon mérite qu'il fallait l'attribuer.
Que pensez-vous de cette oeuvre : J'aime Je n'aime pas
Options concernant cette oeuvre
- Signaler une faute à l'auteur, page 862.
- Poster un commentaire à propos de cette oeuvre
- Alerter un modérateur
- Ajouter cette oeuvre à votre livre à la carte
- Télécharger la version pdf de cette oeuvre (gratuit)
- Placer un marque page pour reprendre la lecture plus tard
- Ajouter à vos oeuvres favorites
- Envoyer cette oeuvre à un ami
Licence de cette oeuvre

L'oeuvre ci-dessus est mise à disposition sous licence Art Libre (LAL 1.3).
- Votre livre papier
- ILV vous permet d'acheter un livre papier comportant les oeuvres de votre choix.
- Edition classique
- Le Mur d'ILV
-
- Infos sur la rénovation...
- Site proposé par l'auteur de Mysterium conjonctivite. Infos sur la rénovation thermique des logements anciens : infos...
- Connectez-vous à ILV
-
- Tous nos réseaux sociaux :
- Newsletter
- Recherche
- Lecture libre...
-
- Le meilleur d'ILV
- Romans / Nouvelles
- Humour
- Actualité
- Poésie
- Informatique
- Théâtre
- Essais / Critiques
- Tribune libre
- Biographies / Témoignages
- Documents
- Contes
- Jeunesse
- Vie pratique
- Économie/Finances
- Sciences humaines
- Sciences / techniques
- Correspondances
- Scénarios
- Chroniques
- Thèses
- Esotérisme / Spiritualité
- Citations
- Philosophie
- Textes fondamentaux
- Lyrics - Chansons
- Plus de lecture...
- Agenda littéraire
-
L M M J V S D 1 2 3 4 5 6 7 8 9 10 11 12 13 14 15 16 17 18 19 20 21 22 23 24 25 26 27 28 29 30 31 - << | Juillet 2009 | >>
- À découvrir
-
Etienne Eschenbrenner
Fœtus
Barthélemy n'a guère eu de chance depuis sa venue au...
Confidentialité | Conditions générales de vente | Questions fréquentes | Partenariats | Nous contacter
© 2004-2008 Reverbere.net, Tous droits réservés. In Libro Veritas est une marque déposée.
Crédits complets | Webdesign : AG Creations |
In Libro Veritas est soutenu par Gandi. | Cherise | Alaplume














